Publié le : 17th octobre 2020
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Arezoo Mohammadi et Banafsheh Mokhtari, deux bahaïes condamnées pour la pratique de leur foi

CSDHI – Deux femmes bahaïes iraniennes se sont présentées dans une prison de l’est de l’Iran pour commencer à purger leurs peines. Le régime les a condamnées à la prison pour avoir pratiqué pacifiquement leur foi. Elles ont interjeté appel. Mais la justice iranienne les a déboutées.

Deux iraniennes bahaïes vont commencer leur peine de prison

Dans une interview avec VOA Persan, une source a déclaré qu’

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Arezoo Mohammadi et Banafsheh Mokhtari, deux bahaïes condamnées pour la pratique de leur foi

s’étaient présentées volontairement à la prison de Birjand un jour plus tôt.

Les deux femmes faisaient partie d’un groupe de huit Bahaïs de la région. Ces derniers ont reçu le 28 septembre une convocation à se présenter à la prison avant le 10 octobre.

Les bahaïs iraniens ont reçu une convocation à la prison de Birjand le 28 septembre 2020. En haut à gauche : Arezoo Mohammadi, Farzaneh Dimi, Atieh Salehi, Roya Malaki. En bas à partir de la gauche : Nasrin Ghadiri, Ataollah Malaki, Saeed Malaki, Banafsheh Mokhtari. (VOA en persan)

Condamnées pour la pratique de leur foi

Une cour d’appel a rendu un jugement le 8 septembre condamnant les six femmes et deux hommes à des peines de prison de 15 mois à deux ans. Les autorités les ont accusés de « perturbation de la sécurité nationale » et « diffusion de la propagande anti-gouvernementale en rapport avec la pratique de leur foi. »

Les religieux chiites au pouvoir en Iran considèrent que les 300 000 Bahaïs du pays sont des hérétiques sans religion. Ils les arrêtent régulièrement pour des activités liées à leur foi. Les autorités les ont accusés « d’atteinte à la sécurité nationale » sans divulguer de preuves. La plupart sont accusés de « propagation » de la foi bahaïe, que les autorités considèrent comme une forme de propagande anti-gouvernementale.

La source qui s’est entretenue avec VOA cette semaine a déclaré que Mme Mokhtari souffre de discopathies cervicales et lombaires. Ces pathologies lui causent des douleurs au cou et au bas du dos. La source a envoyé une demande au pouvoir judiciaire iranien pour que sa peine soit reportée pour des raisons médicales. Cependant, la source a indiqué que les autorités judiciaires de Birjand ont rejeté sa demande.

Elles acceptent de purger leur peine

Mmes Mokhtari et Mohammadi ont décidé d’accepter la convocation à la prison. En effet, elles pensaient qu’elles seraient éventuellement contraintes de le faire. Et elles préféraient régler leur statut le plus tôt possible, a déclaré la source. Les Iraniens qui résistent à une première convocation de prison peuvent recevoir plusieurs avis de suivi sur plusieurs semaines. Toutefois, elles risquent également d’être arrêtées et envoyées en prison à tout moment.

Les groupes de défense des droits des Iraniens ont déclaré que le régime a condamné Mme Mohammadi à 18 mois de prison et Mme Mokhtari à 15 mois.

D’autres demandent des reports de peine

La source de VOA a déclaré que cinq des six Bahaïs restants ayant reçu la convocation à la prison le 28 septembre ont également envoyé des lettres à la justice iranienne pour demander le report de leurs peines. De toute évidence, le risque de contracter le coronavirus en prison est très important. La source a identifié ces cinq personnes. Il s’agit de Nasrin Ghadiri, Ataollah Malaki, la fille d’Ataollah Malaki, Roya Malaki, Saeed Malaki et Atieh Salehi. En outre, elle a déclaré qu’elles attendaient une réponse à leurs lettres.

Il n’est pas clair si le membre restant du groupe, Farzaneh Dimi, a fait une demande similaire aux autorités iraniennes pour un report de sa peine.

Les autorités iraniennes n’ont pas donné de nouvelles des affaires des huit Bahaïs dans les médias officiels au cours du mois dernier.

L’épidémie du coronavirus en Iran, la pire au Moyen-Orient, a suscité des mois d’inquiétude internationale concernant le sort des prisonniers de conscience iraniens qui se trouvent dans des prisons infestées par le coronavirus.

Madame Bachelet vient à leur secours

Dans une déclaration du 6 octobre, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits humains, Michelle Bachelet, a déclaré que la surpopulation chronique du système carcéral iranien et les mauvaises conditions sanitaires se sont aggravées pendant la pandémie.

« Je demande la libération inconditionnelle des défenseurs des droits humains, des avocats, des prisonniers politiques, des manifestants pacifiques et de toutes les autres personnes privées de leur liberté pour avoir exprimé leurs opinions ou exercé leurs droits », a déclaré Mme Bachelet. « Il est particulièrement important de rectifier de telles injustices au moment où la COVID-19 circule dans les prisons iraniennes. »

Une histoire de répression qui se réinvente sans cesse

Dans un tweet du 14 octobre, Diane Alai, représentante de la communauté internationale bahaïe à l’ONU basée à Genève, a déclaré que l’Iran avait emprisonné quatre autres bahaïs dans la semaine qui a suivi l’appel de Mme Bachelet.

« Plus d’injustice pendant une pandémie abyssale de COVID-19 », a écrit Alai.

Les huit accusés bahaïs condamnés par la cour d’appel, le mois dernier, faisaient partie d’un groupe plus large de 18 bahaïs. Les agents de sécurité du régime ont pillé leurs maisons à Birjand. Ils ont confisqué leurs biens, en octobre 2017. Les raids ont coïncidé avec une fête religieuse observée par les bahaïs partout dans le monde.

Pendant une conférence de presse des journalistes, l’ambassadeur des États-Unis pour la liberté religieuse internationale, M. Sam Brownback, a déclaré qu’il était « particulièrement préoccupé » par le traitement que l’Iran réserve à ses prisonniers bahaïs.

Source : VOA