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ImageLE MONDE 12.10.07  - l'occasion de la cinquième Journée mondiale contre la peine de mort, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées, mercredi 10 octobre, place de la Bastille à Paris. Au pied d'une grue symbolique, simulant une exécution en Iran, des anonymes vêtus de noir, en signe de deuil, se sont mêlés aux organisateurs de la manifestation, dont Reporters sans frontières, l'Association des chrétiens pour l'abolition de la peine de mort ou la Ligue des droits de l'homme.

Des drapeaux iraniens rappelaient qu'à Paris cette journée était consacrée à l'Iran où 210 exécutions ont eu lieu depuis janvier.

La peine capitale est prononcée facilement en Iran, notamment pour adultère, homosexualité, apostasie. En juillet, reconnus coupables d'"espionnage", deux journalistes kurdes iraniens, Adnan Hassapour et Abdolvahed Bohimar, ont appris leur condamnation à mort en lisant le journal de la prison. Ils n'avaient pas eu le droit d'assister à leur procès.

Après cinq ans de suspension, les exécutions publiques ont repris. Deux jeunes gens, coupables d'assassinat, ont été pendus le 2 août au centre de Téhéran. L'un d'eux, Majid Kavoosifar, souriait à la foule. Sa photo a été publiée dans le monde entier.


 


A la Bastille, une pancarte précisait que l'Iran est un des derniers Etats à condamner à mort des mineurs. Le 16 septembre, deux adolescents l'ont été pour "viol". La République islamique a pourtant ratifié, en 1975 et 1994, le Pacte international sur les droits civils et politiques et la Convention sur les droits de l'enfant, interdisant cette sanction pour les moins de 18 ans.


Selon Amnesty International, en 2006, 91 % des exécutions ont eu lieu en Chine, aux Etats-Unis, en Iran, Irak, Pakistan, Soudan.
Juliette Bussy-Virat