rapport surexécutions en iranCSDHI - Alors que 160 pays à travers le monde ont, soit aboli la peine de mort, soit au moins demandé un moratoire sur son utilisation, le régime des mollahs au pouvoir d’Iran, reste l’un des plus brutaux au monde.

Le régime iranien exécute plus de personnes par habitant que tout autre pays. Le nombre total d'exécutions effectuées en Iran se situe au côté de la Chine, dont la population est plus de 17 fois supérieure. Selon Amnesty International, l'Iran est à l'origine de plus de la moitié des exécutions dans le monde.

Téhéran punit de la peine capitale, les dissidents politiques ainsi que pour les minorités ethniques et religieuses. Les délinquants juvéniles et les femmes ne sont pas exclus.

exécutions sous rohani iranIran Human Rights Monitor a enregistré au moins 3 602 condamnations à mort prononcées sous le mandat de Rohani. Cela comprend les exécutions de 34 délinquants mineurs, de 84 femmes et de 86 prisonniers politiques.

Depuis janvier 2018, au moins 223 personnes ont été exécutées. Les exécutions d’au moins neuf prisonniers politiques et de six personnes âgées de moins de 18 ans au moment des faits ont été confirmées. 35 exécutions ont eu lieu en public. Les chiffres réels seront probablement beaucoup plus élevés car la plupart des exécutions sont secrètes.

La peine de mort n’est pas seulement un moyen de punir l’Iran, mais c’est également un outil pour maintenir le pouvoir des personnes au pouvoir face à une population de plus en plus en colère.

L'affaire la plus récente concerne le porte-parole du pouvoir judiciaire qui avait menacé d'exécuter des camionneurs qui participaient à une grève nationale pour revendiquer leurs droits.

Dans une autre affaire, le président du tribunal révolutionnaire a averti que les personnes arrêtées lors des manifestations de janvier 2018 pourraient être passibles de la peine de mort.

Dans le cadre de la Journée mondiale contre la peine de mort, Iran Human Rights Monitor attire l’attention dans son rapport sur l’usage courant de la peine de mort en Iran, souvent effectué avant le terme de la procédure judiciaire contre les jeunes Iraniens.

Iran HRM appelle tous les défenseurs internationaux des droits humains, en particulier le Haut-Commissaire aux droits humains et le rapporteur spécial sur la situation des droits humains en Iran, ainsi que le groupe de travail sur les exécutions arbitraires, à utiliser leurs pouvoirs pour contraindre le régime clérical à mettre fin à son utilisation fréquente de la peine de mort.

 

Exécution de mineurs délinquants

L'Iran est l'un des quatre pays connus dans le monde pour avoir exécuté des mineurs délinquants depuis 2013.

Au moins 85 personnes arrêtées en tant que mineurs se trouvent dans le quartier des condamnés à mort. Mohammad Kalhori, Hamid Ahmadi, Abolfazl Naderi, Babak Pouladi, Mohammad Khazaian, Pouria Tabaie, Mohammad Salehi, Mehdi Bohlouli, Mohammad Reza Haddadi et Saleh Shariati.

Contrairement au droit international, les nouveaux procès des délinquants mineurs en vertu de l'article 91 du code pénal islamique de 2013 aboutissent à un renouvellement de leurs condamnations à mort, à la suite d'évaluations arbitraires sur leur « maturité » au moment du crime.

L'article 6.5 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dispose que « la peine de mort ne doit pas être prononcée pour des délits commis par des personnes âgées de moins de dix-huit ans ».

Les autorités iraniennes détiennent des mineurs délinquants, condamnés à mort, jusqu'à l'âge de 18 ans, puis les exécutent.

L'Iran a exécuté au moins cinq mineurs délinquants dans le pays depuis janvier 2018 :

Amirhossein Pourjafar, Ali Kazemi, Mahboubeh Mofidi, Abolfazl Chezani Sharahi, Zeinab Sekaanvand.

Amirhossein Pourjafar

Le 4 janvier, les autorités de la prison de Karaj ont exécuté Amirhossein Pourjafar pour le viol et le meurtre à l’âge de 16 ans d'une fillette âgée de 3 ans. Pourjafar, âgé de 18 ans au moment de son exécution, a déclaré au journal Shargh, le 30 décembre 2017, qu’il était sous l'influence de l'alcool quand il a commis le crime. Mojtaba Farahbakhsh, l'avocat de Pourjafar, a déclaré au journal que Pourjafar présentait des signes d'un « trouble comportemental » et qu’il avait été hospitalisé dans un centre psychiatrique pendant sa détention. En dépit de ces circonstances, les autorités ont appliqué la peine de mort.

 

Ali Kazemi

Le 30 janvier, les autorités de la prison de Bushehr, dans le sud de l'Iran, ont exécuté Ali Kazemi pour un meurtre qu'il aurait commis à l'âge de 15 ans. Il a été exécuté alors même que les autorités avaient promis de tenter de stopper cette exécution. Le matin du 30 janvier, les autorités pénitentiaires ont appelé la famille pour la rassurer que l'exécution n'avait pas eu lieu. Cependant, à midi, la famille de Kazemi a découvert que l’exécution venait d’être effectuée.

