Publié le : 4th mai 2021

travailleuses-iran

CSDHI – À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (28 avril) et de la Journée internationale du travail (1er mai), penchons-nous sur les problèmes rencontrés par les travailleuses en Iran. Car, leurs conditions de vie et de travail ne cessent de se dégrader.

Rôles

Traditionnellement, les femmes effectuent environ 80 % des travaux d’agriculture et d’irrigation dans les villages. Toutefois, en raison de l’augmentation de la pauvreté, elles sont désormais contraintes d’assumer des rôles dangereux. Et ce sont notamment les emplois dans le secteur de la construction ou même en tant que garde-frontière qui sont en première ligne.

De nombreuses femmes (et même des enfants) travaillent désormais dans les fours à briques. Là, la sécurité au travail n’est pas respectée et la santé des travailleurs est mise en danger par les émanations de fumée et le manque de vêtements de sécurité. Le travail faiblement rémunéré dure de 7 heures du matin jusqu’au coucher du soleil. Elles doivent parcourir un long chemin pour se rendre à l’usine. Certaines sont hébergées sur place. Cependant, elles déclarent que les conditions de vie sont insalubres, notamment en raison du manque d’espace sanitaire.

Il n’existe pas de statistiques officielles sur les femmes « Koulbars. » Ce sont des femmes qui doivent transporter de lourdes charges sur des terrains dangereux pour un salaire dérisoire. On constate une augmentation de celles-ci dans les provinces frontalières à cause de la pauvreté. Même les femmes âgées sont contraintes d’effectuer ce travail physiquement éprouvant parce que leurs maris sont décédés ou devenus handicapés. Et par ailleurs, les femmes instruites acceptent ce travail manuel en raison du manque d’emplois à leur niveau.

Le coronavirus n’a pas arrangé les choses. En effet, les femmes sont beaucoup plus susceptibles d’être licenciées en période de crise économique. Et, celles qui exercent une profession artisanale auront moins de travail.

Salaire

En Iran, le salaire minimum pour cette année représente environ un quart du seuil de pauvreté, mais pour couronner le tout, les femmes sont souvent moins payées pour le même travail car elles sont embauchées sur la base de contrats informels. Et les patrons sont peu enclins à les respecter. Leurs salaires se situent donc à environ un dixième du seuil de pauvreté. Aussi un nombre croissant de ménages n’ont pas les moyens de se procurer de la viande et doivent se contenter d’os. Pire encore, environ 80 % des travailleurs sans assurance sont des femmes.

Sécurité

Comme pour la plupart des statistiques en Iran, celles concernant les blessures ou les décès liés au travail sont choquantes, mais probablement encore sous-estimées en raison des clauses contractuelles et de la volonté du régime de faire paraître la situation meilleure.

Entre mars et septembre 2019, il y a eu 898 décès enregistrés à la suite d’un accident du travail. Ce qui est plus inquiétant quand on sait que le véritable chiffre est probablement beaucoup plus élevé.

Et, bien sûr, le coronavirus a augmenté le nombre de décès liés au travail parce que le régime a refusé de fermer les parties non essentielles de l’économie et de payer les travailleurs pour qu’ils restent chez eux. Même les travailleurs employés par le régime n’ont pas reçu de masques, d’indemnités de maladie, ni même d’argent pour couvrir une hospitalisation.

Source : INU