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nasrin sotoudeh iranCSDHI - Le Conseil des barreaux européens (CCBE) a décerné son prix annuel des droits humains à quatre avocats iraniens.

Nasrin Sotoudeh, Addolfattah Soltani, Mohammad Najafi et Amir Salar Davodi ont reçu ce prix prestigieux.

Le CCBE est une organisation professionnelle qui représente les barreaux des 27 Etats membres et de trois Etats de l'Espace Economique Européen. Il faut y ajouter la Suisse qui a été acceptée comme pays membre en 2006. Il existe également 11 membres observateurs et plus d’un million d’avocats. Avocats Sans Frontières (ASF) et l'avocat des droits humains azerbaïdjanais Intigam Aliyev ont déjà été récipiendaires du prix.

Nasrin Sotoudeh est une défenseuse des droits humains emprisonnée depuis l'été 2018 pour ses activités pacifiques en faveur de la défense du droit des femmes de choisir leur style vestimentaire. Bien qu’il n’existe pas en Iran de loi écrite sur le hijab obligatoire, la police et les tribunaux dépensent des ressources considérables pour forcer les femmes à porter le voile.

Abdolfattah Soltani, cofondateur du Centre pour la défense des droits humains avec ses collègues, la lauréate du prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, et d'autres ont servi d'avocat de la défense de la famille de la photojournaliste irano-canadienne, Zahra Kazemi.

Mohammad Najafi a effectué divers travaux liés aux droits humains et a défendu les manifestants arrêtés lors d'un soulèvement massif début 2018.

Amirsalar Davoudi a été condamné à 30 ans de prison, 111 condamnations à mort et une lourde amende pour son travail. Le régime d’Iran l’a accusé de « collaboration avec l’état ennemi », pour avoir interviewé la section persane de Voice of America.

Selon le CCBE, l’objectif de leur Prix des droits humains est « d’honorer des avocats distingués / des organisations d’avocats ayant démontré un engagement et des sacrifices exceptionnels pour la défense des droits humains ».

Dr. Shirin Ebadi recevra le prix au nom des avocats emprisonnés de José De Freitas, président du CCBE.

Les avocats spécialistes des droits humains en Iran sont souvent harcelés et intimidés par les forces de sécurité. Une déclaration du CCBE exhorte l’Iran « à prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer ces quatre avocats des droits humains et à garantir à tous les avocats en République islamique d’Iran, l’exercice de leurs obligations professionnelles sans craindre des représailles, des entraves, intimidations ou harcèlements. »

Source : Radio Farda