Publié le : 11th février 2021

CPJ

CSDHI – Les autorités iraniennes doivent libérer le journaliste Reza Taleshian Jelodarzadeh et cesser d’arrêter les membres de la presse. C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui le Comité pour la protection des journalistes.

Arrestation du journaliste Reza Taleshian Jelodarzadeh

M. Jelodarzadeh est le rédacteur en chef du magazine Nour-e Azadi, basé à Téhéran. Le 20 janvier,  il a écrit sur son compte Instagram que les autorités iraniennes l’ont arrêté. Elles l’ont transféré à la prison du Grand Téhéran. Il a également publié une photo de ses pieds enchaînés. Le CPJ n’est pas en mesure de déterminer sa localisation au moment de son arrestation.

Selon l’Agence de presse des militants des droits humains en exil (HRANA) et la radio Zamaneh, basée à Amsterdam et diffusée en persan, les autorités ont placé en détention Jelodarzadeh afin de purger une peine de trois ans de prison allant jusqu’en juin 2019. Il est accusé de « trouble de l’opinion publique » et « diffusion de propagande contre le régime », en partie en relation avec des messages sur Instagram et Telegram. Selon HRANA, les autorités l’ont emprisonné immédiatement après sa condamnation. Celle-ci comprenait également une interdiction de deux ans d’activité politique, sociale et journalistique.

Accusé de trouble à l’ordre publique et diffusion de propagande contre le régime

Jelodarzadeh était auparavant le rédacteur en chef du magazine Sobh-e Azadi. Il couvrait la politique, l’économie et les questions sociales et culturelles, avant que celui-ci ne soit interdit en 2011 pour la publication d’une photo de l’ancien président iranien Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, qui avait une relation tendue avec le régime, selon le journal Peykeiran, dirigé par des exilés. Le magazine est relancé en 2017 sous le nom de Nour-e Azadi avec Jelodarzadeh comme rédacteur en chef, selon la Fédération internationale des journalistes.

« Les autorités iraniennes doivent libérer Reza Taleshian Jelodarzadeh immédiatement et sans condition », a déclaré le coordinateur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord du CPJ, Sherif Mansour. « Le fait que l’Iran continue d’emprisonner des journalistes sur la base de vagues accusations est une forme de censure scandaleuse qui doit cesser. »

Mahmoud Mahmoudi est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Aigrin Roj, qui s’adresse aux Kurdes. Au cours d’un autre incident, les forces de sécurité l’ont arrêté, à son domicile de Sanandaj, la capitale de la province du Kurdistan, dans l’ouest de l’Iran. Elles l’ont transféré dans un lieu tenu secret, selon le Centre pour la démocratie et les droits de l’homme au Kurdistan, géré par des exilés, et HRANA. Les deux organismes ont publié des dates d’arrestation différentes. Le premier a déclaré qu’il s’agissait du 31 janvier. Le second a déclaré qu’il s’agissait du 30 janvier.

Le régime a accusé Mahmoudi d’avoir eu des contacts avec des chaînes anti-régime, rapporte HRANA. Après son arrestation, on ne l’a pas autorisé à contacter sa famille ni à se faire représenter par un avocat. Ce sont les informations fournies par les médias spécialisés dans les droits de l’homme. La justice l’a libéré sous caution le 4 février, ont indiqué HRANA et IranWire, une organisation basée en exil.

Un journaliste qui dénonce la vague d’arrestations  des militants civils

Mahmoudi est l’un des signataires d’une lettre publiée fin janvier dans le journal d’information Akhbar Rooz. Ce dernier proteste contre la récente vague d’arrestations des militants civils, étudiants et écologistes dans la province iranienne du Kurdistan. Le CPJ a déjà fait état de journalistes harcelés par les autorités iraniennes en 2019. C’était après avoir signé une lettre publique condamnant la répression du régime des mollahs contre les manifestants politiques.

Le CPJ a envoyé un courriel à Alireza Miryousefi, le chef du bureau des médias à la Mission de l’Iran auprès des Nations Unies, pour qu’il commente les cas de Mahmoudi et Jelodarzadeh. Cependant, mais il n’a reçu aucune réponse.

Le CPJ n’est en mesure de trouver les coordonnées des journalistes ni des membres de leur famille.

Source : Committee to Protect Journalists