Publié le : 20th novembre 2020
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La dissidente iranienne Shahla Jahanbin, transférée à la prison d’Evine de Téhéran le 14 novembre 2020

CSDHI – L’Iran a emprisonné une dissidente malade qui a signé une lettre en 2019, demandant la démission du Guide suprême, Ali Khamenei.

Les autorités ont rejeté son appel qui avait pour but de retarder le début de sa peine de 27 mois de prison afin qu’elle puisse être soignée pour des douleurs sévères, selon son mari.

Shahla Jahanbin espérait un report de sa peine

Abbas Vahedian Shahroudi, le mari de Shahla Jahanbin, a déclaré à VOA qu’elle s’était rendue à la prison d’Evine de Téhéran le samedi 14 novembre, en réponse à sa dernière convocation. Elle espérait alors obtenir un nouveau report du début de sa peine de prison pour des raisons médicales.

Jahanbin avait auparavant déclaré à VOA qu’elle avait reçu une première convocation pour commencer sa peine de 27 mois en mai. Elle avait convaincu les responsables de la prison de reporter l’incarcération de plusieurs mois afin qu’elle puisse subir une opération du dos nécessaire et avoir le temps de se rétablir. Elle a cependant déclaré qu’elle ne pouvait pas programmer l’opération plus tard à cause de la pandémie de la COVID-19. Cela la mettait en danger d’être arrêtée et emprisonnée à tout moment, à moins qu’elle ne bénéficie d’un autre délai.

Les pasdarans ordonnent son incarcération immédiate

Dans son interview à VOA, M. Vahedian a parlé des autorités iraniennes qui ont rencontré sa femme à son arrivée à Evine le 14 novembre. Elles lui ont dit qu’elle devait commencer à purger immédiatement sa peine de 27 mois de prison. En effet, la principale force militaire iranienne, les pasdarans, se sont opposés à tout nouveau retard dans son incarcération.

Vahedian a ensuite posté un tweet mercredi annonçant qu’il venait de parler à Jahanbin au téléphone, quelques minutes plus tôt. C’était leur premier contact depuis son arrestation samedi. Il a dit que sa femme lui avait dit qu’elle souffrait toujours de douleurs sévères à l’épaule et au dos.

VOA n’a pas pu vérifier de manière indépendante les circonstances de la détention de Jahanbin car il lui est interdit de faire des reportages depuis l’Iran.

14 signataires se prononcent en faveur de la démission du Guide suprême

Jahanbin faisait partie des 14 femmes iraniennes qui ont signé la lettre ouverte d’août 2019 demandant la démission du Guide suprême des mollahs, l’ayatollah Ali Khamenei. Les autorités l’ont d’abord arrêtée à cause de la lettre avant de la libérer sous caution en novembre 2019.

Les autorités iraniennes ont accusé les 14 signataires de la lettre de « diffusion de propagande contre le régime et de « rassemblement et conspiration contre la sécurité nationale. » Elles ont condamné Jahanbin à une dernière peine de prison de 27 mois pour son rôle dans la lettre.

Le mois dernier, Jahanbin a déclaré à VOA qu’elle ne regrettait pas la lettre. Et ce, malgré la perspective d’un emprisonnement imminent qui pourrait aggraver son arthrose. C’est une maladie dégénérative des articulations qui affecte à la fois son cou et ses épaules. Elle risquait également d’être exposée au coronavirus dans un système carcéral iranien critiqué par les militants des droits humains internationaux pour son insalubrité et sa surpopulation.

Source : VOA