Publié le : 22nd septembre 2020
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Les tortures, le quotidien des prisonniers en Iran

CSDHI – Le sous-sol de la prison centrale de Chiraz, également connue sous le nom de prison d’Adelabad, est le lieu où le champion de lutte iranien, Navid Afkari, a passé ses derniers jours avant d’être pendu, le 12 septembre 2020.

Une chambre de torture contrôlée par les pasdarans

Tout d’abord, cette partie de la prison d’Adelabad est appelée « Ebrat », ce qui signifie littéralement « une leçon. »

Les pasdarans (ou IRGC) dirigent Ebrat.

La division du renseignement des pasdarans assure la gestion d’Ebrat. C’est précisément là qu’ils torturent les manifestants arrêtés au cours des derniers soulèvements, notamment celui de novembre 2019.

C’est le lieu de détention des manifestants

Les pasdarans ont arraché des hôpitaux tous les manifestants blessés lors des manifestations de novembre 2019. Ensuite, ils les ont transférés à Ebrat, dans le sous-sol de la prison centrale de Chiraz.

Des personnes racontent que les manifestants arrêtés à Téhéran, Ispahan, Behbahan, Sanandaj, Karaj et même dans des villes de la province de Gilan, au nord, ont été bannis au sous-sol de la prison d’Adelabad, à Ebrat.

Les pasdarans sont prudents. Ils s’assurent que les noms et informations sur les prisonniers d’Ebrat ne fuitent pas ni ne parviennent aux organisations internationales.

A Ebrat, les châtiments corporels ne connaissent aucune limite

Tous les pasdarans qui travaillent au sous-sol d’Ebrat sont chargés de harceler et de nuire aux détenus.

Ils s’appellent les uns les autres par des titres tels que « Jalal le gaucher », « Majid l’impie » et « Hussein l’éhonté. »

L’un d’entre eux a écrit à l’entrée du sous-sol d’Ebrat : « Il n’y a pas de Dieu ici ! »

Des détenus torturés à mort, les yeux bandés

Les gardiens de la révolutions torturent les prisonniers, les yeux bandés, dans le sous-sol d’Ebrat.

Ils arrachent les ongles de certains prisonniers pour les forcer à faire de faux aveux.

Parfois, ils suspendaient  par les pieds certains prisonniers au plafond. Les pasdarans les frappent avec un câble sur les mains, les pieds et les doigts. Dans de nombreux cas, les doigts des prisonniers se cassent.

Une autre torture consiste à déshabiller un prisonnier et à le laisser sous un soleil brûlant ou dans le froid extrême.

Trois détenus des manifestations de novembre 2019 sont morts dans cette prison sous la torture.

Absence de normes de base

Quelques 350 à 400 manifestants sont détenus dans 100 cellules crasseuses au sous-sol. Les cellules ont une superficie de 20 mètres carrés et chaque prisonnier dispose d’un mètre carré au maximum. Chaque cellule a un trou qui sert de toilettes.

Il n’y a ni baignoire ni douche. Les prisonniers peuvent prendre une douche froide dans la cour de la prison pendant une minute seulement, pendant laquelle ils sont frappés avec le tuyau d’eau par les gardiens de la prison.

Les prisonniers n’ont pas le droit de se parler. Les pasdarans les punissent s’ils échangent ne serait-ce qu’un mot. La réduction de la ration alimentaire pendant une semaine est un exemple de punition.

Les prisonniers ne peuvent pas téléphoner pour communiquer avec le monde extérieur.

Les agents les surveillent via vidéosurveillance, 24H/24.

A Ebrat, on ne dispense aucun soin médical. Les pasdarans ont laissé de nombreux détenus sans surveillance médicale, après la répression brutale de novembre 2019. Les blessures de certains détenus, blessés à cause des tortures, se sont infectées.

Appel pour sauver les manifestants détenus

L’Iran Human Rights Monitor appelle les organes des Nations Unies pour les droits humains et toutes les organisations internationales des droits humains à former une délégation internationale pour visiter les prisons et les centres de détention en Iran. A juste titre, ils devraient exiger de rencontrer les manifestants détenus et de prendre des mesures efficaces pour obtenir leur libération.

Source : Iran HRM