Publié le : 4th juin 2021

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CSDHI – Alors que le chef du pouvoir judiciaire Ebrahim Raïssi mène sa campagne pour la mascarade présidentielle du 18 juin, il supervise toujours l’exécution des condamnations à mort de prisonniers. Dans ce contexte, les autorités ont pendu au moins onze prisonniers, dont deux femmes, dans les prisons de Qazvin, Birjand, Ispahan et Yazd en l’espace d’une seule semaine. C’est l’association de défense des droits de l’homme No to Prison – No to Exécution qui a fourni ces informations.

Exécution d’un jeune couple

Le 30 mai à l’aube, les autorités iraniennes ont pendu un jeune couple dans la prison de Qazvin, à l’ouest de Téhéran. L’homme s’appelait Yousef Pir-Ostovan. En revanche, l’identification de la femme reste inconnue. On a rapporté qu’ils étaient cousins. Ils étaient détenus en prison depuis environ huit ans.

Selon des défenseurs des droits humains, les forces de sécurité du régime les ont arrêtés pour des motifs liés à la drogue sur l’autoroute Qazvin-Karaj il y a huit ans

En 2015, des responsables judiciaires auraient réformé et révisé le Code pénal. Depuis lors, Mme Pir-Ostoven est la première femme détenue que les autorités ont exécutée pour des accusations liées à la drogue. À la date de ce article, les autorités ont refusé d’annoncer la peine de mort. Mme Pir-Ostovan est la 118e femme pendue sous la présidence du « modéré » Hassan Rouhani.

Exécution de six détenus baloutches

Par ailleurs, le 25 mai à l’aube, les autorités iraniennes ont exécuté six détenus baloutches iraniens à la prison de Birjand, dans la province du Sud-Khorasan (nord-est). Selon les défenseurs des droits de l’homme, les gardiens de la prison ont privé les condamnés à mort d’une dernière visite à leur famille.

« On a identifié Javad Nakhaei, âgé de trente-trois ans, Mohammadreza Harati, Reza Azarian, Ruhollah Riggi, Alireza Farsi et Reza As’adi », a rapporté la Campagne des défenseurs des droits de l’homme baloutches. Le gouvernement avait déjà condamné ces détenus pour des accusations liées à la drogue. Au moment de la rédaction de cet article, les médias officiels n’ont toujours pas annoncé les exécutions.

Exécution de deux détenus à la prison d’Ispahan

Par ailleurs, les autorités ont secrètement pendu deux détenus à la prison centrale d’Ispahan le 24 mai. Selon des militants des droits humains, les détenus exécutés sont Kianoush Ali-Moradi, 50 ans, et Ahmad-Ali Ghodrati. Le gouvernement les avait accusés d’infractions liées à la drogue.

Ali-Moradi était marié et avait plusieurs enfants. Cependant, le pouvoir judiciaire l’a impitoyablement exécuté, plongeant sa veuve et ses orphelins appauvris dans d’énormes dilemmes.

Exécution d’une femme pour satisfaire un pasdaran

Le 23 mai, les autorités ont pendu Kobra Fatemi, une prisonnière de 41 ans, pour l’assassinat de son mari. Elle est considérée comme la 117e femme exécutée au cours des huit années du mandat de Rouhani.

Selon le code pénal de la République islamique, les Fatemi devaient payer la « Diya » [prix du sang] à la famille éplorée, épargnant ainsi la vie de leur proche. La famille de la victime avait initialement accepté de payer le prix du sang. Cependant, l’oncle de la victime, qui était membre des pasdarans (IRGC) a refusé l’argent, insistant pour que la peine de mort soit exécutée.

Quarante-deux exécutions en 70 jours

Les militants des droits humains ont indiqué que le gouvernement iranien avait pendu au moins 42 détenus depuis le début de la nouvelle année perse, le 21 mars. « La plupart des exécutions, environ 71 %, se déroulent en secret », ont-ils ajouté.

Pendant ce temps, les autorités pendent encore des détenus sur des accusations liées à la drogue. Pourtant, une nouvelle directive publiée en 2017, la peine de mort devait être considérablement limtée. Cependant, le pouvoir judiciaire, dirigé par Ebrahim Raïssi, continue de prononcer et d’appliquer des condamnations à mort.

Dans ces circonstances, M. Raisi, qui n’a toujours pas démissionné, se présente à la mascarade électorale de la présidentielle du 18 juin. Tous les indicateurs montrent qu’il est le candidat préféré du Guide suprême Ali Khamenei. Cela laisse présager une situation plus sombre pour les droits de l’homme en Iran.

De plus, le gouvernement a mis en place un système international de contrebande d’armes et de trafic de drogue. En effet, il utilise les ressources nationales pour mener à bien ces opérations. « Ces groupes opèrent sous l’influence de Khamenei. Et, ils sont gérés par les pasdarans. De surcroît, la Force Qods, le bras extraterritorial des pasdarans, finance le terrorisme et les interventions régionales en envoyant de la drogue en Occident », a déclaré l’OMPI/MEK.

En 2007, WikiLeaks a révélé un rapport de l’ambassade américaine indiquant que plus de 80 % de l’opium mondial et plus de 28 % de l’héroïne mondiale transitaient par l’Iran. En 2011, le Times a rapporté que les pasdarans jouent un rôle énorme dans le trafic de drogue iranien.  Il représente plusieurs milliards de livres. Et il s’en sert pour créer une relation avec le « réseau mondial du crime » afin de saper l’Occident.

En dehors de la Chine, au moins 283 personnes ont été exécutées dans le monde en 2020. Et l’Iran a pendu au moins 246 d’entre, selon Amnesty International.

Source : INU