Publié le : 14th octobre 2020
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109ème femme exécutée sous Rouhani

CSDHI- Au lendemain de la journée mondiale contre la peine de mort, le régime iranien a exécuté au moins la 109ème femme depuis que le modéré Hassan Rouhani est devenu président en 2013.

109ème femme pendue depuis 6 ans

Les autorités iraniennes ont exécuté cette femme désespérée à l’aube du dimanche 11 octobre à la prison centrale de Mashhad, en Iran.

Razieh, 37 ans, femme chef de famille, était dans le couloir de la mort depuis quatre ans, à la suite d’un meurtre qu’elle a commis à cause de la pauvreté. Son exécution est le résultat de l’incapacité du régime à classer les meurtres par degré.

Trois femmes exécutées en 3 mois

Cette pendaison fait suite à l’exécution de Mahtab Shafii, 32 ans, le 23 septembre dans la prison de Gohardasht à Karaj et de deux femmes dans la prison centrale de Mashhad les 2 et 18 août.

Sous Rouhani, le régime a exécuté au moins 4 300 personnes en Iran. Un minimum de 109 femmes et 38 délinquants mineurs en font partie. Le nombre réel d’exécutions, en particulier de femmes et d’enfants, est beaucoup plus élevé. Toutefois, le régime a bien conscience que les Iraniens et de la communauté internationale verront cela d’un mauvais œil. Par conséquent, il dissimule les chiffres. Et donc, il procède à des exécutions en secret, la nuit. Soit, il fait disparaître de force certains détenus, soit il fait croire qu’ils sont morts par autrement (suicide, accident, bagarre).

Premier bourreau par habitant

Malgré leurs tentatives de dissimuler le nombre réel d’exécutions, le régime reste le premier bourreau par habitant et le premier bourreau de femmes et de jeunes délinquants. Le pire, c’est que nombre des femmes exécutées pour meurtre sont des victimes de violences domestiques. Elles ont commis un meurtre par légitime défense parce qu’il n’y a aucun moyen légal pour elles d’échapper à ces abus.

Les femmes, les citoyennes oubliées de l’Iran

Les femmes n’ont pas le pouvoir de divorcer sans la permission de leur mari, ce qu’un agresseur domestique ne leur donnerait pas, et même si elles partaient, elles rencontreraient davantage de problèmes. Par exemple, leur famille peut ne pas les reprendre. En effet, cette famille peut considérer qu’il est plus honteux pour une femme de quitter son mari que pour un mari de frapper sa femme. Les femmes n’ont pas non plus de droits sur leurs propres enfants, de sorte qu’elles devraient les laisser avec l’agresseur.

Ensuite, il y a les problèmes auxquels sont confrontées les victimes de violence domestique dans le monde entier. Citons la honte, la peur et le fait que lorsqu’elles tentent de quitter leur agresseur, celui-ci peut très bien les tuer.

Le Comité des femmes du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a publié une liste des femmes exécutées sous Rouhani, basée sur des sources fiables. La Résistance iranienne veut l’abolition de la peine de mort en Iran.

Source : INU

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