Publié le : 12th avril 2016

1 copieCSDHI – Une histoire de cœur au pays des mollahs. A peine une semaine après les treize jours de fêtes du Nouvel an en Iran, qui tombe le 20 mars, les Téhéranais ont vu fermer un lieu mythique qui leur tenait au cœur et au ventre.

A l’angle de la rue Abou-Reyhan et de l’avenue Enghelab se trouve le « Café français » qui vendait des pâtisseries succulentes. Ce nom, il le tenait du tout début de la révolution, lorsqu’un chef pâtissier français opérait aux fourneaux.

De bouche à oreille, cette pâtisserie a gagné en réputation et ne désemplissait jamais. Sa vitrine montrait toujours ses quelques petites tables occupées et un monde fou pressé à l’intérieur en train de déguster des douceurs.

C’est là que le bât blesse. Les forces de sécurité ce 7 avril sont venues fermer la boutique et y poser des scellés avec une affiche d’infamie collée sur la devanture. Une démarche qui a fait bondir plus d’un Téhéranais.

Au dire des clients en colère, la police intégriste reprocherait à la pâtisserie d’avoir vendu des gâteaux et des chocolats en forme de cœur. Des clients sur le net, disent que les miliciens ne supportaient plus de voir autant de femmes et d’hommes collés les uns contre les autres dans un espace si petit en train de manger de sublimes pâtisseries. Le patron, lui, n’a pas encore été informé de son délit.

Dans cette chasse au cœur – la Saint Valentin est interdit en Iran – il y a deux jours, un libraire de Téhéran a vu fermer sa boutique par la même police de l’inquisition. Un de ses livres en vitrine affichait un cœur sur la couverture…

Le régime intégriste au pouvoir en Iran qui se décarcasse pour faire doubler la population iranienne en poussant les très jeunes gens au mariage, qui autorise le mariage forcé des petites filles de 9 ans et moins et qui exclue les femmes de la vie sociale, économique et politique pour les reléguer dans les quatre murs de la maison à faire des enfants, rejette cette image de cœur parce qu’elle implique du bonheur et de la joie, des relations humaines normales. La normalité pour les mollahs c’est la contrainte, la violence et la haine dans le moindre recoin de la vie privée des gens.

Mais cela fait 37 ans que les Iraniens résistent …