Publié le : 30th septembre 2020
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La prison de Rajaï Chahr en Iran

CSDHI – 45 prisonniers sunnites de la prison Rajaï Chahr de Karaj ont contracté la COVID-19. Malgré cela, ils sont privés de soins médicaux et ne peuvent pas aller à l’hôpital.

Personne pour soigner des prisonniers atteint par la COVID-19

Les autorités pénitentiaires ont également refusé de fournir des médicaments et des capsules d’oxygène aux prisonniers malades. Ces derniers sont détenus dans le hall 11 du pavillon 4.

Un seul des prisonniers malades, Abdol Wakil Rahmani, a été emmené à l’hôpital à l’extérieur de la prison. En effet, son état s’était détérioré et les autres prisonniers avaient protesté pour qu’il soit soigné.

Les autorités avaient transféré sept de ces personnes de l’isolement à la « section de sécurité » de la prison au cours des derniers jours. Puis, elles les ont renvoyées dans le hall 11.

On a également appris que des prisonniers d’autres quartiers ont contracté le virus. Deux se trouvent dans le pavillon 7 et un dans le pavillon 12.

Les prisonniers politiques en danger

Le cas Covid-19 a également créé un risque accru d’infection pour les prisonniers politiques de la prison de Rajaï Chahr.

Les prisonniers politiques atteints de maladies graves se trouvent dans cette prison. Ils courent un plus grand risque de contracter la maladie après le diagnostic du nouveau cas Covid-19.

Il s’agit notamment d’Arash Sadeghi qui souffre d’un chondrosarcome (cancer des os), d’Afshin Bayemani et d’Abolqassem Fouladvand qui ont une maladie cardiaque. Ces prisonniers politiques se sont déjà vu refuser l’accès à un traitement médical adéquat.

Allah Karam Azizi, le directeur de la prison de Rajaï Chahr, également connu sous le nom de Gohardasht, et Amin Vaziri, le surveillant des prisonniers politiques, sont connus pour entraver le traitement médical des détenus et leur envoi dans les hôpitaux civils.

Des prisons non conformes

Les conditions de détention dans les prisons iraniennes sont loin d’être conformes aux normes internationales. Le surpeuplement, la mauvaise ventilation, l’insuffisance d’eau chaude pendant la saison hivernale, la nourriture insuffisante, le nombre insuffisant de lits et les infestations d’insectes sont le quotidien des prisonniers.

Malgré les mises en garde d’Amnesty International, les autorités pénitentiaires ignorent ces appels

Des documents officiels obtenus par Amnesty International et ayant fait l’objet d’une fuite révèlent que le gouvernement iranien a ignoré les appels répétés des hauts responsables des prisons pour obtenir des ressources supplémentaires afin de contrôler la propagation de COVID-19 dans le système carcéral du pays.

Amnesty International a révélé en juillet 2020 que le régime iranien a ignoré les appels répétés des responsables des prisons pour obtenir des ressources afin de contrôler la propagation de COVID-19 dans le système carcéral du pays.

« La surpopulation, la mauvaise ventilation, le manque d’installations sanitaires et d’équipements médicaux de base, et la négligence délibérée des problèmes de santé des prisonniers, font des prisons iraniennes un terrain propice à la propagation de la COVID-19.

« Les autorités iraniennes doivent cesser de nier la crise sanitaire dans les prisons iraniennes. Elles doivent prendre des mesures urgentes pour protéger la santé et la vie des prisonniers », a déclaré Amnesty International.

Source : Iran HRM