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soleih arabi et Haj Jaffar Kashani iranCSDHI - Deux prisonniers politiques iraniens, actuellement détenus dans la prison d'Evine en Iran, ont entamé une grève de la faim pour protester contre le maintien en détention et les mauvais traitements infligés à Madame Farangis Mazloum.

Son fils Soheil Arabi et son camarade prisonnier politique Haj Jaffar Kashani ont commencé une grève de la faim le vendredi 20 septembre, expliquant leur raison dans une lettre ouverte.

Ils ont écrit : « Écoutez le son de notre protestation. Nous avons entendu vos protestations de l'intérieur de cette prison. Nous ne voulons pas d’un régime tyrannique. En faisant la grève de la faim, nous, prisonniers politiques incarcérés dans la prison d’Evine, rejoindrons les opposants aux dictateurs et exigeons le renversement de ce régime tyrannique. Partout où nous regardons, nous voyons la pauvreté, la fracture économique et la tyrannie. Le silence est complice des tyrans. »

Ils ont ensuite évoqué Sahar Khodayari, une jeune supportrice de football, décédée des suites de brûlures après s'être immolée par le feu devant un tribunal de Téhéran après avoir appris qu'elle risquait d'être emprisonnée pour avoir tenté de pénétrer dans un stade et ils ont promis de faire en sorte que les autorités les voient.

Arabi et Kashani ont écrit : « Les agents du régime fondamentaliste ont détruit notre patrie. Notre peuple en souffre depuis 40 ans. C’est l’heure de la liberté. En effet, nous avons appris de Sahar, Sattar, Gholamreza, Mohammad, Vahid et Mostafa, Saneh et Alireza que mourir debout est mieux que de vivre sous le joug de la tyrannie. »

Les noms mentionnés ici sont des prisonniers politiques et des activistes qui ont été exécutés et assassinés par le gouvernement iranien au cours des dernières années.

Mazloum a été arrêtée par les forces de sécurité le 22 juillet simplement pour avoir défendu son fils. Elle est actuellement détenue dans la section 209 de la prison d'Evine, qui est le centre de détention du ministère du renseignement. Elle a entamé une grève de la faim le 16 août pour protester contre sa détention illégale.

Arabi, 33 ans, blogueur et photojournaliste, a été arrêté à son domicile à Téhéran, en novembre 2013, par un organe de sécurité lié aux pasdarans (IRGC). Il a passé deux mois dans la section 350 et il a été condamné à mort pour sacrilège et pour « insulte du prophète de l'islam » sur Facebook, le 30 août 2014.

Puis, le 4 septembre 2014, il a été condamné à trois ans de prison pour avoir « insulté le Guide suprême de la République islamique », l'ayatollah Ali Khamenei, et pour « propagande contre l'État » dans ses publications sur Facebook.

Sa peine a été commuée en 2016 en emprisonnement de sept ans et demi, et à copier à la main treize manuels chiites et étudier le chiisme.

Kashani, militant des droits civils et arbitre de football, est en prison depuis 2018. Détenu dans des conditions particulièrement difficiles, il souffre beaucoup.

Source : Iran Focus