Prisoners Rajaei ShahrCSDHI - Quarante jours après que plus de 15 prisonniers politiques aient entamé une grève massive de la faim dans la prison iranienne Rajai Shahr en Iran, les autorités empêchent certains des grévistes qui sont dans un état de santé grave, de recevoir un traitement médical externe et punissent les manifestants en restreignant les visites familiales.

Les grévistes de la faim malades, Saeed Masouri, Reza Shahabi, Abolghasem Fouladvand, Shahin Zoghitabar, Mohammad Nazari et Mohammad Banazadeh Amirkhizi sont interdits de recevoir des soins médicaux externes, a informé un parent de l'un des manifestants au Centre pour les droits de l'homme en Iran (CHRI) le 7 septembre 2017.

« Les prisonniers qui sont en grève de la faim sont punis au moyen d’une interdiction de recevoir des visites personnelles tandis que les autres détenus reçoivent des visites plus fréquentes », a déclaré la source au CHRI, qui a demandé à conserver l'anonymat. « Ils essaient de créer des tensions entre les prisonniers ».

Plus de 15 prisonniers politiques ont commencé à refuser leurs repas le 30 juillet 2017, après qu’au moins 50 prisonniers aient été transférés illégalement, sans préavis, de la section 12 à la section de haute sécurité n° 10 de la prison de Rajai Shahr, située à l'ouest de Téhéran.

En plus de leur protestation due à la présence de dispositifs de surveillance visuelle et audio supplémentaires dans le nouveau quartier, les prisonniers ont exigé leurs effets personnels.

« Refuser de transférer les grévistes de la faim dans un hôpital n'est pas le seul problème », a déclaré la source informée au CHRI. « Le personnel de la clinique de la prison a dit également qu'ils ne peuvent pas faire des examens quotidiens parce que les autorités pénitentiaires ne reconnaissent pas l’existence de la grève de la faim. C'est une situation très dangereuse ».

Le 23 août, le procureur de Téhéran, Abbas Jafari Dowlatabadi, a décrit les grèves de la faim comme des « menaces » auxquelles le système judiciaire ne se « soumettrait pas ».

Certains des grévistes de la faim cherchent également une révision de leurs peines d'emprisonnement.

Le célèbre syndicaliste, Reza Shahabi, a terminé sa peine et exige sa libération sans condition tandis que le militant politique kurde Mohammad Nazari cherche à faire réviser sa condamnation à perpétuité. Nazari a jusqu'à présent passé plus de 23 ans derrière les barreaux pour son engagement dans un activisme politique pacifique.

Les anciens prisonniers politiques parlent :

Vingt anciens prisonniers politiques qui ont purgé leurs peines dans la prison de Rajai Shahr ont entre-temps rédigé une lettre commune demandant aux autorités judiciaires de respecter les demandes des manifestants, tout en demandant aux manifestants de protéger leur santé.

« Ce que les prisonniers exigent, ce n’est rien d'autre que ce qui se trouve dans les règlements de la prison et les ignorer est une violation de la loi », a déclaré la lettre, dont une copie a été envoyée au CHRI, le 6 septembre.

« Ce qui est le plus inquiétant, c'est que depuis le début de la manifestation, les autorités judiciaires, y compris les responsables de la prison, n'ont fait aucun effort pour prendre en compte les revendications légitimes des prisonniers et ignorent leur situation avec leur silence et leur indifférence ».

La lettre continue : « Nous demandons aux autorités judiciaires, y compris au nouveau ministre de la justice [Alireza Avaee], de se pencher sur les demandes des prisonniers et sur les facteurs qui ont mené à leur grève de la faim afin de pouvoir repartir dans leur ancien quartier ».

« En même temps, nous demandons sincèrement aux manifestants emprisonnés de ne pas mettre leur santé en danger plus qu'ils ne l'ont déjà fait et d’apaiser leurs amis et leurs familles en arrêtant leur grève de la faim », a ajouté la lettre.

La lettre a été signée par d'anciens prisonniers politiques : Sarang Ettehadi, Bahman Ahmadi Amouee, Farhad Eghbali, Mahmoud Badavam, Masoud Bastani, Majid Tavakoli, Kamran Rahimian, Keyvan Rahimian, Didar Raoufi, Ahmad Zeidabadi, Riazollah Sobhani, Issa Saharkhiz, Davoud Soleimani, Aziz Samandari, Farhad Sedghi, Keyvan Samimi, Mehdi Mahmoudian, Saeed Madani, Shahin Negari et Mostafa Nili.

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