Publié le : 16th novembre 2020
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Les prisonniers en Iran

CSDHI – Le porte-parole du pouvoir judiciaire iranien, Gholam-Hossein Ismaili, a affirmé mardi 10 novembre avoir gracié 157 « condamnés pour des raisons de sécurité ». C’est le nom de code des ayatollahs pour désigner les prisonniers politiques. Pourtant malgré les actions désespérées des ayatollahs pour faire taire les dissidents avant l’anniversaire des manifestations nationales de 2019.

Une vraie amnistie ?

« Dans l’évolution de l’amnistie et des amnisties proposées, en particulier la récente amnistie, la base du travail des experts est d’examiner avec détails les affaires judiciaires, le suivi des actions et du comportement des condamnés pendant la peine. Cela se fait dans les commissions d’amnistie provinciales et centrales du pouvoir judiciaire. Des examens ont lieu. Un processus d’amnistie est mis en place pour s’assurer que les condamnés se sont repentis, ont des remords et se sont réhabilités. Parce que dans ces cas où un travail d’expert est effectué, nous constatons que les condamnés graciés commettent rarement un nouveau crime ou ne commettent pas de crime du tout », a déclaré Esmaili.

Un mensonge de plus

Bien sûr, comme toujours avec la théocratie au pouvoir en Iran, c’est un mensonge total. Les commentaires d’Esmaili sur le « travail d’expert » font en fait référence au traitement inhumain du gouvernement envers les prisonniers. Il s’agit notamment des personnes arrêtées lors des grandes manifestations de 2018 et 2019 en Iran.

Un récent compte-rendu d’Amnesty International détaille ces abus et tortures choquants. Il s’agit de Trampled Humanity. Ce document montre comment les agents du gouvernement maltraitent les manifestants arrêtés.

« Les agents utilisent la torture pour punir, intimider et humilier les détenus. Ils l’utilisent aussi de façon routinière pour obtenir des « aveux » et des déclarations incriminantes. Non seulement sur leur participation aux manifestations, mais aussi sur leurs associations présumées avec des groupes d’opposition, des défenseurs des droits humains, des médias en dehors de l’Iran, ainsi qu’avec des gouvernements étrangers », peut-on lire dans le compte-rendu.

Les types de tortures

Il énumère les horribles tortures suivantes :

  • le fait de mettre une cagoule ou de bander les yeux
  • forcés à adopter des positions de stress douloureuses pendant de longues périodes
  • battus avec des bâtons, des tuyaux en caoutchouc, des couteaux, des matraques et des câbles
  • coups de poing, de pied et de fouet
  • la privation de nourriture et d’eau
  • suspension au plafond
  • des mois d’isolement
  • la privation de soins médicaux

Le pouvoir judiciaire iranien parle de gracier quelques 150 prisonniers politiques. Mais il a exécuté deux manifestants pacifiques au cours des trois derniers mois – Navid Afkari et Mostafa Salehi – malgré les appels constants à sauver leur vie qui ont suscité l’attention de la communauté internationale.

1500 prisonniers exécutés

De plus, elle a exécuté plus de 1500 manifestants pacifiques. Où étaient leurs pardons ? Cela ne fait que souligner que la communauté internationale doit intervenir pour arrêter les exécutions et la torture. Elle doit obtenir la libération de tous les prisonniers politiques.

« Il faut évincer le régime clérical de l’ONU. Ses dirigeants doivent faire face à la justice pour leurs violations systématiques des droits humains, un crime contre l’humanité et le piétinement de la dignité humaine », a déclaré Maryam Rajavi, présidente élue de l’opposition iranienne.

Source : Iran Focus (site anglais)

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