Publié le : 6th janvier 2021

patriot postThe Patriot Post – Début 2021, un tribunal suédois poursuivra Hamid Noury, un ancien tortionnaire de la tristement célèbre prison de Gohardasht à Téhéran, en Iran.

Un signe optimiste que 2021 sera une meilleure année que 2020 est peut-être le fait que le processus visant à demander des comptes à l’un des régimes autoritaires les plus brutaux du monde va enfin commencer.

Au début de 2021, un tribunal suédois poursuivra Hamid Noury, un ancien tortionnaire de la tristement célèbre prison de Gohardasht, près de Téhéran. Il est accusé d’avoir commis des crimes contre l’humanité à la fin des années 1980, qui ont entraîné le massacre d’au moins 30 000 prisonniers politiques.

Nour a été arrêté en Suède en novembre 2019 alors qu’il était en visite dans le pays.

L’affaire est historique et sans précédent. En effet, Noury est le premier responsable du régime iranien à subir des conséquences juridiques pour son implication dans ce qu’on a appelé le « pire crime de la République islamique » – le massacre de 1988.

L’écrasante majorité des victimes étaient des membres du principal groupe d’opposition, les Moudjahidines du peuple (MEK). Il s’agit d’une organisation qui lutte pour l’instauration de la démocratie en Iran depuis les années 1960. Le fait de continuer à exprimer son soutien au MEK en prison était considéré comme un motif suffisant pour une exécution. Les verdicts étaient rendus dans des tribunaux bidons en quelques minutes. Après ces horribles exécutions massives, les mollahs ont enterré des groupes de victimes à la hâte dans des fosses communes secrètes.

Comme les condamnations à mort ont été prononcées en grand nombre pendant quelques mois, Noury aurait été chargé de conduire les prisonniers à la potence, et d’en exécuter certains personnellement.

Dans un rapport qui fera date en 2018, Amnesty International a souligné pourquoi, trois décennies plus tard, les mollahs ont fait tout leur possible pour empêcher toute enquête internationale sur ce crime contre l’humanité.

Noury semble être un excellent exemple de la tendance du régime à récompenser les plus impitoyables de ses agents. Selon certains témoignages, le fondateur du régime, Khomeini l’a personnellement promu, après avoir démontré ses prouesses de tortionnaire et d’interrogateur au début de sa carrière. Cette promotion a placé Noury en relation directe avec les « commissions de mort » créées pour massacrer les prisonniers politiques sur la base de la fatwa (édit religieux) de Khomeini.

Après l’arrestation de Noury en Suède, plusieurs anciens prisonniers politiques, incarcérés pour leur activisme pour le MEK et qui ont miraculeusement survécu au massacre, ont témoigné en personne ou par vidéoconférence devant les autorités judiciaires suédoises de janvier à décembre 2020. Beaucoup avaient été personnellement témoins du rôle de Noury dans les tortures, les exécutions et la répression des prisonniers politiques.

On ne peut pas surestimer l’importance de condamner ce bourreau impitoyable et d’apporter ainsi un semblant de justice aux membres des familles des victimes qui ont fait pression pour que les responsables rendent des comptes au cours de ces trois décennies.

La justice resterait douloureusement incomplète si la condamnation de Noury ne conduisait pas à un modèle de responsabilité beaucoup plus large. Celle-ci s’étend à ceux qui ont joué un rôle similaire dans d’autres prisons. Le massacre de 1988 et la punition de quiconque ose s’enquérir ou en parler ont défini le régime au cours des trois dernières décennies.

De nombreux hauts responsables doivent leur position à leur implication dans le massacre. Le chef du pouvoir judiciaire, Ebrahim Raisi, était l’un des surveillants de Noury à Téhéran. L’actuel ministre de la justice était impliqué dans le massacre de 1988 dans la province du Khouzistan, au sud-ouest du pays.

Pourtant, personne n’a cherché à mettre en accusation ou à appréhender les auteurs de ce massacre.

Le Guide suprême Ali Khamenei et le président Hassan Rouhani devraient être poursuivis devant la Cour pénale internationale. Les défenseurs des droits humains du monde entier pourraient travailler ensemble pour faire en sorte que tout fonctionnaire concerné qui quitte la protection des frontières de l’Iran soit effectivement confronté à ces poursuites.

Mais malgré la sauvagerie inimaginable des ayatollahs et la politique d’apaisement et de silence de l’Occident à son égard, les défenseurs des droits humains, les familles des victimes et le MEK ont poursuivi sans relâche la justice. Et maintenant, le vent commence à tourner. Martin Luther King avait raison : « L’arc de l’univers moral est long, mais il penche vers la justice. »

Fin 2020, une lettre de sept grands experts des droits humains des Nations unies a été publiée, qui mettait rarement l’accent sur l’histoire non résolue du massacre de 1988.

Les experts de l’ONU ont reconnu le rôle de la complaisance internationale dans la création d’une situation d’impunité pour les assassins du régime. Ils ont déclaré que « l’inaction des organes [de l’ONU] a eu un impact dévastateur sur les survivants et les familles ainsi que sur la situation générale des droits humains en Iran et a encouragé l’Iran à … maintenir une stratégie de déviation et de déni qui se poursuit à ce jour. »

Cet impact persiste encore, mais il n’est pas forcément permanent. Et bien que les organismes internationaux n’aient pas encore agi, la Suède est prête à lancer le mouvement vers une véritable responsabilisation. Une autre raison d’être optimiste pour 2021.