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témoins massacre 1988 iranNews Blaze, le 17 juillet 2019 - Par Hassan Mahmoudi - « ... Ceux qui se trouvent dans des prisons à travers le pays et qui restent fidèles à leur soutien à l'OMPI combattent Dieu et sont condamnés à l'exécution ... Il est naïf de faire preuve de miséricorde envers ceux qui font la guerre à Dieu ». 

Cette fatwa de l'ayatollah Khomeiny à l'été 1988 est à l'origine du massacre de 30 000 prisonniers politiques en Iran, dans leur écrasante majorité des prisonniers, hommes, femmes, enfants, familles entières soutenant ou appartenant à l'opposition démocratique, les Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI). Les commissions de la mort ont envoyé les victimes à la potence après des procès minute.

Les survivants et les témoins du massacre de 1988 en Iran ont témoigné des crimes qu'ils ont vus, le lundi 15 juillet 2019, cinquième jour de conférences sur un « Iran libre » à Achraf 3, siège de l'OMPI en Albanie.

Première témoin, Kobra Jokar

« J’ai passé six ans dans les prisons du régime. Les pasdarans (IRGC) m'ont arrêtée alors que j'étais enceinte. J'ai été conduite à la prison d'Evine, dans une salle de torture. J'ai été transférée dans la section 209. Dans la cellule, j'ai vu quatre tortionnaires torturer mon mari devant moi. Ils m'ont aussi torturée devant lui ».

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Kobra Jokar, premire  témoin, a passé six ans dans les prisons du régime.

Quelques jours plus tard, ils l'ont exécuté avec 75 autres prisonniers. Le bourreau m'a dit : « Je voulais qu'il ne voie jamais son fils ». Le régime des mollahs a exécuté 50 femmes enceintes, notamment Massoumeh Azdanlou, la soeur de Mme Maryam Radjavi. Ils m'ont emmenée à l'hôpital pour accoucher et m'ont vite ramenée en prison, malgré mon état déplorable.

En prison, il n'y avait ni médecin ni de médicaments pour les enfants. Dans la salle commune, il n'y avait que 15 minutes d'eau chaude par jour, que nous devions utiliser pour donner un bain aux enfants. Beaucoup de ces enfants avaient perdu leurs parents.

Les tortionnaires ont même interrogé les enfants. Ils avaient attaché une petite fille à une chaise dans une pièce sombre et la torturaient pour qu’elle donne le nom des amies de sa mère.

J'ai réussi à m'échapper de la prison en 1987. Un an plus tard, toutes les femmes de notre cellule ont été exécutées lors du massacre de 1988.

Nos espoirs et notre foi en nos dirigeants, nous ont aidées à surmonter les temps sombres en prison et à lutter pour la liberté.

Deuxième témoin, Hengameh Haj Hassan

Hengameh Haj Hassan était infirmière à Téhéran en 1981. Elle a été arrêtée parce qu'elle soutenait l'OMPI.

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Hengameh Haj Hassan, témoin du massacre de 1988, à la conférence « Appel à la justice pour le massacre de 1988 » à Achraf 3.

J'étais infirmière à Téhéran. En 1981, j'ai été arrêtée parce que je soutenais l'OMPI. Nous avons été accusées d'aider les personnes blessées par les pasdarans. En prison, nous avons été soumises à de terribles tortures. Privation de sommeil, cellules étroites remplies de gens, s'allonger dans des cercueils faisaient partie de ce que nous avions à supporter.

Nous avons été emmenées dans les cages. C'étaient de petits cloisonnements où on ne pouvait que s'accroupir. On ne pouvait pas bouger, on ne pouvait même pas tousser ni éternuer. Si on bougeait, on était torturées. On avait les yeux bandés. Ma vue s'est détériorée et j'ai été blessée au dos. J'ai été opérée cinq foi, mais je ne me suis toujours pas rétablie.

Quand nous sommes sorties des cages, nos amies ne nous ont pas reconnues. Quand nous étions dans les cages, les tortionnaires utilisaient n'importe quel prétexte pour nous torturer.

Le tortionnaire nous disait qu'on allait mourir là. On ne nous donnait que trois minutes par jour pour aller aux toilettes. On ne pouvait même pas se brosser les dents. La nourriture qu'ils nous donnaient était insuffisante et très sale. La nuit, quand on nous permettait de dormir, ils allumaient les haut-parleurs qui hurlaient des chants de deuil du régime.

Les tortionnaires cherchaient  à nous briser pour nous forcer à abandonner notre combat. J'ai décidé de leur donner une leçon et de leur montrer qui nous étions. Mon amie Shekar a été arrêtée avec moi et elle a été exécutée en 1988 après avoir subi des actes de torture et la cage.

