Publié le : 23rd septembre 2020
nasrin sotoudeh

L’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, qui a entamé une grève de la faim le 11 août 2020, à la prison d’Evine de Téhéran

CSDHI – L’avocate iranienne des droits humains Nasrin Sotoudeh a été hospitalisée. Son mari a déclaré qu’elle était « gravement affaiblie » au terme d’une grève de la faim qui a duré plus de 40 jours.

Nasrin Sotoudeh hospitalisée en cardiologie

Les médecins l’ont transférée à l’unité de soins cardiaques peu après son arrivée aux urgences de l’hôpital Taleghani de Téhéran. C’est ce qu’a déclaré Reza Khandan à l’AFP par téléphone.

« Nous avons été autorisés à la voir quelques instants », a-t-il ajouté. « Elle était très affaiblie, elle a perdu beaucoup de poids et avait les yeux enfoncés. »

Sotoudeh a fait une grève de la faim pendant plus de 40 jours, selon Khandan.

Une grève de la faim pour la défense des droits humains

La grève avait pour objectif de demander la libération des prisonniers politiques. Mais pas seulement. Elle visait à attirer l’attention sur leur condition de détention pendant la COVID-19. Ce sont les revendications de Sotoudeh, publiées par son mari sur les médias sociaux, le 11 août.

Le virus a jusqu’à présent tué plus de 24 000 personnes et infecté près de 420 000 Iraniens, selon les chiffres officiels.

Khandan a déclaré à l’AFP qu’il s’inquiétait pour sa femme. L’hôpital « n’est pas un lieu sûr face au coronavirus ». Elle manque d’un « isolement approprié » avec de nombreux patients infectés.

Mais son dernier scan n’a pas montré de signe d’infection, a-t-il ajouté.

Une femme d’exception

Mme Sotoudeh, 57 ans, est co-lauréate du prestigieux prix Sakharov du Parlement européen.

Elle purge une peine de 12 ans dans la prison d’Evine de Téhéran car elle a défendu des femmes qui protestaient contre les lois sur le hijab obligatoire.

« Tout cela est très difficile », a déclaré Mme Khandan, qui vient de rentrer de l’hôpital vers minuit.

« La prison ne coopère pas, ils ne répondent pas correctement quand on leur pose des questions sur l’état (des prisonniers). Ils ne nous avaient même pas parlé de son hospitalisation », a-t-il ajouté.

Une codétenue de Mme Sotoudeh a informé sa famille de son état.

Mme Sotoudeh a remporté le prix Sakharov en 2012 pour son travail sur des affaires très médiatisées, notamment celles de condamnés à mort pour des délits commis alors qu’ils étaient mineurs.

Elle a passé trois ans en prison après avoir représenté des dissidents arrêtés lors de manifestations de masse en 2009. Celles-ci contestaient la réélection du président ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Source : VOA