Publié le : 3rd mai 2021

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CSDHI – Des travailleurs des chemins de fer de la province du nord du Mazandaran se sont rassemblés devant la Direction générale des chemins de fer pour protester contre le statut de leur emploi.

Malgré les célébrations et les rassemblements des travailleurs du monde entier le 1er mai, les travailleurs iraniens ne célébreront pas la fête du travail. Quarante-deux ans après la révolution qui a déposé les monarchistes et amené les religieux au pouvoir, les travailleurs iraniens n’ont jamais été aussi démunis. Et, bien sûr, ils n’ont jamais été aussi en colère.

Voici pourquoi : Le seuil de pauvreté pour chaque famille en Iran est estimé à plus de 10 millions de tomans (environ 350 €). Pourtant, la plupart des travailleurs iraniens vivent avec moins de 3 millions de tomans. De ce fait, plus de 80 % des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté. Ils parvienent à peine à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

En conséquence, plus de 35 millions de personnes qui ne peuvent pas se permettre le coût élevé du logement dans les grandes villes sont obligées de vivre à la périphérie des villes dans des bidonvilles. En outre, des millions de travailleurs iraniens ne peuvent plus manger de la viande et des fruits.

Les autorités iraniennes estiment le taux de chômage des travailleurs à environ 23,5 %, soit environ un quart de la population active. Mais comme toutes les statistiques annoncées par le régime, les chiffres réels sont bien plus élevés. La corruption généralisée et institutionnalisée du gouvernement a également entraîné la fermeture de nombreuses usines, laissant des millions de travailleurs sans emploi.

Des dizaines d’usines célèbres et de grande taille, telles que l’usine de sucre de Varamin, l’usine Pars Chrome Khazar, le complexe de métallurgie des poudres d’Iran – le seul producteur de poudre de fer en Iran et au Moyen-Orient – et plusieurs usines textiles ont toutes été fermées, laissant leurs travailleurs sans emploi.

La corruption généralisée du gouvernement et les politiques qui violent les droits des travailleurs ont permis aux propriétaires d’industries et aux employeurs d’embaucher de nombreux travailleurs temporaires. Ces derniers ne bénéficient pas d’assurance et de prestations médicales. Ces travailleurs ne sont généralement pas payés à temps. De surcroît, ils sont licenciés lorsqu’ils réclament leurs salaires impayés.

En conséquence, les enfants des travailleurs sont contraints d’abandonner l’école et de travailler dans la rue pour aider leur famille. Le nombre exact d’enfants travailleurs en Iran ne soit pas connu. Toutefois, on estime qu’entre 3 et 7 millions d’enfants travaillent dans les rues et les ateliers du pays.

La plupart de ces enfants travaillent comme vendeurs de rue, éboueurs et ouvriers dans des fours à briques. Ils effectuent des travaux pénibles. Ces enfants sont exploités et maltraités et sont privés de leur enfance.

La pandémie de la COVID-19 et la négligence flagrante du régime, associée à l’interdiction des vaccins fabriqués aux États-Unis et au Royaume-Uni par le Guide suprême du régime, ont aggravé la situation critique des travailleurs iraniens.

Le gouvernement iranien n’a pas fourni et ne fournit toujours pas d’aide financière aux travailleurs. Il les obligent à aller travailler malgré le virus mortel et le risque d’infection. De nombreux travailleurs sont décédés des suites de la COVID-19, laissant leurs familles sans leur soutien financier.

Face à ces conditions épouvantables, les travailleurs iraniens organisent quotidiennement des manifestations de rue pour réclamer leurs droits. Pourtant, ils sont soit battus, soit arrêtés et même fouettés pour avoir voulu vivre dans la dignité.

Le régime sait que la principale menace pour son existence est la colère des travailleurs iraniens et du peuple en général. Beaucoup pensent que le régime et son guide suprême Ali Khamenei ont profité de la pandémie pour étouffer les protestations. Cependant, de nombreux Iraniens disent que les conditions sont si sombres qu’ils ont l’impression de n’avoir plus rien à perdre. Ils sont suffisamment en colère pour braver les dangers de la brutalité du régime et de la répression des grandes manifestations comme celles qui ont été observées en 2018 et 2019 à travers l’Iran.

Source : Iran News Wire

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