Publié le : 23rd novembre 2020
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Discrimination des pauvres en Iran

CSDHI – Une femme s’est immolée par le feu à Bandar Abbas, capitale de la province d’Hormozgan, dans le sud de l’Iran. Cet acte terrible a suscité l’indignation générale dans tout le pays.

Auto-immolation scandaleuse sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont diffusé les images de ce suicide cruel et inhumain, le 19 novembre. On peut entendre une jeune fille crier et on voit une femme qui tente d’empêcher les agents de démolir sa maison.

Tayyebeh, 35 ans, est la mère de trois enfants. Sa belle-sœur, Zahra Hassanzadeh, et son fils de 7 ans, vivaient avec eux dans une petite pièce construite sur l’avenue Sarallah à Bandar Abbas.

Le jeudi 19 novembre, des agents de la municipalité de Bandar Abbas se sont rendus chez elles sans préavis et sans mandat du tribunal.

Elle vivait dans une extrême pauvreté avec ses enfants

La petite pièce construite par les deux femmes était brinquebalante que les agents auraient pu la détruire, d’une simple poussée sur les murs.

Les deux femmes chefs de famille n’avaient pas d’autre endroit où vivre. Elles avaient construit cette maison délabrée pour abriter leurs enfants.

Les agents du régime ont démoli la maison qui abritait sa famille

Lorsque les agents ont démoli leur maison, Zahra a commencé à crier sur les agents et à les supplier de ne pas démolir leur maison. La fille de Tayyebeh a pleuré. Elle aussi les a suppliés de ne pas détruire leur seul abri. Mais les agents ne les ont pas écoutées.

C’est alors que Tayyebeh s’est aspergée de kérosène et s’est immolée par le feu. Elle a survécu mais elle souffre de brûlures importantes. Elle est actuellement soignée dans un hôpital.

Sa belle-sœur Zahra, sans abri, doit maintenant s’occuper de son propre enfant et des trois enfants de Tayyebeh.

Soudain, elle s’était immolée par le feu

Le site officiel hamshahrionline.ir cite les propos d’Esmail Movahhedi Nejad, adjoint aux services civils de la municipalité de Bandar Abbas : « Pendant la destruction de la maison, elle s’est soudainement immolée… Son corps est brûlé à 17 % de brûlures, principalement au bras gauche. »

Abbas Aminzadeh, le maire de Bandar Abbas, a déclaré que « le terrain avait été envahi. Et, selon la loi, elle devait être détruite » (Agence de presse ILNA – 19 novembre 2020)

Ce dernier incident jette une lumière supplémentaire sur le traitement discriminatoire des pauvres en Iran par les responsables du régime.

La sanglante répression du régime tue les Iraniens

Dans un autre cas, en mai, une mère de sept enfants qui protestait contre la démolition de sa maison est morte d’une crise cardiaque. Les forces de sécurité l’ont aspergé de gaz poivré à Kermanshah, dans l’ouest de l’Iran. Asieh Panahi avait 55 ans. Elle tentait de protéger sa maison nouvellement construite.

Ces dernières semaines, les forces du régime clérical ont également détruit les maisons des habitants du village de Zardoui à Paveh (province de Kermanshah), du district de Golshahr à Chabahar (province du Sistan-Baloutchistan), du village de Hajiabad à Hormozgan, et du village d’Ismailabad à Mashhad (province de Khorassan e-Razavi). En plus de raser les maisons, ils ont attaqué et brutalisé des femmes et des jeunes.

En août, les habitants ont tenté d’empêcher la démolition de leurs maisons dans le village d’Abolfazl, près d’Ahwaz, dans le sud-ouest de l’Iran.Les agents du régime les ont attaqués avec des gaz lacrymogènes et des fusils à plomb.

Source : Iran HRM