Pin It

prison morts suspectes iranCSDHI – Depuis un certain temps, les Iraniens incarcérés dans les prisons du pays meurent dans des circonstances suspectes.

Depuis le soulèvement qui a commencé fin 2017, le nombre de militants, de dissidents et de prisonniers politiques qui meurent pendant leur incarcération devrait constituer une préoccupation majeure pour la communauté internationale.

Les militants et organisations des droits humains ont attiré l'attention sur cette question qui semble s'aggraver avec le temps. La semaine dernière, il semblerait qu'un détenu du Grand pénitencier de Téhéran ait été poignardé à mort. Le prisonnier s’appelait Alireza Shirmohammadali et il aurait été poignardé des dizaines de fois et serait mort avant même d'avoir été hospitalisé.

Shirmohammadali n'avait que 21 ans. Il a été arrêté en juillet dernier à cause de messages qu’il avait postés en ligne. Parmi les chefs d’accusation pour lesquels il a été emprisonné figurent « propagande contre l’État », « insultes aux croyances religieuses sacrées » et « insultes du Guide suprême » (une accusation pouvant conduire à une exécution en Iran).

Le régime iranien réprime le peuple parce qu'il se trouve dans une impasse. Il fait face à une pression croissante de la communauté internationale, notamment à la suite des récentes attaques contre des navires dans la région. En réprimant la population, il tente d'instaurer la peur dans la société et de décourager toute nouvelle dissidence.

Cependant, le régime se tire une balle dans le pied, car à chaque mort injustifiée dont il est responsable, le peuple est de plus en plus déterminé. Le peuple aspire à la liberté, à la démocratie et au respect des droits humains. Les responsables du régime croient-ils vraiment qu’augmenter la répression va faire taire le peuple ?

Shirmohammadali avait attiré l'attention sur les conditions de détention déplorables dans lesquelles il avait été soumis et il a fait une grève de la faim avant sa mort. Il a expliqué dans une lettre que le manque d'installations adéquates à l'intérieur de la prison était une source de grave préoccupation et que cela nuisait beaucoup à la sécurité des personnes. Il a également déclaré que des problèmes avaient été soulevés auprès des autorités carcérales mais qu'on l’avait systématiquement ignoré.

Le président iranien Hassan Rouhani se considère comme un défenseur des droits humains, mais rien ne saurait être plus faux. Des exécutions sont toujours en cours dans tout le pays, souvent pour des délits mineurs, malgré les appels urgents à la cessation des activistes et des organisations de défense des droits humains.

Les jeunes qui étaient mineurs au moment de leur crime présumé sont même exécutés et le régime n'a aucun scrupule lorsqu’il s’agit de punitions arbitraires. Il effectue toujours des flagellations et des lapidations.

De plus, le régime iranien est capable de tuer des prisonniers impunément parce qu’il n'est pas contesté par la communauté internationale. Il n'est pas tenu responsable des morts suspectes qui surviennent dans les prisons du pays.

En outre, on ne sait pas à quel point le problème est grave, car il est impossible d'obtenir des chiffres et des statistiques précis. Les familles des personnes décédées dans les prisons iraniennes ont déclaré que les autorités carcérales avaient prétendu que le suicide était la cause de leur décès, alors que ce n'est clairement pas le cas.

Source : INU