Publié le : 1st juin 2021

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CSDHI – Les enquêtes menées par le Kurdistan Human Rights Network (KHRN) montrent que diverses violations des droits humains ont eu lieu au Kurdistan iranien en mai 2021. En plus de ces violations, le KHRN a également recueilli des informations sur les difficultés auxquelles sont confrontés les demandeurs d’asile et les travailleurs kurdes iraniens dans la région du Kurdistan irakien.

Voici les informations recueillies par le centre de statistiques et de documentation du KHRN concernant ces violations :

Tortures dans les prisons

Le 17 mai, un prisonnier nommé Ali Rezaei a perdu la vie sous la torture des agents pénitentiaires de la prison centrale d’Oroumieh.

Détentions

Le mois dernier, les forces iraniennes ont arrêté au moins 23 militants et défenseurs des droits civils dans différentes villes du Kurdistan iranien. Ils ont placé les militants syndicaux Sheys Amani et Houshang Karimi, en détention au début du mois pour leur participation aux célébrations de la Journée internationale des travailleurs. Ils les ont libérés à une date ultérieure. Les agents iraniens ont arrêté le journaliste Kaveh Mehdipour pour un article dans lequel il critiquait Ebrahim Raïssi, le président de la Cour suprême d’Iran. Les autorités iraniennes ont placé en détention le journaliste Amin Mohammadi, à la suite d’une plainte déposée par un bureau gouvernemental.

Il n’y a pas encore d’informations sur la dernière situation des sept civils détenus, Daryush Khaledian, Mohsen Saeidi, Bahman Esmaeili, Ali Allah-Veysi, Ghassem Azizian, Loghman Nikzad et Soran Sharifian. Par ailleurs, la plupart des détenus ont été emmenés dans les centres de détention du ministère du Renseignement à Orumiyeh et Shiraz, dans les centres de détention de l’Organisation du renseignement des pasdarans à Oroumieh et Sanandaj, et dans les prisons d’Oroumiyeh, Saqqez et Mahabad.

Koulbars et commerçants

En mai, trois Koulbars, Farzad Jabbari, Zabet Elkhani et Ghobad Rahmani, ont perdu la vie dans divers incidents survenus dans les zones frontalières d’Oroumieh, Salmas et Sarpol-e Zahab. Les forces iraniennes ont blessé dix autres Koulbars dans les zones frontalières de Baneh, Nowsud, Piranshahr et Chaldoran. L’explosion d’une mine terrestre dans les zones frontalières de Nowsud a blessé Nader Saberi parmi ces dix personnes. Les forces armées turques ont abattu Hassan Alam-Holo.

En outre, la police iranienne a tiré sur le commerçant Sohbat Samadi-Nasab dans sa voiture. Il circulait alors sur la route de Dalahu. Elle l’a gravement blessé et il a fini par perdre la vie à l’hôpital quelques jours plus tard.

Explosions de mines terrestres

Outre le kolbar Nader Saberi mentionné ci-dessus, quatre agriculteurs ont été blessés dans des explosions de mines terrestres en mai. Le nom de l’un d’entre eux, originaire d’Eslamabad-e Gharb, n’est pas déterminé par l’équipe du KHRN. Toutefois, les trois autres sont Abdollah Sarafraz de Sardasht, Hossein Asadi du village de Chuin à Marivan et Sherko Mohammadpour du village de Boyuran à Sardasht.

Blessures de travailleurs

Au cours du mois dernier, au moins quatre travailleurs ont perdu la vie dans des accidents du travail. L’un de ces incidents a eu lieu à Sulaymaniyah, dans la région du Kurdistan irakien. Deux se sont produits à Marivan, dans la province du Kurdistan iranien et un à Kermanshah, en Iran.

Peines d’emprisonnement

En mai, les tribunaux iraniens de Bukan, Mahabad, Saqqez et Sanandaj ont condamné six Kurdes à diverses peines de prison. Parmi eux, le régime a condamné Mohammad Moradi et Seyyed Mohammad Hosseini à 40 ans de prison et à un exil interne à la prison centrale d’Oroumieh. Ils sont accusés d’« inimitié envers Dieu en raison de leur appartenance au Parti démocratique du Kurdistan iranien (KDPI). » La justice iranienne a condamné les militants Simko Maroufi, Mahmoud Salehi et Osman Esmaeili, respectivement à un an, trois mois et six mois de prison. La justice les a jugé pour « propagande contre l’État ». Et elle a condamné Khabat Mafakheri à quatre ans de prison avec sursis pour « agissements contre la sécurité nationale. »

Grèves de la faim des prisonniers

Le mois dernier, trois prisonniers politiques kurdes, Mozhgan Kavousi, Sakineh Parvaneh et Basam Moradi, ainsi qu’un détenu nommé Farzad Samani, ont entamé des grèves de la faim, respectivement à Téhéran, Mashhad, Kamyaran et Oroumieh. Kavousi, Parvaneh et Moradi ont entamé des grèves de la faim. En effet, les autorités pénitentiaires n’ont pas répondu à leurs demandes. Ils ont mis fin à leur grève vers la fin du mois.

Pendant ce temps, Farzad Samani, dont l’arrestation dans le centre de détention des pasdarans sur la base d’Al-Mahdi à Orumiyeh a été prolongée récemment pour le sixième mois consécutif, a entamé une grève de la faim le 30 mai pour protester contre les pressions exercées par les interrogateurs qui le poussent à faire des aveux forcés.

Demandeurs d’asile kurdes

Un demandeur d’asile kurde iranien nommé Behzad Mahmoudi s’est immolé par le feu le 18 mai devant le bureau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Erbil, dans la région du Kurdistan irakien. Il protestait contre l’incertitude concernant son statut de réfugié. Mahmoudi a perdu la vie une semaine plus tard, le 24 mai, à l’hôpital, car il souffrait de graves brûlures.

Après la mort de Mahmoudi, plusieurs grandes manifestations ont eu lieu devant les bureaux du HCR à Erbil et à Sulaymaniyah, pour protester contre la situation des demandeurs d’asile kurdes iraniens dans la région du Kurdistan irakien.

Affrontements armés

En mai, quatre combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et quatre du Parti démocratique du Kurdistan iranien (KDPI) ont perdu la vie au cours de trois affrontements. Ces derniers ont eu lieu à Salmas, sur la route Bukan-Mahabad et sur la route Piranshahr. Ces groupes armés kurdes, les pasdarans et le ministère iranien du Renseignement se sont affrontés. Les pasdarans ont capturé un autre combattant au cours des affrontements.

L’IRGC détiendrait les corps des huit combattants.

Attaques contre des civils

Des groupes salafistes radicaux de Marivan, Sanandaj et Saqqez ont attaqué des civils au couteau et à l’épée au cours du mois dernier, blessant plusieurs personnes. Les institutions de sécurité de la République islamique d’Iran ont négligé l’incident. Ils n’ont pris aucune mesure à son encontre.

Source : Kurdistan Human Rights Network