mehrdad jamshidian iranRadio Free Europe - Les autorités biélorusses ont ordonné l'expulsion d'un iranien qui s'est converti au christianisme et qui est recherché par Téhéran pour apostasie et meurtre présumé, malgré les avertissements des organisations internationales de défense des droits humains qu'il risquait d’être torturé et pendu s'il était renvoyé dans son pays. La conversion en Iran est souvent synonyme de peine de mort.

La santé de Mehrdad Jamshidian se détériore à la suite d’une crise cardiaque en juillet. Il a été renvoyé dans un centre de détention après avoir passé seulement trois jours dans un hôpital biélorusse.

Jamshidian a émigré en Biélorussie en 1993 et il est marié avec une Biélorusse avec qui il a eu trois enfants.

Jamshidian est sans statut légal depuis l'expiration de son passeport iranien en 2016 et il n'en a pas demandé de nouveau, à cause de ses « craintes bien fondées d’être persécuté en Iran », selon Amnesty International.

Ses multiples demandes d'asile et de protection ont toutes été rejetées par les autorités biélorusses depuis 2013 et, sans un nouveau passeport, il ne peut pas demander de carte de séjour.

Le 15 mars, le département de la citoyenneté et des migrations de la Biélorussie a ordonné l'expulsion en Iran de Jamshidian, maintenu en détention depuis neuf mois.

Diana, l’une des filles de Jamshidian, a déclaré à RFE / RL que son père avait cinq jours pour faire appel du verdict.

Jamshidian s'est converti au christianisme en 2002 alors qu'il vivait en Biélorussie, un fait qui n'a apparemment été révélé que plus tard aux autorités iraniennes. L'apostasie, la renonciation à l'Islam, est un crime passible de la peine de mort en Iran.

Jamshidian a été placé sur la liste des personnes recherchées par Interpol en 2012 à la demande de Téhéran pour le meurtre présumé de sa mère et de son frère lors d'une visite en Iran, bien qu'Amnesty International affirme qu'il se trouvait en Biélorussie au moment des meurtres et malgré les déclarations de ses proches clamant officiellement son innocence.

Les autorités biélorusses, sur la base du mandat d'Interpol, l'ont arrêté à deux reprises, en 2012 et en 2013, mais elles ne l'ont finalement pas extradé en raison de ce qu'elles considéraient comme une preuve insuffisante de la part de l'Iran pour son expulsion.

Toutefois, à la fin de 2013, les autorités biélorusses ont ordonné son expulsion, ce qui lui a valu d'être placé en détention à deux reprises pendant une longue période entre 2013 et 2016 avant d'être finalement libéré en raison de circonstances atténuantes.

« Principe international contraignant »

Des organisations de défense des droits humains ont défendu Jamshidian. Le Comité des droits humains des Nations unies a déclaré en 2017 que, si Jamshidian était extradé vers l'Iran, il risquait d’être torturé et exécuté, sans garantie d'un procès équitable.

En juillet, Amnesty International a déclaré qu'en vertu du « principe juridique international contraignant de non-refoulement », les États ne peuvent pas transférer une personne dans un lieu où elle risque réellement de subir de graves violations des droits humains.

« Envoyer Mehrdad Jamshidian en Iran, où il risque des blessures graves, voire la mort, constituerait une violation du droit international », avait alors déclaré Amnesty.

L’autre fille de Jamhsidian, Katryn, a déclaré à RFE / RL que les autorités biélorusses ont longtemps assuré à la famille que ce dernier pourrait être envoyé dans un pays tiers.

« Mais maintenant, ils font référence à certains documents venus d'Iran et disent que la décision d'expulsion a été prise », a déclaré Katryn.

« Mais où ? En Iran, où la peine de mort l'attend pour ce qu'il n'a pas fait et ne pouvait pas pu faire ?

« Les autorités iraniennes cherchent simplement à se venger de sa conversion au christianisme orthodoxe. Il est très décevant pour nous que notre pays d'origine, la Biélorussie, ait pris le parti de l'Iran concernant le sort de notre père et de sa famille ».

 

 

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