Publié le : 16th février 2021
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Zahra Mohammadi

CSDHI – Une cour d’appel a condamné la militante de la société civile kurde, Zahra Mohammadi, à cinq ans de prison.

La cour d’appel s’est tenue en octobre 2020 sous la présidence de Mostafa Tayari. La justice lui a officiellement signifié le verdict, ces derniers jours.

Zahra Mohmmmadi est la directrice de l’Association culturelle de Nojin. Ses activités comprennent l’enseignement de la langue et de la littérature kurdes et d’autres activités de la société civile. Elle enseigne bénévolement le kurde dans les villages de Sanandaj depuis 10 ans.

Elle enseigne la langue kurde et elle est condamnée pour ça

Les forces du régime l’ont arrêtée le 23 mai 2019 pour ses activités pacifiques visant à donner du pouvoir aux membres de la communauté kurde marginalisée d’Iran, notamment par l’enseignement de la langue kurde.

Le Département du renseignement de Sanandaj a fait une descente chez elle. Il l’a transférée à la prison de Sanandaj. Les autorités ont informé sa famille de son sort après huit jours d’interrogatoire intensif pour qu’elle fasse des aveux forcés contre elle-même.

Mme Mohammadi est maintenue en détention au secret et soumise à des interrogatoires pendant plus de deux mois sans avoir accès à un avocat.

Torturée par le ministère du renseignement

Elle a subi une pression accrue en se voyant refuser tout contact avec sa famille. Les agents du régime voulaient qu’elle signe des documents et accepte de travailler pour le ministère du renseignement.

La justice a condamné l’activiste kurde à 10 ans de prison en juillet 2020. Le tribunal révolutionnaire de Sanandaj a rendu son verdict, puis le communique à son mari par SMS le 12 juillet 2020.

Le 21 juillet 2020, des activistes des médias sociaux ont organisé une tempête de Tweet pour protester contre sa condamnation à 10 ans de prison.

Avant son arrestation le 23 mai 2019, le ministère du renseignement a soumis Zahra Mohammadi à plusieurs longs interrogatoires. Le dernier a eu lieu le 8 mars 2019, durant lequel on l’a interrogée pendant huit heures sans la présence d’un avocat.

Répression des minorités ethniques

Les minorités ethniques en Iran sont victimes de discrimination dans l’accès à l’éducation, à l’emploi et à un logement adéquat. Il s’agit notamment les Arabes ahwazis, les Turcs azerbaïdjanais, les Baloutches, les Kurdes et les Turkmènes. La négligence économique persistante des régions où vivent d’importantes populations minoritaires a exacerbé la pauvreté et la marginalisation. La langue persane est le seul moyen d’instruction dans l’enseignement primaire et secondaire en Iran.

Source : Iran HRM