décès en prison Vahid Sayadi Nasiri iranHuman Rights Watch - Il existe en Iran, une absence systématique d'enquêtes sur les décès en détention. Les autorités iraniennes doivent immédiatement mener une enquête indépendante et impartiale sur la mort d'un activiste emprisonné en grève de la faim, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Toute personne jugée responsable d’actes répréhensibles dans la mort de Vahid Sayadi Nasiri devra être tenue pour responsable. Les autorités iraniennes ont systématiquement manqué à mener des enquêtes transparentes sur au moins quatre morts en détention durant l’année 2018.

Le 13 décembre, les autorités ont informé la famille de Sayadi Nasiri qu’il était décédé dans un hôpital de Qom. Il avait été reconnu coupable d' « insultes envers le guide suprême et de croyance sacrée et de propagande contre l'État ». Il a entamé une grève de la faim en septembre et il a ensuite demandé à être transféré hors d'une section de prisonniers condamnés pour des crimes violents, ont déclaré deux sources à Human Rights Watch. Les autorités n'ont encore ouvert aucune enquête transparente sur les cinq décès en détention en 2018, mais elles ont affirmé que trois cas étaient des suicides.

« La mort de dissidents et d’autres personnes que le système judiciaire iranien n’aurait jamais dû emprisonner est une parodie de justice meurtrière », a déclaré Michael Page, directeur adjoint du Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Les autorités iraniennes ont la responsabilité de protéger la vie de tous les détenus et d'enquêter de manière impartiale sur tous les décès qui surviennent ».

Mehdi Kaheh, le procureur de Qom, a déclaré aux journalistes le 13 décembre que Sayadi Nasiri souffrait de « problèmes hépatiques », que « son état de santé s'est détérioré en prison » et qu'il est décédé après sept jours passés à l'hôpital. Cependant, la soeur de Sayadi Nasiri, Elaheh, a déclaré le 14 décembre à Radio Farda, basée aux États-Unis, qu'il avait été transféré à l'hôpital une semaine auparavant pour des saignements gastro-intestinaux et renvoyé à la prison.

La nuit précédente, lorsque son état de santé s'était détérioré, il a été hospitalisé à nouveau pendant quelques heures », a-t-elle déclaré. Le site Internet de Radio Farda l'a citée, quand elle a affirmé que les médecins légistes lui avaient dit que sa mort était due à la grève de la faim, à des saignements gastro-intestinaux et à « une insuffisance intestinale et hépatique ».
Radio Farda a annoncé que le gouvernement avait gracié Sayadi Nasiri le 16 mars, qui purgeait une peine de huit ans d'emprisonnement pour ses publications sur les réseaux sociaux, mais qu'il avait été arrêté de nouveau pour les mêmes faits, le 23 juillet. Selon l'agence de presse officielle, ISNA, selon une source non identifiée en 2015, les autorités auraient arrêté Sayadi Nasiri pour son « appartenance à un groupe terroriste et parce qu’il se préparait à des actions » et il a été condamné à cinq ans de prison.

Le 4 mars, les autorités ont informé la famille de Mohammad Raji, membre de la minorité des Derviches, arrêté lors des affrontements entre les policiers et la communauté des derviches Gonabadi, les 19 et 20 février, qu'il était décédé en détention. Les autorités ont refusé de fournir des explications et ont menacé de représailles sa famille si elle en parlait publiquement.

Le 10 février, la famille de Kavous Seyed Emami, un environnementaliste reconnu et un professeur arrêté dans le cadre de la répression contre les activistes écologistes, les 24 et 25 janvier, a annoncé qu'il était décédé en détention dans des circonstances inconnues. Les autorités iraniennes ont affirmé qu'il s'était suicidé, mais elles n’ont pas ouvert d'enquête sur sa mort.

Les 7 et 8 janvier, à la suite des arrestations massives qui ont suivi les manifestations à travers le pays, des activistes ont annoncé la mort de Sina Ghanbari et de Vahid Heidari, l'un à Téhéran et l'autre à Arak. Les autorités ont affirmé que ces deux personnes se sont suicidées.

D'autres militants détenus restent en danger. Farhad Meysami, un défenseur des droits humains qui a été arrêté pour son activisme pacifique contre les lois du hijab obligatoire, est en grève de la faim depuis le 1er août et son état s'est détérioré, a rapporté sa mère. Le Centre iranien pour les droits de l'homme a annoncé que les autorités avaient transféré Meysami au centre médical de la prison d'Evine, où il avait été placé en isolement. Le 29 novembre, un groupe d’experts des droits humains des Nations Unies s’est déclaré alarmé par l’état de santé de Meysami et a déclaré qu’il était « profondément troublé » par le non-respect de ses garanties d’une procédure équitable.

L'Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus de l'ONU (Règles de Mandela) fournit des orientations faisant autorité en matière de normes internationales relatives aux droits humains. La règle 71 stipule :
Nonobstant l'ouverture d'une enquête interne, le directeur de la prison doit signaler sans délai tout décès survenu à une autorité judiciaire ou à une autre autorité compétente, indépendante de l'administration pénitentiaire et mandatée pour mener une enquête rapide, impartiale et efficace sur les circonstances et les causes de tels cas. L'administration pénitentiaire coopère pleinement avec cette autorité et veille à la conservation de toutes les preuves.

En outre, cette règle s'applique également chaque fois qu'il existe des motifs raisonnables de croire qu'un acte de torture ou d'autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ont été commis en prison, indépendamment du fait de savoir si une plainte officielle a été reçue ou non. Traduction : Il faut prendre des mesures immédiates pour veiller à ce que toutes les personnes potentiellement impliquées ne participent pas à l’enquête.

« Des enquêtes impartiales et compétentes sur les décès de prisonniers constituent une première étape essentielle pour mettre fin à l'impunité des responsables abusifs et négligents qui transforment le système pénitentiaire iranien en morgue pour les militants et les critiques emprisonnés », a déclaré Page.

 

Source : Human Rights Watch - 20 décembre 2018

 

0
0
0
s2sdefault

Recherche

Twitter

RT @afchine_alavi: Tchaharchanbé Souri, fête du feu à travers l'Iran, s’est transformée en mouvement de protestation contre le régime des m…

csdhi.org