Publié le : 7th janvier 2021
Seyyed-Nasser-Mousavi-Laregani

Seyyed-Nasser-Mousavi-Laregani

CSDHI – Un député iranien de haut rang a déclaré que des peines d’amputation des doigts devraient être prononcées pour les « petits voleurs » afin de contrôler la criminalité.

Les vols sont en augmentation en Iran

Il a souligné que qu’il y avait une recrudescence des vols à cause de l’inflation et du chômage en Iran.

« Malheureusement, nous assistons à une augmentation des vols et des petits larcins en raison de la forte inflation dans le pays et de l’augmentation du chômage », a déclaré Seyyed Nasser Mousavi Laregani au Parlement hier.

Le membre du conseil d’administration du Parlement a critiqué « l’arrogance globale ». C’est une expression que le régime utilise pour désigner les Etats-Unis. En effet, ils ont remis en question l’« application des décrets islamiques », qui « impose des limites aux magistrats » pour imposer des peines d’amputation.

Le député, ancien pasdaran encourage les peines d’amputation

« Cependant, le régime doit appliquer des peines d’amputation de la main pour les voleurs afin d’empêcher les actes de malveillance », a ajouté l’ancien pasdaran.

L’absence d’action décisive contre les voleurs est une autre raison de l’augmentation de ce crime dans la société. En fait, les forces du régime arrêtent les voleurs. Cependant, les autorités ne prennent pas les mesures nécessaires contre ces criminels », a souligné M. Laregani.

Les responsables iraniens sont impliqués dans d’énormes affaires connues de détournement de fonds et de corruption. Pourtant l’Iran continue de prononcer des peines brutales à l’encontre de petits voleurs.

Selon un compte-rendu de mai 2019, 23 prisonniers condamnés pour vol languissaient dans la prison du Grand Téhéran, à Fashafuyeh, en attente d’une amputation des doigts.

Des prisonniers languissent en prison attendant leur amputation

D’autres informations montrent que le régime a condamné au moins huit personnes à une amputation de la main en 2019. Et les autorités ont condamné au moins six autres à une amputation en 2020.

En octobre 2019, les médias officiels ont rapporté l’amputation de la main un homme, dans une prison de la province de Mazandaran, dans le nord du pays, pour vol.

Selon l’agence de presse, l’homme avait « avoué » avoir commis 28 vols dans des maisons de trois villes. Les agents du régime ont amputé la main de l’homme non identifié. L’acte de torture a eu lieu dans la prison de Sari en présence des représentants de la justice. Le régime est connu pour son utilisation de la torture afin de forcer des prisonniers à avouer.

En 2020, le chef de la police du renseignement du Grand Téhéran a déclaré que les délits avaient augmenté en raison des problèmes économiques de l’Iran. Plus de 50 % des personnes arrêtées pour vol au cours des trois derniers mois étaient des « délinquants primaires. »

Des peines d’amputation insuffisantes selon le procureur de Téhéran

En 2019, le procureur général de l’Iran a critiqué le « faible nombre » de peines d’amputation de la main en Iran à cause des condamnations des droits humains. Il estime que c’est « malheureux ».

Dans des commentaires diffusés par l’agence de presse Fars, Mohammad Jafar Montazeri a déclaré qu’on devrait amputer les mains des voleurs. Mais « malheureusement, pour ne pas être condamnés sur les questions de droits humains aux Nations Unies, nous avons abandonné certaines lois divines. »

« Une des erreurs que nous faisons est que nous avons peur des droits humains (propagande). Nous craignons aussi qu’ils disent que nous traitons les voleurs avec violence ». C’est ce qu’il a ajouté lors d’une réunion avec les commandants de police le 16 janvier 2019.

Amnesty International s’attaque aux peines d’amputations en Iran

Selon Amnesty International, les autorités iraniennes ont toujours défendu l’amputation comme le meilleur moyen de dissuader les voleurs. Et elles regrettent de ne pas pouvoir les pratiquer en public et à grande échelle sans une condamnation internationale.

Dans une déclaration choquante devant le Conseil des droits humains des Nations unies en octobre 2010, Mohammad Javad Larijani, le chef du Conseil iranien des droits humains, a nié que de telles peines équivalent à de la torture. Il a affirmé qu’elles sont « culturellement et religieusement justifiées. »

Source : Iran News Wire