Publié le : 19th septembre 2015

ImageReporters Sans Frontières jeudi, 15 mars 2007 – Deux nouveaux cas viennent allonger la liste des journalistes emprisonnés au Kurdistan iranien. Kia Jahani a été arrêté le 24 février 2007 à Marivan tandis que Aso Salah a été arrêté le 8 mars 2007 à Sanandaj. Les journalistes Adnan Hassanpour et Kaveh Javanmard sont toujours derrière les barreaux, sans droit de visite.

 

"La situation des journalistes au Kurdistan iranien s'est encore aggravée. Ils sont de plus en plus souvent soumis à des arrestations arbitraires et détenus au secret sans que les autorités jugent nécessaire de prévenir leur famille ou de leur fournir un avocat. Nous demandons leur libération dans les plus brefs délais puisque aucune preuve d'une quelconque culpabilité n'a été présentée", a déclaré Reporters sans frontières.

Le 24 février 2007, Kia Jahani a été arrêté sans aucun motif dans la ville de Marivan (Ouest). Il collaborait depuis de nombreuses années à la chaîne de télévision en langue kurde Kurdistan TV. Moins de deux semaines plus tard, le journaliste Aso Salah, de l'hebdomadaire Didgah, a été interpellé à son tour par des agents des services de renseignements à Sanandaj, capitale du Kurdistan iranien. Il couvrait, le 8 mars, une manifestation autorisée célébrant la Journée internationale des femmes. Le journaliste souffre de problèmes d'asthme et sa famille a dû lui apporter son traitement à la demande des autorités pénitentiaires de la ville.

Par ailleurs, deux autres journalistes sont toujours emprisonnés au Kurdistan. Adnan Hassanpour, de l'hebdomadaire Asou, est détenu à la prison de Mahabad sans pouvoir recevoir de visites de sa famille ou son avocat. Il a été arrêté le 25 janvier 2007 devant son domicile. On est également sans nouvelles de Kaveh Javanmard, de l'hebdomadaire Karfto, détenu depuis le 18 décembre 2006 à la prison centrale de Sanandaj. Les charges retenues contre les deux journalistes ne sont pas connues.

Enfin, le 11 mars 2007, la Commission d'autorisation et de surveillance de la presse, sous l'autorité du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique, a suspendu l'hebdomadaire en langue kurde Payam Kurdistan pour "propagation d'idées séparatistes", après la publication dans le dernier numéro d'une carte représentant le "Grand Kurdistan".

Avec sept journalistes détenus, la République islamique d'Iran demeure la plus grande prison pour les professionnels des médias au Moyen-Orient.