conférence paris 28.11CSDHI - Une Exposition-conférence s’est tenue mardi 28 novembre à la mairie du 5e arrondissement de Paris sur le thème du « massacre de milliers de prisonniers politique en Iran en 1988 – Droit à la vérité pour les familles des victimes ».

conférence paris 2A l’invitation de Mme la maire Florence Berthout, cet événement a été organisé conjointement par le Comité de Soutien aux Droits de l’Homme en Iran (CSDHI) et le Comité des maires de France pour un Iran Démocratique, en présence de personnalités politiques, de juristes et de nombreux élus qui ont réclamé une réaction appropriée des Nations Unies, des Etats et des juridictions compétentes, vis-à-vis de ce « crime contre l’Humanité », longtemps laissé dans l’oubli, mais remonté en surface en Iran et sur le plan international.

 

De nombreux orateurs dont l’ancien Premier ministre algérien, Sid Ahmed Ghozali, l’ancien ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, l’ancienne secrétaire d’Etat chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme, Rama Yade, Ingrid Betancourt, l’avocat William Bourdon, le juriste-expert Tahar Boumedra, ancien haut fonctionnaire de l’ONU, sont intervenus pour demander la constitution d’une commission d’enquête internationale sur les exécutions extrajudiciaires de 30.000 prisonniers politiques, perpétrés en été 1988 et les mois suivant, suite à un fatwa de l’ayatollah Khomeiny, fondateur de la théocratie au pouvoir en Iran.

 

La Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), Mme Maryam Radjavi a adressée à la conférence un message vidéo, déclarant notamment que « la complaisance de la communauté internationale et l’impunité des dirigeants du régime iranien pendant près de 40 ans ont encouragé les criminels. Les mollahs qui ont commis le massacre de 1988, continuent de battre le record des exécutions dans le monde. »

 

Des mères de victimes, toujours à la recherche des dépouilles de leurs enfants, ainsi que des représentants de la jeune génération iranienne interpellant les autorités du pays sur la responsabilité du massacre, ont également apporté leur témoignage.

 

Bernard Kouchner a rappelé que Khomeiny a décidé au nom de Dieu, de prononcer la mort de 30 000 prisonniers sur des mois. Un summum de barbarie, a-t-il dit. Il a déploré qu’un homme qui faisait partie de la commission de la mort soit aujourd’hui ministre de la justice de Rohani. Pour l’ancien ministre c’est aujourd’hui le moment d’exiger à tous les niveaux une enquête sur ce massacre.

 

Ingrid Betancourt a pour sa part remarquée que les dividendes économiques de l’accord sur le nucléaire ont profité aux Gardiens de la révolution vers qui ont convergé les sommes d’argents. Les Pasdaran, a-t-elle fait remarquer, en ont profité pour multiplier les exactions dans la région. Pour Ingrid Betancourt avoir séparé l’affaire du nucléaire, des questions relatives aux droits de l’homme était un piège. Les Pasdarans interviennent en Syrie, en Irak et financent les terroristes comme le Hezbollah. La politique qui se voulait d’apaisement a donné un blanc-seing à l’Iran pour agresser ses voisins et exploiter le peuple iranien. Elle a critiqué vivement la position de Federica Mogherini (Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères) qui tente d’expliquer l’inexplicable en défendant le rapprochement avec l’Iran des mollahs. L’Europe s’est trompée et n’a pas le droit de se trahir en fermant les yeux sur les souffrances du peuple iranien.


Rama Yade a réclamé une enquête indépendante internationale sur le massacre de 1988, rappelant que la justice iranienne, dont le ministre de la justice est directement impliqué dans ce massacre est incompétente, pour enquêter sur ce crime. Elle aussi s’en est pris à l’accord sur le nucléaire passé avec l’Iran en expliquant qu’il s’agit d’un chèque en blanc, tant que la répression en Iran, les guerres et le terrorisme menés par ce régime se poursuivent. Elle a souligné que si le régime iranien refuse de mettre fin à son programme balistique ou à retirer ses milices de la Syrie, il faudra revenir aux sanctions.

 

Maître William Bourdon a souligné que le massacre de 1988 en Iran est le plus grand massacre de prisonniers politiques depuis la seconde guerre mondiale. « Il faut mettre fin à cette impunité des auteurs du massacre, a-t-il affirmé. Ces 30 dernières années ont été marqué en Iran par des crimes de masse. La criminalisation des bourreaux de Téhéran est essentiel car il se sont aujourd’hui liés aux bourreaux de Damas et c’est une confrérie ignoble de criminels. »

 

Le co-président du Comité des maires de France pour un Iran Démocratique, Jean François Legaret (maire du 1er arrondissement de Paris) a présenté notamment la déclaration de soutien de quelques milliers de maires et d’élus aux objectifs de cette conférence, qui ont signé un texte à l’issue du récent Congrès des maires à Paris.

 

De nombreux documents, photos, présentations vidéo, objets faits à la main par les prisonniers martyrs, ainsi que des œuvres d’art ont illustré l’exposition en marge de cette conférence à laquelle est venu assister un public très divers.



Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, évoque ce crime dans son rapport de novembre 2017 et des nombreuses plaintes des familles des victimes envoyées à l’ONU. La Rapporteuse spéciale du Conseil des Droits de l’Homme, Asma Jahangir, a précisé dans un récent rapport présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies le 25 octobre dernier que les familles des victimes ont droit à une réparation et à connaître la vérité sans être mises en danger

 

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