Publié le : 22nd octobre 2020
la prison d'Evine en Iran

La prison d’Evine à Téhéran en Iran

CSDHI – Un groupe de prisonniers politiques de la prison d’Evine en Iran a appelé à une visite des prisons iraniennes par les organisations internationales des droits humains.

Les prisonniers politiques demandent une aide humanitaire

Dans leur déclaration, dont Iran Human Rights Monitoring a reçu une copie, les détenus ont appelé les représentants des droits humains des Nations Unies et toutes les institutions des droits de l’homme à visiter la tristement célèbre prison et tous ses quartiers afin d’examiner la situation des prisonniers politiques.

Les prisonniers ont mentionné le manque de médicaments et d’équipement médical. Ils ont aussi fait remarquer l’absence de distribution de masques et de désinfectants. Sans omettre le fait que les prisonniers doivent payer eux-mêmes de lourds frais de santé.

Les prisonniers ont souligné que le pouvoir judiciaire, au lieu de libérer les détenus pendant la pandémie, cherchait à prolonger les peines des prisonniers politiques et à empêcher leur libération.

Ils dénoncent la propagation délibérée du virus dans les prisons

Les prisonniers ont également révélé le mouvement constant des prisonniers. Ils ont déclaré que cela avait propagé le virus dans d’autres prisons.

« A un moment où le monde souffre du coronavirus et où tous les gouvernements tentent de contrôler et d’améliorer la situation, nous constatons que l’incompétence et la mauvaise gestion du régime clérical ont contribué à augmenter le nombre de cas de la covid19.

« Le régime inhumain des mollahs n’a ni la capacité ni le désir d’améliorer la situation. Le nombre de décès dus au coronavirus et le nombre de patients montrent à quel point la situation est désastreuse. Bien sûr, le régime tente de cacher le nombre réel de décès. Il veut cacher à tous la profondeur de la tragédie.

Le régime cloître les prisonniers dans les prisons infectées

« La crise existe aussi dans les prisons du régime. Alors que de nombreux pays ont libéré des prisonniers pour empêcher la propagation de la maladie dans leurs prisons, nous constatons que le régime ne s’intéresse pas seulement à la libération des prisonniers.  En réalité, il continue à prolonger les peines des prisonniers politiques sous divers prétextes. Pendant ce temps, en s’opposant au congé temporaire, le régime bloque la libération des prisonniers, en particulier des prisonniers politiques.

« Les lignes directrices de la Covid-19 mettent l’accent sur la distanciation sociale. Pourtant, le nombre de détenus dans les prisons iraniennes durant la pandémie est beaucoup plus élevé que la capacité réelle. Ainsi la surpopulation carcérale empêche la mise en œuvre de la distanciation sociale.

« Nous, un groupe de prisonniers politiques de la prison d’Evine, appelons les représentants des droits humains de l’ONU et toutes les institutions des droits humains à visiter la tristement célèbre prison et tous ses quartiers pour examiner la situation des prisonniers politiques.

Un groupe de prisonniers politiques dans la prison d’Evine, le 19 octobre 2020

Devant l’inaction criminelle du régime, les prisonniers tombent malades les uns après les autres

De précédentes informations de la prison d’Evine indiquent que le régime ne prend aucune mesure pour empêcher la propagation de la maladie. Par conséquent, de nombreux détenus ont contracté le virus.

La surpopulation et les conditions de vie insalubres documentées ainsi que le refus d’accès à un traitement médical adéquat dans les prisons iraniennes, notamment dans la prison d’Evine de Téhéran, la prison de Rajaï Chahr de Karaj et le pénitencier du Grand Téhéran, ont exacerbé les craintes d’une épidémie de la covid 19 dans les prisons ainsi que les inquiétudes quant à l’accès au traitement des prisonniers malades.

Malgré les nombreuses demandes des organisations iraniennes et internationales de défense des droits humains, le pouvoir judiciaire a refusé d’autoriser les prisonniers politiques et les prisonniers d’opinion à bénéficier d’une permission de sortie. Et ce, alors que la situation est catastrophique dans les prisons et les conditions sanitaires, dangereuses.

Amnesty intervient auprès des autorités pénitentiaires

Fin juillet, Amnesty International a rendu public le texte de quatre lettres de l’Organisation carcérale du pouvoir judiciaire adressées au ministère de la santé, demandant une aide aux prisons pour lutter contre le coronavirus. Le gouvernement n’a pas répondu.

Les lettres ont été envoyées au ministère entre fin février et début juillet en rapport avec la propagation de la covid 19 dans les prisons iraniennes. Elles tirent la sonnette d’alarme sur les graves pénuries d’équipements de protection, de désinfectant pour les dispositifs médicaux essentiels. Elles demandent également un financement et une aide d’urgence.

Iran Human Rights Monitor a mis en garde contre les conditions de vie des prisonniers politiques dans diverses prisons iraniennes. Car beaucoup ont contracté la Covid 19, à la suite de la négligence intentionnelle du régime.

Source : Iran HRM

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