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kouchner massacrePOLITICO -L'ancien ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner et un éminent avocat des droits de l'homme ont appelé à une enquête internationale sur le massacre des milliers de prisonniers politiques en Iran, en 1988, alors que de nouvelles allégations liées à des membres du gouvernement actuel du pays montrent qu'ils ont participé à la frénésie des exécutions.

Kouchner, qui était le ministre français des affaires étrangères de 2007 à 2010 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a déclaré à POLITICO que les assassinats des prisonniers politiques en Iran, à la fin de la guerre Iran-Irak étaient probablement un crime contre l'humanité qui doit être étudié et poursuivi par la Cour pénale internationale de La Haye.

« C'est un crime contre l'humanité et il doit être pris en compte par la Cour pénale internationale», a déclaré Kouchner. « L'ensemble de la communauté internationale a la responsabilité de faire la lumière sur ces événements et veiller à ce que les criminels derrière eux soient soumis à une enquête ».

Les commentaires de Kouchner tombent un mois après un enregistrement audio qui a révélé des désaccords entre les hauts fonctionnaires iraniens pendant les massacres qui ont eu lieu pendant l'été 1988.

L'ayatollah Ruhollah Khomeiny avait émis une fatwa ordonnant l'exécution de tous les « hypocrites », ou les prisonniers politiques, enfermés dans les prisons iraniennes. La plupart d'entre eux étaient membres d'un groupe d'opposition nommé les Moudjahidines du Peuple d'Iran (MEK), dont les forces avaient fait défection à l'Irak de Saddam Hussein pendant la guerre, seulement pour perdre une bataille décisive et faire face à une répression à l'intérieur du pays.

Les tribunaux ad hoc ont condamné des milliers de prisonniers à mort au cours de quelques mois. Amnesty International estime que près de 4500 personnes ont été tuées au cours de la vague d'exécutions par pendaison, réalisées à travers le pays.

« Ceci est un crime contre l'humanité de grande ampleur », a affirmé William Bourdon, avocat de Transparency International

Mais les groupes d'opposition et l'organisation controversée MEK, qui restent actifs à l'étranger, affirment que le nombre de décès était plus proche de 30.000, avec les victimes, y compris les jeunes adolescents de 14 ans et les femmes enceintes.

« Ceci est un crime contre l'humanité de grande ampleur », a déclaré William Bourdon, avocat français de Transparency International qui a traité des cas des droits de l'homme, représentant notamment les familles franco-chiliennes dans une affaire contre le général Augusto Pinochet. « La Cour pénale internationale a poursuivi des crimes qui étaient de moindre ampleur, mais il n'y a aucun doute que celui-ci serait adapter à leur définition ».

Sur l'enregistrement, Hossein Ali Montazeri, un haut fonctionnaire qui était autrefois choisi pour devenir le successeur de Khomeini, peut être entendu dire à un auditoire composé d'un juge de la charia et des procureurs qu'ils effectuaient « le plus grand crime de la République islamique, pour lequel l'histoire nous condamnera ». Un membre de l'auditoire a demandé s'il pouvait procéder à une dernière série de 200 exécutions, ce à quoi Montazeri répond qu'il ne saurait en autoriser une seule de plus.

Montazeri a ensuite été placé en résidence surveillée pour le reste de sa vie. Il est mort en 2009. Son fils, qui vit en Iran, a publié l'enregistrement le 9 août.

Les « conseils de la mort » au sein du gouvernement

Lors d'une conférence de presse de cette semaine, les responsables de l'OMPI ont présenté des allégations selon lesquelles des membres des « conseils de la mort » qui ont interrogé des prisonniers et ont exécuté des condamnations faisaient maintenant partie des membres de l'administration du président Hassan Rouhani.

Mostafa Pour-Mohammadi, qui était à l'époque membre du ministère des renseignement et de la sécurité, est actuellement le ministre de la Justice de l'Iran. Hossein-Ali Nayyeri, un juge de la charia, est maintenant à la tête de la Cour suprême de discipline des juges.

«Il n'y a rien d'impossible à constituer un tribunal ad hoc pour traiter cette affaire », a affirmé William Bourdon

« Nous appelons la communauté internationale à faire la lumière sur ces événements, bien que nous ne sous-estimons pas les obstacles », a déclaré Bourdon. « Il existe des outils qui peuvent nous aider à mettre fin à cette impunité insolente ».

« Le lancement d'une enquête internationale sur les massacres nécessiterait la participation d'un ou plusieurs gouvernements pour soulever la question à l'Organisation des Nations Unies », a dit Bourdon.

Mais compte tenu d'une récente vague d'accords commerciaux préliminaires signés entre l'Iran et les pays occidentaux suite à un dégel des relations diplomatiques, les gouvernements sont réticents à mettre en péril les intérêts économiques en prônant une enquête.

« Il n'y a rien d'impossible à faire un tribunal ad hoc pour traiter cette affaire », a déclaré Bourdon. « La question doit être prise par les gouvernements ».

Auteur : Nicholas Vinocur