Publié le : 11th juillet 2020

Iran FashafuyehCSDHI – Des manifestations majeures ont éclaté en Iran en novembre 2019, déclenchant la plus grande crise existentielle de l’histoire du régime en 40 ans.

Les manifestants sont descendus dans les rues d’au moins 191 villes en raison de l’augmentation de 30 à 50 % du prix du carburant, et immédiatement les demandes des manifestants ont changé, appelant à un changement de régime.

La répression a été brutale, tuant au moins 1500 manifestants et faisant des milliers d’arrestations. Internet a été coupé en Iran pendant une semaine, empêchant les images de la tuerie de parvenir au monde extérieur. Puis le régime a lancé des rafles. 

Un manifestant, Hossein Reyhani, incarcéré aujourd’hui au pénitencier du Grand Téhéran (Fashafouyeh), a été arrêté pour un SMS qui l’a conduit dans le couloir de la mort. C’est la lettre qu’il a pu envoyer :

« Bonjour à tous ceux qui m’écoutent. Je m’appelle Hossein Reyahni, fils de Yadollah. Je suis né en 1987, je suis marié et père de famille. C’est peut-être bizarre de dire que le délit que j’ai commis a été d’envoyer un SMS à un ami. Quand j’ai vu tous ces gens dans la rue, j’ai été tellement excité, que j’ai envoyé un SMS à un ami pour lui dire qu’il y avait autant de gens rassemblés dans la rue. J’ai été arrêté brutalement par les services du renseignement des pasdarans 18 jours après (du début des manifestations). Ils ont lancé un raid violent sur notre maison et m’ont emmené à la prison d’Evine, ce qui signifie que j’ai été arrêté le 4 décembre 2019.

« D’abord, j’étais terrifié. Treize jours d’isolement et au bout d’un mois, ils m’ont transféré à la prison de Fashafouyeh. Je ne sais pas pourquoi ni comment,  j’ai été condamné à mort pour « guerre contre Dieu » juste à cause d’un SMS. Jusqu’à ce jour, juste parce que je ne voulais pas que ma mère entende parler de ma condamnation à mort, je me suis tu et je n’ai rien dit. Et il y a quelques jours, j’ai reçu la lettre de divorce de ma femme, et maintenant plus rien n’a d’importance pour moi, et je n’ai plus rien à perdre. »

Dans sa lettre, il a ajouté : « Je suis fatigué de huit mois d’incertitude et de l’ombre de la condamnation à mort et je ne supporte plus d’être emprisonné alors que je vois des personnes impliquées dans la corruption astronomique être libérées. Tout cela à cause d’un SMS ! »

« Jusqu’à présent, ils ne m’ont pas permis de prendre un avocat, et même d’être informé de mon dossier. La seule chose que je sais, c’est que mon affaire est devant la cour suprême, et je sais que je suis innocent et que je n’ai commis aucun délit. C’est votre responsabilité d’être la voix de ceux qui se battent pour obtenir justice. »

Hossein Reyhani, pénitencier central du Grand Téhéran – Juillet 2020

Les autorités ne disent rient sur le sort des personnes arrêtées ni sur leur nombre exact, qui a été estimé à plus de 12 000 personnes. La semaine dernière, le pouvoir judiciaire a condamné à mort trois d’entre de ces manifestants arrêtés, Amir Hossein Moradi, Saïd Tamjidi et Mohammad Rajabi.

Source : INU

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