J'ai décidé de me préparer pour des journées très difficiles. J'ai minutieusement organisé mon horaire quotidien. J'ai répété tous mes cours d'école, tous les poèmes que je connaissais, toutes les chansons. J’avais un programme d'exercice physique. Nous n’avions pas le droit de bouger, mais j’ai exercé mon esprit.

La nuit, quand nous ne pouvions pas dormir à cause des haut-parleurs, je m'entrainaient à oublier ces bruits et à me souvenir d'endroits agréables.

Les moments les plus difficiles ont été le sentiment de solitude. Je pensais à Dieu et à notre leader, Massoud Radjavi. Je leur parlais et de cette façon, je ne me sentais plus seule.

Les tortionnaires croyaient pouvoir briser notre volonté sous la torture. Cependant, ils nous ont rendus plus fortes, car nous avions compris que ce que nous faisions était juste.

En prison, nous nous considérions comme des représentantes de l’OMPI et il était de notre responsabilité de défendre ses valeurs. À ma sortie de prison, la première chose que j'ai faite a été de rejoindre mon organisation. C’est un chemin qui se poursuivra jusqu’à la fin.

Troisième témoin, Homa Jaberi

Homa Jaberi a été détenue dans les prisons du régime pendant cinq ans et a été témoin de nombreuses tortures.

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Homa Jaberi, témoin des tortures, à la conférence « Appel à la justice pour le massacre de 1988 » à Achraf 3

J’ai passé cinq ans dans les prisons du régime en Iran et j’ai assisté à de nombreuses tortures. J'ai été arrêtée en 1981 et j’ai passé de nombreuses années dans les prisons de Gohardacht et d'Evine. Lorsque le régime n'a pas été en mesure de briser la volonté des prisonnières de l’OMPI par la torture, ils ont créé un complexe appelé, les « unités résidentielles ».

C'était un lieu secret. J'y suis restée pendant 40 jours. Le premier jour, j'ai été brutalement torturée à coups de fouets et battue physiquement. Ils nous ont toutes conduites dans une pièce, nous ont bandé les yeux et nous ont dit qu'ils nous tueraient avant qu’il fasse nuit. Ils nous ont torturé pendant des heures jusqu'à minuit.

J'avais les mains gonflées par les coups de fouet. J'avais le visage et le corps meurtris. Le bourreau  a déclaré : « Personne ne vous entendra ici. Vous mourrez toutes ici ». Ils nous ont empêchées de dormir pendant plusieurs jours.

Certaines de mes amies ont été détenues dans cet endroit pendant six mois. Nous n'étions même pas été autorisées à crier sous la torture. Chaque ordre était donné avec des coups de fouet. Par exemple, s'ils voulaient nous dire que nous pouvions dormir, ils le disaient en nous fouettant, a-t-elle ajouté.

Au bout de 40 jours, j'ai été emmenée à la prison d'Evine. Certaines de mes amies avaient perdu leur équilibre mental. Certaines prisonnières seront incapables de raconter les tortures subies. Elles nous ont dit que les tortionnaires leur avaient ordonner d'imiter des animaux et de s'insulter mutuellement. Certaines ont été violées.

Je suis convaincue que sous le leadership de Massoud et Maryam Radjavi, nous libérerons l'Iran. C'est cette foi qui m'a aidée à surmonter les conditions difficiles de la prison.

Juristes internationaux

Le célèbre juriste espagnol, Juan Garcés, ancien conseiller de feu le président Allende, a déclaré lors de la conférence sur le massacre de l'Iran en 1988 :

« Dans le cas du massacre de 1988, il s’agit d’un crime contre l’humanité. Non seulement le code pénal iranien a été violé, mais les normes internationales connues ont été piétinées pendant et avant ce crime. »

« Nous devons connaître les faits, les responsables, les droits bafoués et quel tribunal est compétent pour juger cette affaire. Vous avez le droit à la vérité. Vous avez droit à réparation et droit à la justice », a poursuivi M. Juan Garcés.

Mme Maryam Radjavi, présidente élue de la Résistance iranienne, a déclaré : « Depuis 1988, le régime religieux a pris de nombreuses mesures pour éliminer les traces des fosses communes des victimes du massacre de 1988, à travers l'Iran. Ils ont construit des bâtiments ou des routes dans ces cimetières ou les ont rasés pour les transformer en nouveaux cimetières. 

« Le temps est venu pour les Nations Unies de former une mission internationale d'enquête sur le massacre de 1988 pour que le monde reconnaisse le droit du peuple d' Iran à résister et à lutter pour renverser le fascisme religieux des mollahs », a-t-elle ajouté.