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kazem radjavi
La Tribune de Genève
- Trente ans après les faits, l’instruction dirigée contre 14 Iraniens suspectés d’avoir tué l’opposant Kazem Radjavi va être clôturée en raison de la prescription.

Kazem Radjavi avait été mitraillé en pleine rue le 24 avril 1990 près de son domicile alors qu’il circulait en voiture dans un quartier résidentiel près de Coppet.

L’affaire de l’assassinat de l’opposant Kazem Radjavi à Coppet (VD) en 1990 va être classée. Trente ans après les faits, l’instruction pénale dirigée contre 14 suspects iraniens, dont l’ancien ministre des renseignements Ali Fallahian, va être clôturée en raison de la prescription atteinte, a avisé le procureur vaudois en charge du dossier.

D’éventuelles réquisitions doivent être formulées d’ici au 17 juin, écrit le procureur dans son avis de prochaine clôture envoyé fin mai et dont Keystone-ATS a pu prendre connaissance. Kazem Radjavi avait été assassiné le 24 avril 1990 près de son domicile alors qu’il circulait en voiture dans un quartier résidentiel près de Coppet. Il avait été mitraillé en pleine rue.

Les soupçons de la justice vaudoise s’étaient portés vers des diplomates iraniens qui avaient rapidement quitté le pays après l’assassinat. Le meurtre aurait été commandité par les plus hautes sphères de la République islamique.

L’ancien ministre des renseignements Ali Fallahian a notamment été accusé d’instigation à assassinat. En 2006, le juge Jacques Antenen, alors en charge de l’affaire, avait lancé un mandat d’arrêt international à son encontre. Selon l’ancien magistrat, celui-ci aurait «décidé et ordonné l’exécution de Kazem Radjavi».

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Décision condamnée

Au moment de son assassinat, la victime était le représentant en Suisse du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI). Cette entité d’opposants en exil condamne la décision de classer l’affaire. Elle demande de la maintenir tant que «justice» n’aura pas été obtenue pour les «crimes contre l’humanité» dont est coupable, selon elle, le régime iranien.

Les opposants dénoncent «un accord politique abject» dans la décision judiciaire vaudoise. Ils accusent le chef suprême iranien Ali Khamenei, l’actuel président Hassan Rohani, à l’époque conseiller sur les questions de sécurité, et l’ancien ministre des Affaires étrangères Ali Velayati d’avoir ordonné l’assassinat de Kazem Radjavi.