Publié le : 21st février 2021

langue maternelle

CSDHI – En 1999, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a déclaré le 21 février, Journée internationale de la langue maternelle.

La même année, lors de la 30ème session de l’UNESCO, le régime iranien a voté en faveur de la désignation de cette journée.

En dehors du persan, les habitants des différentes régions d’Iran parlent l’azéri, le kurde, l’arabe, le turkmène, le gilaki, le mazandarani, le taleshi, le lori, le baloutchi, le laki et le tati.

Selon l’article 15 de la Constitution iranienne, la langue et l’écriture officielles et communes du peuple iranien sont le persan

L’article 15 de la Constitution stipule que « Le persan est la langue et l’écriture officielles et communes du peuple iranien. Les documents, la correspondance, les textes officiels et les manuels scolaires doivent tous être rédigés dans cette langue et cette écriture. Toutefois, l’utilisation des langues régionales et ethniques dans la presse, les médias et l’enseignement de leur littérature à l’école, parallèlement à la langue persane, est librement autorisée. »

L’article n’est cependant pas respecté.

Le régime iranien restreint les activités culturelles et politiques des minorités ethniques azérie, kurde, arabe et baloutche du pays.

Les autorités ont arrêté plusieurs militants pour avoir participé à des rassemblements culturels pacifiques.

Obstacles à l’apprentissage de la langue maternelle en Iran

En raison des politiques discriminatoires du gouvernement, les enfants des minorités ethniques n’ont pas le droit d’apprendre leur langue maternelle.

L’article 15 de la Constitution mentionne que l’enseignement des langues et littératures ethniques au niveau scolaire est gratuit. Mais malgré l’importance de la langue et de la culture dans la communauté internationale, aucune action efficace n’est prise pour enseigner les langues et littératures ethniques dans les écoles du pays.

L’année dernière, les autorités judiciaires du régime ont fermé les bureaux de « Tak Takhtar » et « Andisheh No », tous deux éditeurs de livres en turc à Téhéran.

Ces dernières années, le régime a arrêté certains enseignants qui enseignent leur langue maternelle à des enfants. Ses agents les ont torturés. Et le régime les a condamnés à de longues peines de prison.

La justice a accusé Zahra Mohammadi, 30 ans, militante kurde de la société civile, d’atteinte à la sécurité nationale pour ses activités pacifiques visant à donner du pouvoir aux membres de la communauté kurde marginalisée d’Iran, notamment par l’enseignement de la langue kurde.

Pendant sa détention, des agents du renseignement lui ont fait signer de faux aveux contre elle-même. Ils l’ont menacé d’arrêter les membres de sa famille. Mme Mohammadi n’a pas eu accès à son avocat avant la fin de ses interrogatoires.

Zahra Mohmmmadi est la directrice de l’Association culturelle de Nojin. Ses activités comprennent l’enseignement de la langue et de la littérature kurdes et d’autres activités de la société civile.

Les minorités ethniques contraintes de donner des noms persans à leurs enfants

Le bureau d’enregistrement iranien agit sur la base d’un livre préparé par le régime. Les parents des groupes ethniques minoritaires doivent choisir le nom de leurs enfants, dans ce livre.

Les restrictions imposées dans le livre privent de nombreux citoyens de nommer leurs enfants en fonction de leur identité religieuse, ethnique ou culturelle.

Dans plusieurs cas, on a rapporté que le bureau de l’état civil a refusé de délivrer un certificat de naissance pour les nouveau-nés sous prétexte que le nom n’est pas persan.

Des noms tels que « Anar », « Seogi », « Ayeel », « Aisha », « Hontai », « Atakan » et « Yagish » sont contestés par le bureau de l’état civil. Les autorités ont informé les parents qu’ils devaient choisir d’autres noms qui sont approuvés par trois professeurs de langue persane.

Or l’article 7 de la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant stipule : « L’enfant est enregistré immédiatement après sa naissance. Il a droit, dès cette naissance, à un nom, le droit d’acquérir une nationalité. Et dans la mesure du possible, il a le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. »

Répression des militants des droits des minorités ethniques

Coïncidant avec la Journée mondiale de la langue maternelle en Iran, de nombreux militants des droits des minorités ethniques ont critiqué les politiques discriminatoires du régime concernant l’utilisation de la langue maternelle en Iran.

Les activités de défense des minorités comprennent la distribution de manuels scolaires dans la langue maternelle aux écoliers. Il y a aussi la signature de pétitions pour présenter la langue et la littérature des minorités à l’université. Enfin, il y a la publication et la distribution de brochures dans toute la ville.

Ces activités pacifiques sont cependant accueillies par des arrestations et de lourdes peines de prison.

Behnam Sheikhi, Hamid Manafi, Alireza Farshi et Akbar Azad font partie des militants arrêtés pour avoir participé à la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle. Ils se trouvent actuellement dans la tristement célèbre prison d’Evine.

Les agents iraniens ont arrêté Kianoosh Aslani et Tohid Amiramini pendant les activités de rue de la Journée internationale de la langue maternelle à Téhéran. La justice les a condamnés à un total de 12 ans et six mois de prison. Les charges retenues sont « conspiration visant à perturber la sécurité nationale » et « activités de propagande contre le régime. »

Source : Iran HRM