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Hamidreza Bagheri Dermani IranCSDHI – Le régime en Iran a exécuté le 22 décembre un trader connu sous le nom de « Sultan du bitume » pour fraude et contrebande de pétrole à grande échelle, a annoncé l'agence de presse judiciaire Mizan et le principal tribunal de Téhéran.

 

Hamidreza Bagheri Dermani, 49 ans, est le troisième homme d'affaires exécuté depuis qu'une campagne anti-corruption a été lancée au cours de l'été. En novembre, deux commerçants d'or et de devises ont été pendus, accusés de « manipulation de devises ».

Il a été reconnu coupable de « corruption sur Terre » - une accusation fourre-tout utilisée pour les cas les plus graves et les plus médiatisés - après avoir escroqué plus de 10 milliards de rials (environ 100 millions de dollars au taux actuel) par « fraude, falsification et corruption », a rapporté Mizan.

Dermani, qui a été arrêté en août 2014, aurait falsifié des dizaines de documents de faux ou gonflés des biens immobiliers pour obtenir des prêts bancaires.

Les problèmes économiques persistent

Il avait ensuite fait appel à des sociétés écrans pour acheter plus de 300 000 tonnes de bitume - une substance à base de pétrole utilisée dans l'asphalte et d'autres produits et l'une des entreprises les plus rentables de l'Iran – selon l’agence Mizan.

Dermani avait également été accusé de liens avec le magnat des affaires Babak Zanjani, qui attend son exécution après avoir été reconnu coupable en 2016 d'avoir détourné 2,7 milliards de dollars tout en aidant le gouvernement à contourner les sanctions internationales.

Le pouvoir judiciaire a déclaré que les prêts de M. Dermani ont été facilités par l'ancien gouverneur de la banque centrale Mahmoud Reza Khavari, qui a été condamné par contumace l'année dernière après avoir fui au Canada à la suite d'un autre scandale majeur de détournement de fonds.

Les nouvelles de l'exécution de Dermani ont été présentées de manière dramatique à la télévision d'Etat, avec une bande sonore de film d'action et un documentaire complet sur ses délits.  

Il est à noter que cette exécution fait office d’arbre qui cache la forêt. Darmani n’est que la pointe de l’iceberg, car les dirigeants de ce régime, les multiples commandants des gardiens de la révolution et les dizaines de mollahs à la tête de fondations religieuses, détournent des millards de dollars chaque année, officiellement ou officieusement, sans avoir à rendre de compte, ni a payer d’impôt. Certains de ces détournements sont même prévus dans le budget. C’est dire si la corruption est un moteur de ce pouvoir religieux.