herald scotlandHerald Scotland - 15 novembre 2016 - L'Assemblée Générale des Nations Unies débattra d'un rapport sur les droits de l'homme en Iran, ce mois-ci. Le rapporteur spécial des Nations unies sur l'Iran, l'auteur du rapport, s'est vu refuser l'accès au pays, mais se basant sur des centaines d'entretiens et d'analyses prudentes, il a décrit la situation en Iran comme étant sinistre. Ila noté l'augmentation dramatique des exécutions, beaucoup d'entre elles en public, sous la gouvernance prétendument "modérée" du président Hassan Rohani. Quelques 3 000 exécutions ont eu lieu au cours de ses trois années de fonction.

Bien que le rapport des droits de l'homme sur l'Iran mette à nu l'horrible record d'arrestations arbitraires, de torture et d'exécutions systématiques imposées par le régime théocratique, de nombreux Etats membres de l'ONU réclament une enquête complète et indépendante sur l'exécution sommaire de plus de 30 000 prisonniers politiques en Iran au cours de l'été 1988 dans une atrocité qui doit classer comme l'un des crimes contre l'humanité les plus terrifiants de la fin du 20ème siècle. La grande majorité des victimes étaient des activistes de l'opposition des Moudjahidines du Peuple d'Iran (OMPI). Les exécutions en masse, dans les prisons à travers l'Iran, ont été réalisées sur la base d'une fatwa émise par le Guide suprême du régime, le psychotique et meurtrier ayatollah, Ruhollah Khomeini.

Un "comité de la mort" a approuvé toutes les condamnations. Mostafa Pour-Mohammadi, leader de ce "comité", est le ministre actuel de la justice du président Rohani. D'autres membres du "comité" occupent des positions importantes dans le régime iranien. Lorsque Khomenei fut interrogé sur ceux qui avaient déjà purgé leur peine et avaient été libérés de prison, ou ceux qui avaient été condamnés à des peines d'emprisonnement, il ordonna qu'ils fussent tous mis à mort. Il a décrété qu'il ne devrait y avoir aucune pitié pour personne, y compris les adolescents. Il a même dit que les femmes enceintes ne devraient pas être épargnées ou avoir la chance d'accoucher de leurs bébés.

Des tribunaux irréguliers ont été mis en place à Téhéran et dans les villes d'Iran et les prisonniers politiques de l'OMPI ont été transportés devant un juge de la charia qui a demandé à savoir s'ils soutenaient les Moudjahidines. Ceux qui ont répondu affirmativement ont été condamnés à une exécution immédiate. Ces procès simulés ont duré en moyenne deux minutes. On estime que 30 000 prisonniers politiques ont été pendus à des grues par lots de 10 toutes les 15 minutes, de l'aube au crépuscule, entre août et décembre de cette même année.

La vérité au sujet de cet horrible génocide a été révélée le 9 août dernier lorsque le fils du grand ayatollah Hossein-Ali Montazeri, ancien adjoint du Guide suprême de la République islamique et nommé successeur de l'ayatollah Khomeini, a publié une cassette audio inconnue dans laquelle Montazeri a reconnu que le massacre avait eu lieu et avait été ordonné aux plus hauts niveaux.
Montazeri peut être entendu en train de dire à une réunion du «comité» que ce dernier est responsable d'un crime contre l'humanité. Il dit : "Le plus grand crime commis pendant le règne de la République islamique, pour lequel l'histoire nous condamnera, a été commis par vous. Vos noms seront dans l'avenir gravés dans les annales de l'histoire comme des criminels. En raison de ses protestations directes, le Grand Ayatollah a été rejeté comme l'héritier du Guide suprême par Khomeiny et placé en résidence surveillée jusqu'à sa mort en 2009. En attendant, le fils de Montazeri a été accusé d'avoir déconsidéré la République islamique et pourrait être condamné à la peine de mort.

Le monde ne peut pas permettre que ce crime épouvantable reste impuni quand on sait que les meurtriers sont non seulement en vie, mais aussi en position de pouvoir. Le ministre de la justice a admis sa culpabilité, se vantant publiquement qu'il était "fier d'avoir accompli la volonté de Dieu en ordonnant les exécutions" et demandant même à ce que les autres partisans de l'OMPI soient exécutés. Le Président Rohani, était adjoint du commandant en chef des forces armées du régime à l'époque. Il est conscient de l'extermination des prisonniers politiques et doit également être tenu pour responsable.

Si l'ONU souhaite conserver juste un peu de légitimité, elle doit lancer une enquête complète et indépendante sur ce crime épouvantable et insister sur l'arrestation et le procès pour crimes contre l'humanité de Khamenei, Rohani et les autres meurtriers dont les mains tâchées de sang continuent à faire trembler l'occident.

Struan Stevenson, ancien député conservateur représentant l'Écosse, est président de l'Association européenne pour la liberté irakienne.

 

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