 

Mahboubeh Mofidi

Le 30 janvier, à la prison de Nowshahr, dans le nord de l'Iran, les autorités ont exécuté Mahboubeh Mofidi, mariée à l'âge de 13 ans, pour le meurtre présumé de son mari en 2014, alors qu'elle n’avait que 17 ans. Mofidi avait 20 ans lorsque les autorités l'ont exécutée, le 30 janvier, dans la prison de Nowshahr dans la province de Mazandaran.

 

Abolfazl Chezani Sharahi

Le 27 juin, Abolfazl Chezani Sharahi, âgé de 19 ans, a été exécuté à la prison de Qom, dans la province de Qom, dans le centre de l'Iran. Il a été condamné à mort pour un meurtre commis à l'âge de 14 ans sur la base d'un avis médical officiel indiquant qu'il était « mature » au moment des faits.

 

Zeinab Sekaanvand

Le 2 octobre, Zeinab Sekaanvand, une jeune femme kurde de 24 ans, a été exécutée dans la prison centrale d'Oroumieh, dans la province iranienne de l'Azerbaïdjan occidental, alors qu'elle n'avait que 17 ans au moment des faits. Sekaanvand s'est mariée à 15 ans, a subi des violences conjugales et aurait été torturée lors de son interrogatoire par la police.

 

Exécution de prisonniers politiques

Depuis le mois de janvier 2018, 10 prisonniers politiques ont été exécutés. La plupart d'entre eux, malgré les campagnes internationales réclamaient une grâce : Ramin Hossein Panahi, Zaniar Moradi, Loghman Moradi, Mohammad Salas…

 

Prisonniers condamnés à mort, des chiffres effrayants

La prison de Rajaïe Chahr

Le plus grand nombre d'exécutions est comptabilisé dans la prison de Rajaï Chahr. Cette prison est également connue sous le nom de Gohardasht. Elle est située dans la ville de Karaj, à environ 20 km à l’ouest de Téhéran.

Environ 264 prisonniers sont détenus dans le quartier 10 de cette prison, dont 86 se trouvent dans le couloir de la mort, soit un tiers.

Dans le quartier 3, connu sous le nom de quartier des jeunes, où se trouvent 180 détenus âgés de moins de 25 ans, environ 80 sont actuellement dans le quartier des condamnés à mort (application de la loi du Talion). Un certain nombre de ces individus ont été arrêtés avant l'âge de 18 ans. Près de la moitié du quartier des jeunes et un tiers du quartier 10 sont des condamnés à mort.

Dans le quartier 3, près de 120 des 210 détenus sont dans le quartier des condamnés à mort. C'est plus que la moitié.

Dans le quartier 2, connu sous le nom de quartier de Dar Al Quran, 120 des 160 détenus sont condamnés pour « représailles ».

 

Prison Qezel Hessar

L'unité 2 de cette prison compte environ 1 000 condamnés à mort, dont de nombreux inculpés de meurtre et d'autres personnes pour des infractions liées à la drogue.

 

Prison centrale d'Oroumieh

Dans les sections 1 et 4 de cette prison, plus de 166 personnes se trouvent actuellement dans le quartier des condamnés à mort. Bien qu’il soit possible que ce ne soit pas les derniers chiffres.

Dans les sections 1 et 2 de cette prison, réservées aux détenus souffrant de troubles mentaux, huit prisonniers sont dans le couloir de la mort. Il y a également trois condamnés à mort dans le quartier 12.

La prétendue section des jeunes abrite six personnes condamnées à l'exécution.

Dans la section 15, connu sous le nom de quartier des infractions en matière de drogue, six personnes se trouvent dans le quartier des condamnés à mort.

 

Prison centrale de Zahedan

Selon la dernière liste de noms arrondie au mois de mars, 145 détenus sont sous le coup d'une condamnation à mort. Certains d’entre eux sont détenus dans les conditions épouvantables depuis des années et attendent leur exécution. Parmi les condamnés à mort, on trouve des criminels condamnés pour des délits de drogue et un certain nombre de prisonniers politiques.

Dans le quartier 4 de cette prison, 24 personnes se trouvent dans le quartier des condamnés à mort, principalement pour des accusations liées à la drogue, pour meurtre ou appartenance à des groupes politiques.

Les quartiers 1 et 3 de cette prison abritent 21 autres condamnés à mort.

 

Prison Dastgerd d'Ispahan

Cette prison compte environ 20 condamnés à mort, accusés de meurtre et d'infractions liées à la drogue.

Pour en savoir davantage : https://www.iran-hrm.com/wp-content/uploads/2018/10/Annual-Report-on-executions-2018-.pdf

 

Source : Les droits de l’homme en Iran

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RT @amnestybe: En 1988, l' #Iran a secrètement exécuté des milliers d'opposants politiques se rendant coupable de crimes contre l’humanité.…

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