Pin It

Iran public executionCSDHI -  Un homme en Iran, père de deux enfants, a été pendu le 9 juillet pour « consommation d'alcool », à la prison centrale de Machad, en Iran.

Hossein Habibi-Shahri, l'avocat du prisonnier, a indiqué que son client, père de deux enfants, avait été condamné à mort pour « consommation d'alcool pour la sixième fois » et que sa pendaison a été menée le 9 juillet 2020 à la prison centrale de Machad.

« Mon client a été arrêté en 2018 ou 2017 », a déclaré M. Habibi. Il a été reconnu coupable d'avoir bu de l'alcool pour la sixième fois. Bien sûr, il y avait aussi la question de la conduite sans permis et de la consommation d'alcool. »

Un responsable judiciaire avait informé l'avocat dans un lettre que : « Selon l'article 543 du code de procédure pénale, s'il le souhaite, il peut assister à l'exécution qui aura lieu en temps voulu. »

Dans un message Instagram, Me Habibi a déclaré mercredi que l'homme identifié comme Morteza était le père de deux petits enfants.

Il écrit  : « C'est sans doute le jour le plus difficile de ma carrière d'avocat... J'avais un client qui avait été condamné à mort pour avoir consommé des boissons alcoolisées. La peine a été confirmée par la Cour suprême et à l'aube ce matin, au moment de l'appel à la prière...

Personnellement, et à la lumière des preuves existantes, j'espéraisune autre condamnation, mais c'est le contraire qui s'est passé en réalité.

Ce qui me fait le plus mal, c'est l'approche du pouvoir judiciaire dans cette affaire, comme si tous les problèmes du pays allaient se résoudre avec l'exécution de mon client...

Aujourd'hui, je n'ai pas pu regarder dans les yeux les enfants et la femme de mon client. Malgré mes efforts pendant un an, et malgré les conseils et la consultation de certains des meilleurs avocats dans ce domaine et de mes collègues, ma défense ne s'est pas avérée utile, et aujourd'hui ces enfants sont orphelins.

Je ne sais pas ce qui leur arrivera et ce que l'avenir leur réserve dans ce monde qui est le nôtre avec tous ces problèmes...

Lors de notre dernière conversation, il est venu me voir et m'a demandé avec enthousiasme : « Quoi de neuf, Monsieur l'avocat ? » Devant mon silence, il m'a murmuré : « Nous avons confiance en Dieu ! »

Je n'ai pas su quoi dire. C'était très difficile ! Extrêmement difficile !

Et ce matin, sans rien dire, il m'a regardé avec mille mots dans les yeux. Puis, il est parti à la potence.

Un ami et collègue m'a dit : « S'il y a le Jour du Jugement existe, nous règlerons certainement nos comptes ... »

Repose en paix mon cher client Morteza et pardonne-moi si je n'ai pas su défendre tes droits... »

L'article 179 du code pénal iranien prévoit la peine de mort à la troisième récidive d'interpellation pour consommation d'alcool.

Le meurtre, l'adultère, le viol, le vol à main armée, l'apostasie et le trafic de drogue sont tous punis de mort en vertu de la charia des mollahs, pratiquée depuis la révolution de 1979.

Selon Amnesty International, l'Iran a l'un des taux d'exécution les plus élevés au monde.

Source : Iran HRM