Publié le : 12th février 2020

saint valentin iranCSDHI – Au grand désarroi du régime religieux et politique de l’Iran, la célébration de la Saint-Valentin est devenue si populaire en Iran que même dans la ville sainte de Qom, les autorités doivent avertir les magasins de ne pas vendre de cadeaux de la Saint-Valentin.

Qom avec ses nombreux séminaires et le sanctuaire de Fatimeh Masumeh, la sœur du huitième imam chiite Reza, reçoit chaque jour des milliers de pèlerins. Elle a en fait la réputation d’être la capitale religieuse de l’Iran.

Le régime religieux voit la célébration de la Journée de l’amour comme un élément de « l’assaut culturel de l’Occident » afin de corrompre la jeunesse iranienne et essaie de l’empêcher depuis de nombreuses années. Mais chaque 14 février, les jeunes Iraniens submergent les réseaux mobiles de SMS pour la Saint-Valentin.

Les forces de l’ordre iraniennes émettent des avertissements chaque année et parfois même ferment des entreprises qui vendent des ours en peluche de fabrication chinoise avec des cœurs rouges sur la poitrine, du chocolat et des bonbons attachés avec des rubans rouges, des ballons rouges et même des roses rouges. Les plus difficiles à contrôler sont les colporteurs qui vendent des articles de Valentin et des roses rouges dans les rues.

Le 11 février de cette année, le Centre pour la réduction et le contrôle des méfaits sociaux du parquet de Qom a mis en garde les entreprises qui font la promotion des « symboles anti-culturels tels que les symboles de la Saint-Valentin », menaçant de les fermer d’un à six mois si elles ne se conforment pas à la loi. La déclaration publiée par le Bureau du Procureur a également fourni un numéro au public pour signaler les « transgressions ».

Les jeunes Iraniens célèbrent souvent la Saint-Valentin dans les cafés et restaurants. Le gouvernement avertit ces établissements à l’avance pour empêcher les gens de transformer en spectacle la célébration de la Journée de l’amour, interdite. Pas de bougies ou de ballons rouges, pas d’échange de cadeaux, et évidemment pas d’offres spéciales à l’occasion.

Certains Iraniens laïques qui n’approuvent pas non plus la célébration d’une fête non-Iranienne enracinée dans la tradition chrétienne, ont essayé d’offrir une alternative iranienne à la Saint-Valentin.

L’alternative qu’ils ont essayé de promouvoir est la célébration du jour de Sepandarmaz, la déesse de la fertilité et de la terre dans l’ancienne culture iranienne et dans la religion zoroastrienne.

Les anciens Iraniens ont célébré le jour de Sepandarmaz en offrant des cadeaux aux femmes. La petite communauté des zoroastriens iraniens honore encore rituellement Sepandarmaz lors de sa journée et offre des cadeaux aux femmes.

Cette journée tombe le 19 février, quelques jours seulement après la Saint Valentin. En l’absence d’une force motrice commerciale, la célébration de la Journée de Sepandarmaz ne concurrence pas vraiment son rival occidental, du moins pour l’instant.

Le régime religieux iranien est manifestement opposé à la célébration de la Journée de Sepandarmaz avec la même ferveur. Après tout, l’Islam est venu en Iran pour éradiquer le zoroastrisme et toute tentative de faire revivre les traditions anciennes est considérée comme contraire à l’islam et aux traditions islamiques.

Le régime chiite a tenté d’offrir sa propre alternative, l’anniversaire du mariage de Fatima, la fille du prophète. Fatima a épousé le cousin du prophète Ali qui est devenu le premier imam des chiites et le quatrième calife des sunnites. À quelques reprises, les autorités ont organisé de grandes célébrations dans les universités pour promouvoir l’anniversaire comme la Journée de l’amour, mais cette journée aussi ne s’est pas avérée être un digne rival de la célébration de la Saint-Valentin interdite.

L’Iran n’est pas le seul pays où la célébration de la Saint-Valentin est interdite. Les amoureux doivent le célébrer à huis clos en Malaisie, en Arabie saoudite, en Indonésie, au Pakistan et, de manière surprenante, dans la région de Belgorod en Russie où les autorités l’ont interdit car sa célébration va « à l’encontre des traditions culturelles russes. »

Source : Radio Farda

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