Publié le : 22nd juin 2020

Qarchak Prison iranCSDHI – Trois femmes ont commencé une grève de la faim dans la prison de Qarchak en Iran pour protester contre les conditions déplorables dans lesquelles elles sont détenues.

Les prisonniers, Sakineh Parvaneh, Soheila Hejab et Zeinab Jalalian ont entamé une grève de la faim ces derniers jours pour protester contre le traitement inhumain infligé par les autorités pénitentiaires : les peines de prison inéquitables et le non-respect du principe de séparation des prisonniers selon le type et la durée de leur peine.

La prisonnière politique Zeinab Jalalian a entamé une grève de la faim depuis le samedi 20 juin pour exiger son transfert à la prison centrale de la ville de Khoy, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental.

La prisonnière d’origine kurde, qui a été transférée de la prison de Khoy à la prison de Qarchak le 10 mai dernier, avait récemment annoncé qu’elle allait entamer une grève de la faim dans les prochains jours si elle n’était pas à nouveau transférée à la prison de Khoy.

La prisonnière politique a récemment été diagnostiquée avec le coronavirus, malgré cela, elle est détenue dans le quartier de quarantaine de la prison de Qarchak, sans accès à un traitement médical.

Le 16 juin 2020, un militant des droits de l’homme basé à Téhéran a publié sur sa page Facebook des informations concernant le transfert de Zeinab Jalalian à la prison de Qarchak. « Malgré son infection par le coronavirus, les conditions de son emprisonnement n’ont pas changé. Même lorsqu’elle a été emmenée à l’hôpital pour y être testée pour le coronavirus, elle a été maintenue menottée, y compris pendant l’examen. Elle a envoyé des lettres à de nombreuses autorités, mais personne n’a prêté attention à sa situation difficile », a-t-il écrit.

qui vient d’une famille kurde de Maku, dans le nord-ouest de l’Iran, est emprisonnée depuis 13 ans.

Soheila Hejab, une autre prisonnière politique, a également entamé une grève de la faim depuis le 16 juin pour protester contre sa détention dans la prison de Qarchak à Varamin et contre le refus des autorités de la transférer à la prison d’Evin.

Mme Hejab a été violemment arrêtée par les agents des gardiens de la révolution après avoir assisté à une audience de la cour d’appel le 23 mai.

Elle a été arrêtée une première fois en janvier 2018 à Chiraz pour « rassemblement, collusion et propagande contre le système ». Elle a été de nouveau arrêtée le 6 juin 2019 par l’Organisation des services du renseignement des gardiens de la révolution (les pasdarans) et conduite à la prison d’Evine où elle a déclaré avoir été si violemment battue par les gardiens de la prison qu’elle a dû être emmenée à l’hôpital. Cependant, ils l’ont renvoyée en prison avant tout traitement.

Le 14 mars, Mme Hejab a été temporairement libérée moyennant le paiement d’une lourde caution. Le 18 mars, un tribunal présidé par le célèbre juge Mohammad Moghiseh l’a condamnée à 18 ans de prison pour « propagande contre le système », « formation d’un groupe de défense des droits des femmes » et « appel à un référendum pour modifier la Constitution. » La Cour d’appel a maintenant confirmé la sentence.

La prisonnière politique Sakineh Parvaneh a également entamé une grève de la faim depuis le 25 mai, pour protester contre sa peine de cinq ans de prison et contre le fait qu’elle soit détenue illégalement avec des prisonnières condamnées pour des crimes violents. Le tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné la prisonnière politique kurde à cinq ans de prison et à une interdiction de deux ans d’appartenance à des groupes politiques.

Elle a récemment été battue par plusieurs criminelles en prison. Encouragées par les responsables de la prison de Qarchak, elles ont pris pour cible la prisonnière dans le quartier 3.

Sakineh Parvaneh est issue d’une famille kurde de la province du Khorasan, dans le nord-est de l’Iran.

Elle a été transférée dans le quartier des femmes de la prison d’Evine après la période d’interrogatoire.

En mars 2020, la prisonnière politique a été transférée dans le quartier des femmes d’Evine, où elle a griffonné des slogans anti-régime sur les murs et pour lesquels elle a été punie. Elle a ensuite été envoyée à la prison de Qarchak.

Plusieurs informations ont fait état des mauvais traitements épouvantables infligés aux prisonnières à la prison de Qarchak. Le bâtiment est un ancien lieu d’élevage de poulets, désaffecté, qui accueille des prisonnières dans des conditions de surpopulation et d’insalubrité, sans accès à l’eau potable, à une nourriture décente, à des médicaments et à l’air frais.

Connu pour ses conditions de vie « inhumaines », l’établissement était destiné à l’emprisonnement de criminelles de droit commun, mais le pouvoir judiciaire l’a également utilisé pour détenir des militantes et des dissidentes.

De nombreuses informations font état d’agressions contre des détenues, tant par d’autres détenues que par le personnel pénitentiaire, ainsi que d’une consommation de drogue et de maladies infectieuses endémiques.

Source : Iran HRM

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