Publié le : 27th avril 2021

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CSDHI – Nous soussignées, associations des femmes iraniennes et des droits de l’homme en Europe, considérons l’élection de la République islamique d’Iran en tant que membre de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations Unies un événement scandaleux et une insulte directe envers les femmes iraniennes, qui sont les principales victimes de ce régime dictatorial depuis plus de quatre décennies.

Les Iraniennes sont traitées dans leur propre pays en sous-citoyens. Elles heurtent dès la petite enfance à une misogynie outrancière légalisée dans la Constitution et les codes civil et pénal. Ces lois hostiles aux femmes ont enraciné une discrimination « légale » dans la vie publique et privée, notamment concernant l’accès aux fonctions politiques et juridiques, l’emploi, la succession, le mariage, le divorce, la garde des enfants…

Privées de leurs droits fondamentaux, elles restent sans aucune protection face au mariage forcé et grossesse précoce, à la polygamie, à la violence domestique,…

Elles doivent porter le voile obligatoire, ne doivent pas chanter ou faire du sport en public et entrer dans les stades, elles ne peuvent voyager qu’avec le consentement du père ou du mari,…

Nous estimons que ce régime théocratique qui a institutionnalisé la discrimination sexuelle et les violences qui en découlent à l’égard des femmes dans la société iranienne, renvoyant toujours les critiques à sa propre conception idéologique des droits humains, ne doit pas siéger dans la haute instance onusienne dédiée exclusivement à  » la promotion de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ».

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a reconnu dans son rapport publié en août dernier (A/75/287), « une discrimination persistante à l’égard des femmes et des filles  » en Iran.

Celles et ceux qui croient que l’élection de l’Etat iranien à la CSW peut atténuer son mépris envers les femmes, se trompent. Aucun projet de loi pour promouvoir substantiellement la situation des Iraniennes n’a été envisagé par ce régime en dépit de nombreuses résolutions de l’ONU et d’autres instances internationales, le Parlement Européen, par exemple, adoptées en ce sens au cours des quatre décennies écoulées. Au contraire, on assiste ces derniers temps, à la multiplication de règles et de décisions officielles qui aggravent la condition féminine dans ce pays de 83 millions d’habitants.

Dans son dernier rapport (A /HRC/46/50), le rapporteur spécial sur les droits de l’homme en Iran, Javid Rehman, se dit profondément inquiet « que les valeurs patriarcales et les comportements misogynes imprègnent de nombreux aspects de la vie familiale en Iran« , et regrette« que le gouvernement iranien n’ait pas accepté 14 recommandations de l’ONU concernant la ratification de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes« .

Ainsi nous appelons solennellement tous les gouvernements, institutions, associations, organisations de défense des droits humains et la communauté internationale dans son ensemble à condamner fermement et sans réserve l’élection honteuse de l’Etat iranien à la CSW, l’acte qui entache inutilement la réputation de cette haute instance et met en doute durablement son fonctionnement.

Nous demandons à l’ONU d’examiner de près le bilan des pays candidats sur les droits des femmes lors des prochaines élections des membres de la CSW.

Vous pouvez apporter votre soutien en signant cet appel et le faire parvenir aux :

[email protected]  ou  [email protected]

Association des femmes iraniennes en France (AFIF), Iranian women’s society in Sweden, Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran (France), Associazione delle Donne Democratiche Iraniane in Italia (ADDI), Youth for a free Iran (Suède), Die Frauenvereinigung für einen freien demokratischen Iran in Osterreich, Association Humanitaire pour les droits de l’homme et la démocratie en Iran (Luxembourg), Iranska Kvinnoföreningen i Göteborg (Suède), Associazione Medici e Farmacisti Democratici Iraniani in Italia, Associazione italiana per i diritti umani in Iran, Iranska Kultur Föreningen i Södra Sverige, Association des Jeunes (Luxembourg), Association des Franco-Iraniens du Rhône pour la Démocratie et laïcité, Association des Femmes pour la liberté en Iran (France), Föreningar för ett Fritt Iran, Förbundet för Förändring i Iran, Association des Jeunes d’Iran libre (France), Akademikers förening i Södra Sverige (Suède), Association des Réfugiés Politiques pour les Droits de l’Homme (France)