Publié le : 14th juillet 2021

CSDHI – Les autorités de la sinistre prison d’Evine, à Téhéran, ont fouetté le prisonnier politique Kianoush Salatini avant son départ en permission.

Kianoush Salatini, qui était entraîneur de futsal avant son arrestation, a été arrêté le 9 janvier 2018 sur son lieu de travail.

Il avait été condamné à 19 ans et 6 mois de prison et à 80 coups de fouet après avoir été reconnu coupable de « consommation d’alcool », d' »insulte au sacré islamique » et de « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale ». La flagellation a eu lieu le mois dernier.

Le tribunal présidé par le juge Salavati l’avait également condamné à deux ans d’interdiction de quitter le pays et d’activité sur les médias sociaux.

L’homme de 35 ans devrait purger sept ans et six mois derrière les barreaux, conformément à l’article 134 du code pénal islamique, qui permet aux accusés de ne purger que la peine la plus longue dans les cas de condamnations multiples. Sa peine est désormais réduite à cinq ans de prison.

Bien qu’il ait passé trois ans et six mois derrière les barreaux, les autorités judiciaires se sont opposées à sa demande de libération conditionnelle.

L’utilisation par l’Iran de châtiments dégradants contre les militants

Le régime iranien a l’habitude de condamner des militants pacifiques à des coups de fouet et à de lourdes peines de prison.

Fin avril 2021, deux étudiants militants ont été condamnés à un total de 72 coups de fouet par le tribunal de Shahroud, dans le nord de l’Iran. Les deux hommes ont été identifiés comme étant Milad Nazeri, 25 ans, et Seyed Shabir Hosseini Nik, 26 ans. Tous deux sont étudiants au campus central de l’université de technologie de Shahroud.

Le 8 avril, une prisonnière politique a été fouettée à la prison de près de Téhéran, avant de partir en permission de sortie. Zohreh Sarv, 35 ans, a reçu 74 coups de fouet, bien que la peine de flagellation ait été transformée en une amende qu’elle avait payée. On lui a dit qu’elle ne pouvait partir en congé qu’à condition d’exécuter sa peine de fouet.

En mars, la cour d’appel de la province du Khorassan du Sud, dans l’est de l’Iran, a confirmé la condamnation à trois ans et 40 coups de fouet d’un internaute. Cet homme de 47 ans, Hamidreza Adeli Far, a été condamné à neuf mois de prison pour « diffusion de propagande contre l’État », à 18 mois de prison et à une amende de 3 millions de tomans (119 dollars) pour « publication de mensonges dans le cyberespace », et à neuf mois de prison, au fouet et une amende de 3,375 millions de tomans (134 dollars) pour détention de boissons alcoolisées.

Le Code pénal islamiste prévoit toujours des châtiments corporels assimilables à de la torture, notamment fouetter, aveugler et amputer. Des dizaines de personnes ont été condamnées au fouet pour vol et agression, ainsi que pour des actes qui, selon le droit international relatif aux droits humains, ne devraient pas être criminalisés. Il s’agit notamment de participer à des manifestations pacifiques, de relations extraconjugales, de participer à des fêtes mixtes et de consommer de d’alcool.