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Benyamin Alboghbiesh IranCSDHI - Un prisonnier de la minorité arabe des Ahwazis, âgé de 28 ans, a été tué dans des conditions suspectes dans un centre de détention à Ahwaz, dans le sud-ouest de l'Iran, selon des sources locales de droits humains.

Benyamin Albughobeish a été arrêté le 26 mai. À peine un mois plus tard, le 26 juin, un responsable des services du renseignement, soupçonné d’être affilié aux pasdarans, a informé sa famille de sa mort dans un centre de détention à Ahwaz, dans le sud de l’Iran. Les autorités n'ont toujours pas restitué le corps à sa famille.

Albughbiesh, 28 ans, avait été arrêté, une première fois, à Ahwaz, le 15 mars 2018, par des agents du ministère iranien du renseignement et de la sécurité (MOIS), avec son frère Mohammad-Ali Albughobeish, 26 ans, ainsi que sa mère, Maryam Zobeidi, 52 ans.

Benyamin Albughobeish et son frère avaient été libérés sous caution plusieurs mois plus tard, tandis que leur mère avait été transférée à la prison Sepidar d'Ahwaz, puis libérée sous caution au mois de décembre 2018. Les deux hommes ont, à nouveau, été arrêtés au début de 2019 puis libérés sous caution deux mois plus tard.

Benyamin, son frère et sa mère ont de nouveau été arrêtés le 26 mai 2019. Benyamin a été transféré dans un centre de détention soupçonné d'être sous le contrôle des pasdarans. Son frère a été transféré à la prison de Sheyban à Ahwaz et leur mère à la prison de Sepidar, où ils se trouvent toujours.

Dans un communiqué publié le 28 juin, Amnesty International a déclaré que les autorités iraniennes devaient mener sans délai une enquête efficace et impartiale sur les circonstances suspectes de sa mort.

« Compte tenu de l'utilisation systématique de la torture dans les lieux de détention iraniens, la mort d'un jeune homme appartenant à une minorité ethnique largement persécutée et sans état de santé connu, a suscité de vives inquiétudes compte tenu du fait qu’il ait été soumis à la torture ou à d'autres mauvais traitements et que cela ait pu causer ou contribuer à sa mort », a déclaré le groupe de défense des droits humains.

« Benyamin Alboghbiesh était un jeune adulte en bonne santé quand il a été arrêté. Sa mort alarmante, un peu plus d'un mois plus tard, suscite de vives inquiétudes quant à son traitement et à ses conditions de détention, y compris le possible recours à la torture. Les autorités iraniennes doivent immédiatement ordonner une enquête efficace et impartiale sur son décès, y compris une autopsie indépendante », a déclaré Philip Luther, directeur de la recherche et du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International.

« L’incapacité d’un État à enquêter de manière adéquate sur les décès potentiellement illégaux en détention constitue une violation du droit à la vie. Toute personne jugée responsable de sa mort doit être tenue pour responsable dans le cadre d'un procès équitable et sans avoir recours à la peine de mort ».

Source : Les droits de l’homme en Iran