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Ahmadreza Haeri minCSDHI - Ahmadreza Haeri, un militant kurde, a reçu 74 coups de fouet à la sinistre prison d'Evine de Téhéran le 26 juillet.

 

Il s'est livré le samedi 25 juillet aux autorités, pour être recevoir ses 74 coups de fouet et purger une peine de six mois. Ahmadreza Haeri a été transféré au pénitencier du Grand Téhéran.

En février, la cour d'appel de Téhéran l'avait condamné à la prison et au fouet pour "diffusion de propagande contre l'État" et "trouble de l'ordre public".

Début juillet, il avait été convoqué à la Direction de l'application des peines de la prison d'Evine pour purger sa condamnation.

Ahmadreza Haeri avait été arrêté en avril 2014 pour avoir protesté contre un raid brutal et l'agression de prisonniers politiques dans le quartier 350 de la prison d'Evine, événement désormais appelé "Jeudi noir".

Il a été détenu à l'isolement au centre des services de renseignement des pasdarans avant d'être libéré sous caution jusqu'à la fin de son procès.

La 15e branche du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le très criminel juge Abolqasem Salavati, l'a condamné à 42 mois de prison.

La 54e branche de la Cour d'appel de Téhéran, présidée par Baba'i, un juge du même acabit, a condamné Ahmadreza Haeri à six mois de prison et 74 coups de fouet pour "propagande contre l'État" et "trouble à l'ordre public".

Le 17 avril 2014, plus de cent gardiens et agents de renseignement ont fait une descente dans le quartier 350 de la prison d'Evine, où étaient détenus des prisonniers politiques et des prisonniers de conscience.

La violence a commencé lorsque des gardiens de la prison et des hommes en civil, certains le visage masqué et des lunettes de soleil, ont mené une perquisition dans les cellules, provoquant la protestation des prisonniers qui ont demandé à être présents lors de la perquisition. Ces protestations se sont heurtées à la violence brute des agents.

Les prisonniers politiques ont été battus et une trentaine d'entre eux gravement blessés.

Au moins 32 prisonniers ont été mis à l'isolement dans la section 240 de la prison d'Evine à la suite de cette perquisition.

Des parents de prisonniers ont été harcelés et intimidés par les autorités pour avoir parlé de leurs proches blessés.

Beaucoup ont reçu des SMS d'un d'un numéro inconnu les avertissant qu'ils "subiraient des conséquences" s'ils assistaient à un rassemblement prévu devant le parquet de Téhéran. Certaines personnes, comme Ahmadreza Haeri, qui faisaient campagne en faveur de leurs proches en prison, ont été arrêtées afin de les empêcher de parler.

Le régime iranien inflige régulièrement des peines de fouet aux manifestants et aux opposants. En tant que partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), l'Iran est légalement tenu d'interdire la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Toutefois, les juges prononcent régulièrement des peines cruelles assorties d'emprisonnement.

Source : Iran Human Rights Monitor