suicideCSDHI - L'incidence du suicide se transforme en une catastrophe nationale et une véritable crise en Iran. Comme le soulignent les rapports des médias et les commentaires des représentants de l'État, le taux a récemment augmenté, en particulier chez les femmes et les jeunes.

En fait, certains fonctionnaires de l'État la qualifient d’épidémie.

 

Le peuple iranien est confronté à la pauvreté, l'oppression, la discrimination et l'inégalité, faisant passer le taux de tentatives de suicide chez les femmes à 66 % au cours des cinq dernières années et à 71 % chez les hommes au cours de la même période. Ces chiffres montrent que le nombre de suicides chez les femmes a également augmenté au cours de la dernière décennie.

 

L'agence de presse officielle ILNA, le 27 octobre 2017, a rapporté qu'un expert du régime, Amir-Mahmoud Harirchi, estime que les jeunes et les femmes considèrent la tentative de suicide comme un moyen de protester contre la situation actuelle. Harirchi a également reconnu qu'il existe de nombreuses contradictions dans la société, ce qui conduit à une crise d'identité sociale. Il a souligné les restrictions que le régime applique aux femmes, en disant : « Malheureusement, nos femmes et nos filles ne sont pas autorisées à entrer dans les stades ou à faire du vélo. Nous créons constamment plus de restrictions pour elles. Ceci en dépit du fait que les femmes sont aujourd'hui conscientes de leurs droits et savent qu'elles devraient avoir les mêmes droits que les hommes. Pourquoi n'autorisons-nous pas les familles à entrer dans les stades ? », a poursuivi Harirchi, « malheureusement, nous avons créé des conditions qui ont rendu les filles plus vulnérables. Les règles, les règlements et les normes sociales ont tous blessé les jeunes. Le bonheur n'est pas reconnu dans notre société, ce qui est encore plus vrai en ce qui concerne les filles. Malheureusement, nous assimilons le bonheur à la promiscuité. Il a ajouté : « Le suicide devient féminin ».

 

L'agence de presse officielle Ana a rapporté le 27 octobre 2017 qu'un autre expert de l'Etat, Nemat Ahmadi, a qualifié la cause de l'augmentation des suicides chez les jeunes et les étudiants. « Le système administratif inefficace, perte d’espoir dans l’avenir, une disproportion entre revenus et les dépenses, la dépression, et le chômage sont les principales raisons pour lesquelles les étudiants tentent de se suicider ».

 

Mousavi Chalak, directrice du Bureau de la gestion de la performance de l'Organisation de protection sociale, fait ressortir que les conditions sociales critiques sont les raisons qui expliquent que les gens se suicident. Il a dit, « les caractéristiques de notre société à cet égard ne sont pas prometteuses. Notre pays souffre d'un faible niveau de satisfaction sociale, de vivacité et de confiance. La tristesse et le grand nombre de troubles mentaux dans une société montrent qu'il y a un manque de vivacité sociale. Dans de telles conditions, il n'est pas surprenant que nous subissions des dommages sociaux, et le suicide en fait partie.

 

La pauvreté généralisée de l'Iran, l'écart important entre les riches et les pauvres, le manque d'interaction sociale et de confiance, et un degré élevé de dépression augmentent la probabilité de suicide parmi ses habitants. L'augmentation du taux de suicide est devenue une crise humanitaire dans tout le pays, au point que les responsables du régime l'appellent « le tsunami du suicide ».

 

Le 25 juillet 2017, l'agence de presse Mehr a imputé des facteurs tels que la pauvreté et le chômage à l'augmentation du taux de suicide, écrivant « sans aucun doute les problèmes économiques de notre société aujourd'hui ont largement affecté le comportement social des gens ».

 

Beaucoup croient qu'il existe une politique de censure, et les vrais chiffres concernant l'augmentation du taux de suicide n'ont pas été publiés. Cependant, même si les chiffres publiés par les médias officiels ont été manipulés, ils indiquent toujours une crise sociale catastrophique causée par le désastre économique de l'Iran, et les restrictions sociales et l'oppression.

 

Source : INU

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