Publié le : 6th janvier 2021
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Les ravages de la pauvreté en Iran

CSDHI – Cinquante-huit pour cent de la société iranienne, y compris les travailleurs et leurs familles, luttent pour rester en vie. C’est ce qu’a estimé le président du Comité des salaires du Conseil suprême du travail, Faramarz Toufighi.

Flambée des prix des biens de première nécessité

Le 30 décembre 2020, dans une interview accordée à l’agence de presse Tasnim, affiliée à la Force Qods des pasdarans, Toufighi a souligné la flambée des prix des biens de première nécessité. « Actuellement, la population des travailleurs et des membres de leur famille s’élève à plus de 49 millions de personnes. Cela représente environ 58 % de la société iranienne. En ce qui concerne les prix élevés, avec un revenu maximum de 30.000 millions de rials [97 €], cette couche de la population lutte pour rester en vie. Pas seulement pour joindre les deux bouts », a-t-il déclaré.

Les riches narguent les pauvres

Dans ses remarques, le président du Comité des salaires a expliqué qu’avoir un petit appartement et une voiture est devenu le rêve des travailleurs. « Dans ces circonstances, pendant que les travailleurs espèrent le minimum, il y a des gens riches qui investissent avec des sommes massives et jouissent d’un style de vie luxueux », a ajouté M. Toufighi.

C’est le revers de l’écart existant entre les classes sociales en Iran. Tandis que les autorités, leurs enfants et leurs proches jouissent d’un mode de vie aristocratique, de nombreux citoyens ne peuvent joindre les deux bouts malgré leur travail acharné jour et nuit.

Plus tôt, Majid Farahani, président du Conseil municipal de Téhéran, a reconnu que « aujourd’hui, nous avons sept déciles pauvres, et seulement trois déciles de la société sont au-dessus du seuil de pauvreté. Nous n’avions jamais connu un tel statu quo », selon Tasnim le 14 décembre 2020.

Dix millions de travailleurs n’ont pas de salaires

Notamment, environ dix millions de travailleurs clandestins en Iran ne reçoivent pas de salaire minimum, selon un membre du Conseil suprême du travail Ali Aslani. Par conséquent, les travailleurs iraniens n’ont aucune part des biens nationaux du pays, y compris les revenus du pétrole. Au lieu de cela, le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, les milices chiites irakiennes, les Houthis yéménites et d’autres groupes extrémistes se remplissent les poches avec les richesses des Iraniens appauvris.

« Il y a des travailleurs dont les droits ne sont contrôlés par personne. Ils reçoivent encore moins que le salaire minimum. Certains d’entre eux reçoivent 7 ou 8 millions de rials [22 à 26 €] par mois », a déclaré le 2 janvier l’agence de presse semi-officielle ISNA, citée par Aslani.

D’autre part, de nouveaux chômeurs s’ajoutent aux chiffres officiels du pays. Cela est dû à la mauvaise gestion du gouvernement et du gaspillage des ressources nationales pour des projets irresponsables. La politique désordonnée des autorités a même suscité des critiques de la part de personnes liées au gouvernement.

« Les autorités pourraient-elles réellement vivre avec les salaires des travailleurs ? » a interrogé M. Toufighi, ajoutant : « Au cours des neuf derniers mois, le prix du panier de produits a augmenté d’environ 200 %. Sur une période de deux ans, les dépenses de logement, tant en prix qu’en loyers, ont quintuplé » a-t-il ajouté.

Un pouvoir d’achat insignifiant

Les observateurs estiment qu’étant donné l’inflation débridée, le pouvoir d’achat des travailleurs est trop insignifiant malgré l’augmentation des salaires. Ils ont rapporté que les familles de travailleurs avaient perdu leur pouvoir d’achat de 100 %.

Le représentant des travailleurs au Conseil suprême du travail Nasser Chamani a blâmé l’échec du gouvernement à clarifier un salaire suffisant pour les travailleurs. Dans ce contexte, alors que le pouvoir d’achat des travailleurs a baissé de 100%, le gouvernement doit probablement augmenter leur salaire minimum.

En d’autres termes, le gouvernement, en tant que grand employeur, doit définir un salaire équitable pour les travailleurs, qui ont nié l’avoir exécuté jusqu’à maintenant. « Ce retard – en ce qui concerne le taux d’inflation et le salaire minimum des travailleurs – doit être compensé pour améliorer la situation de vie des travailleurs », a déclaré M. Chamani.

Source : Iran Focus (site anglais)