Publié le : 2nd novembre 2020
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Le dirigeant du syndicat des enseignants iraniens Esmail Abdi

CSDHI – Un dirigeant syndicaliste enseignant iranien est emprisonné en Iran depuis 2016. La justice iranienne a récemment prolongé sa peine de prison d’une décennie. Il faut ajouter qu’il reçoit un traitement médical inadéquat pour des douleurs aiguës, selon son épouse.

Esmail Abdi souffre beaucoup en prison

Dans une interview accordée mardi à VOA Persian depuis son domicile à Téhéran, la femme d’Esmail Abdi a déclaré que son époux lui avait parlé de sa santé lors d’un récent appel téléphonique depuis la prison d’Evine.

Selon Monir Abdi, son mari de 46 ans souffre de douleurs sur le côté gauche de son corps depuis qu’il a contracté le coronavirus en août. Elle a ajouté que la maladie aggravait les autres problèmes de santé d’Esmail. En effet, il souffre notamment d’asthme, d’hypertension. Il est très faible depuis ses deux précédentes grèves de la faim, dont la dernière remonte à deux ans.

Selon son épouse toujours, le dirigeant du syndicat des enseignants a déclaré qu’il lui avait parlé de la situation carcérale difficile liée au coronavirus.

Aucun soin médical

Monir Abdi dit avoir appris de son mari que le seul traitement qu’il a reçu de la clinique d’Evine a été plusieurs électrocardiogrammes et quelques médicaments. Elle a déclaré que ces mesures n’ont pas permis de soulager ses douleurs sur le côté gauche.

Esmail Abdi est en prison à Evine depuis novembre 2016. C’est à cette date qu’il a commencé à purger une peine de six ans pour des infractions présumées à la sécurité nationale liées à sa défense pacifique des droits des enseignants.

Abdi aurait pu bénéficier d’une libération conditionnelle en juin, mais il est resté en prison après que les autorités judiciaires aient agi un mois plus tôt pour rétablir une peine de dix ans avec sursis qu’il avait reçue en 2010 pour une condamnation antérieure liée à son activisme en faveur des droits des travailleurs. L’avocat d’Abdi, Hosein Taj, a critiqué la décision des autorités judiciaires dans une interview de l’agence de presse nationale ILNA publiée le 4 mai.

Abdi a été condamné à dix ans de prison avec sursis pour deux chefs d’accusation. Le régime l’a condamné pour « collecte d’informations dans l’intention de perturber la sécurité nationale » et « diffusion de propagande antigouvernementale. »

M. Taj a fait appel auprès de la cour suprême iranienne pour annuler la peine de 10 ans avec sursis. Il a argué qu’elle avait expiré cinq ans après avoir été prononcée en 2010. Mais un article du 6 octobre du site officiel Ensaf a cité M. Taj. Ce dernier aurait déclaré que la cour suprême avait rejeté son appel. Cela l’a incité à soumettre une demande d’intervention au chef du pouvoir judiciaire Ebrahim Raisi.

Pouvoir d’annulation

L’article 477 du code de procédure pénale iranien donne au chef du pouvoir judiciaire iranien le pouvoir d’ordonner à la cour suprême d’annuler un verdict qu’il juge « manifestement contraire à la charia [loi islamique] » et d’en rendre un nouveau.

Monir Abdi a déclaré à VOA qu’elle attendait la décision du pouvoir judiciaire. Elle attend de savoir si celui-ci annulerait la peine de 10 ans de son mari en vertu de l’article 477.

« Les activités d’Esmail étaient pacifiques », a-t-elle dit. « Les autorités judiciaires ont relancé une affaire classée contre lui il y a dix ans. Cependant, cela a semé la peur parmi les autres militants et sapé leur travail avec les syndicats. »

Il n’y a eu aucun commentaire des responsables iraniens sur le cas d’Abdi dans les médias officiels, le mois dernier.

Le militant syndical a bénéficié de plusieurs permissions de sortie de prison depuis son incarcération en 2016. Par exemple, il a bénéficié dune permission du 17 mars au 20 avril et du 9 au 20 janvier 2018.

La dernière permission de prison d’Abdi au début de l’année a coïncidé avec la libération temporaire de dizaines de milliers de prisonniers par l’Iran. Cette initiative iranienne avait pour but de réduire le risque de contagion du coronavirus dans les prisons surpeuplées et insalubres. Depuis la fin de sa dernière permission de sortie en avril, sa femme a déclaré à VOA qu’elle avait fait appel, sans succès, aux autorités d’Evine pour qu’elles lui accordent une autre permission.

Source : VOA

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