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hengameh shahidi iranCSDHI - La militante politique Hengameh Shahidi est en mauvaise santé après neuf mois passés en isolement cellulaire, a annoncé le Centre pour les droits de l'homme en Iran (CDHI).

Arrêtée le 26 juin 2018, Shahidi a depuis été maintenue en isolement dans le quartier 241, sous le contrôle du centre de sécurité et du renseignement de la justice situé dans la prison d'Evine, à Téhéran.

Elle attend une décision de son appel d’une peine de 12,9 ans d'emprisonnement prononcée le 10 décembre 2018, principalement pour avoir critiqué publiquement l'ancien chef du pouvoir judiciaire, Sadegh Larijani.

« L’état physique et mental d’Hengameh a été décrit comme étant très médiocre et l’une des raisons en est son isolement cellulaire prolongé », a déclaré un ancien collègue au CDHI, le 4 avril 2019. « Tous ces traitements sévères sont dus au fait qu'elle a vivement critiqué le chef du pouvoir judiciaire et a exigé un rapport de performance au sujet de son mandat de neuf ans ».

« Il est rare qu’un prisonnier soit maintenu en isolement après avoir été interrogé et condamné », a déclaré la source qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité. « Mais des mois se sont écoulés et Hengameh est toujours en isolement ».

Le 16 mars 2019, l’avocat de Shahidi, Mostafa Tork Hamedani, s’est adressé aux médias sociaux pour se plaindre du report répété de son audience en appel.

Les première et deuxième audiences, prévues pour les mois de janvier et mars 2019, ont été annulées car elle n'avait pas été transférée de la prison à la salle d'audience. La prochaine aura lieu le 17 avril 2019.

S'adressant au nouveau Président de la Cour suprême iranien, Ebrahim Raisis, Hamedani a tweeté : « M. Ebrahim Rais i! Je suis rendu dans plusieurs palais de justice et autres bureaux judiciaires au cours de la dernière semaine de l'année [persane]… Mais le président d'un tribunal en particulier était non seulement absent à de nombreuses reprises, mais il avait également ordonné que le cas d'une femme incarcérée en isolement soit reporté à une date ultérieure, un mois plus tard ».

L'avocat faisait référence au juge Abolqasem Salavati de la 15e chambre du tribunal révolutionnaire, qui est connu en Iran pour se plier aux souhaits des agences de sécurité en matière de prisonniers politiques.

En plus de la condamner à 12,9 années de prison, Salavati a également interdit à Shahidi, ancien conseiller de l'ancien candidat à la présidence, Mehdi Karroubi (assigné à résidence à titre extrajudiciaire depuis février 2011), de faire partie de groupes politiques et d'activités sur les réseaux sociaux pendant deux ans et de quitter le pays pendant deux ans.

Source : Le Centre pour les droits de l’homme en Iran