Publié le : 19th septembre 2015

Le 10 décembre à midi, Mehdi Fathi est décédé à Achraf. Atteint d’un cancer depuis un an, il a souffert des restrictions imposées par les forces aux ordres d’Al-Maliki, premier ministre irakien, qui ont retardé de plusieurs mois ses soins dans un hôpital spécialisé, accélérant la détérioration de son état de santé vers un point de non retour.

Selon un communiqué du Conseil national de la Résistance iranien (CNRI), Mehdi avait été hospitalisé une première fois le 19 décembre 2009 pour un problème rénal à la clinique d’Achraf sous contrôle des forces irakiennes. Mais en raison des restrictions inhumaines imposées par le comité de répression d’Achraf et l’impossibilité d’accéder à des hôpitaux et des médecins spécialisés, sa maladie s’était rapidement développée, entraînant une grave hémorragie interne. Il avait dû alors être opéré d’urgence.

Le comité chargé de la répression d’Achraf et le responsable irakien de la clinique du camp « avaient annulé à maintes reprises son transfert dans un hôpital de Bagdad. Ce transfert pour y consulter un urologue avait été retardé de 45 jours. Les urologues avaient décelé une tumeur rénale cancéreuse et avaient insisté pour que le patient soit pris en charge d’urgence.  Mais le comité en question et le directeur de la clinique d’Achraf avaient retardé de trois mois son hospitalisation », ajoute le communiqué du CNRI.

Ce n’est que le 22 août 2010 qu’il avait enfin été hospitalisé et opéré. Après avoir constaté l’état de ses organes, le chirurgien avait déclaré que dû au retard,  la tumeur s’était développée dans l’ensemble du corps et qu’une opération devenait inutile.

Selon le CNRI, «  lorsque Mehdi Fathi avait été hospitalisé pour la dernière fois à Baquba, à 40 km d’Achraf et qu’il avait eu besoin de six poches de sang, ni l’hôpital ne lui avait fourni ce sang, ni les agents irakiens n’avaient permis aux Achrafiens de donner leur sang. Outre son état gravissime et ses souffrances insoutenables ces derniers mois, il était encore plus soumis aux pressions des hurlements lancés par les 140 haut-parleurs des agents des mollahs. »

Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a présenté ses condoléances pour le décès de Mehdi Fathi, « un des symboles brillants de la persévérance d’Achraf », à sa famille, aux Moudjahidine d’Achraf et à l’ensemble des membres et sympathisants de l’OMPI et de la Résistance iranienne.

« La persévérance de Mehdi qui luttait à la fois contre la maladie, les pressions inhumaines du régime des mollahs et des agents irakiens, est une épopée inoubliable qui ne dit pas son nom et qui symbolise la volonté du peuple iranien pour la liberté, » a-t-elle déclaré.

Affirmant que dans les derniers mois de sa vie ce membre des Moudjahidine qui avait terriblement souffert du manque de soins médicaux, était un malade sous la torture, elle a précisé que la responsabilité de la mort de Mehdi Fathi incombait directement au gouvernement d’Al-Maliki et au comité de répression sous son commandement.

Rappelant les nombreux malades qui à l’instar de Mehdi Fathi connaissent des souffrances dues au blocus inhumain, Mme Radjavi a appelé les Etats-Unis et l’ONU à empêcher la venue d’une autre tragédie en prenant la responsabilité de la protection du camp et en installant d’une équipe de surveillance permanente à Achraf. Elle a demandé à l’ensemble des instances internationales et organes de défense des droits de l’homme de condamner ce drame bouleversant et d’assumer leur responsabilité en agissant pour mettre fin au blocus et à la torture psychologique nuit et jour des Achrafiens avec 140 haut-parleurs.