illétrisme iranCSDHI - L’analphabétisme a été éradiqué dans de nombreux pays du monde. Dans certains pays de la région, le nombre de personnes alphabétisées atteint les 100 %.

Alors que les derniers chiffres fournis par Ali Bagherzadeh, responsable de l’Organisation mondiale du mouvement pour l’alphabétisation (ILMO), montrent que 11 millions de personnes sont fonctionnellement analphabètes et que près de neuf millions sont purement analphabètes.

Le taux d’analphabétisme en Iran n’a jamais été rapporté de manière fiable, différentes autorités présentant des statistiques différentes principalement pour minimiser la gravité de la situation. Mais les mêmes personnalités estiment qu'environ 11 % de la population est analphabète. La majorité d'entre eux sont originaires de régions défavorisées et isolées où vivent des minorités ethniques et religieuses.

Dans un pays qui se dit pionnier de l’analphabétisme dans la région, ces chiffres énormes sont significatifs.

L'éducation est obligatoire et gratuite dans la plupart des pays du monde pour les 6-14 ans et l'UNESCO a souligné la nécessité d'une éducation obligatoire pour les enfants. Ali Bagherzadeh a cependant révélé lors d'une conférence au ministère de l'Education que l'enseignement n'est pas obligatoire en Iran.

Il a reconnu que le critère de l’alphabétisation en Iran est toujours la seule capacité de lire, d'écrire et de compter. Considérant que l'alphabétisation est désormais comprise comme un moyen d'identification, de compréhension, d'interprétation, de création et de communication dans un monde de plus en plus numérique, médiatisé, riche en informations et en évolution rapide.

 

Les raisons de l'analphabétisme en Iran

Des défis récurrents empêchent les enfants vivant en zone rurale d’avoir une éducation adéquate.

La pauvreté des familles et leur incapacité à payer les études de leurs enfants, la participation des enfants aux activités économiques de la famille, les immigrations saisonnières et le manque d’actes de naissance enregistrés font partie des raisons qui empêchent les enfants d’aller à l’école. Ces raisons sont plus acceptables chez les familles quand il s’agit des filles. Vous trouverez ci-dessous une liste des causes les plus importantes des taux d’analphabétisme.

 

La pauvreté des familles

La pauvreté des familles et le fait de ne pas payer d’éducation à ses enfants est l’une des raisons les plus importantes pour lesquelles les enfants ne vont pas à l’école.

53 % des abandons scolaires sont dus aux difficultés financières rencontrées par les familles, a annoncé le 24 juillet, Ali Bagherzadeh, chef de l’Organisation du mouvement d’alphabétisation en Iran.

Bagherzadeh n'a pas précisé ce que ce pourcentage signifie en termes réels, les travailleurs sociaux chargés de l'enfance pensent qu'au moins un quart des étudiants iraniens sont obligés de quitter l'école avec un grand nombre d'entre eux qui rejoignent le monde du travail infantil, dont la poulation est estimée aujourd’hui autour de 3 à 7 millions.

L’abandon scolaire est très répandu dans les provinces du Sistan-Baloutchistan, du Khouzistan, de l’Azerbaïdjan occidental et de l’Azerbaïdjan oriental, soit le taux d’analphabétisme le plus élevé du pays.

Selon l'UNESCO, l'analphabétisme augmente la probabilité de rester dans la pauvreté. Achever 12 années de scolarité donne 80 % de chances de gagner un revenu suffisant pour échapper au cycle de la pauvreté.

 

Le manque d'installations éducatives

Outre la pauvreté familiale, le principal facteur responsable de la crise est l’absence de moyens éducatifs suffisants dans les zones rurales et isolées.

Un employé administratif d'un village de la province du Khouzistan a déclaré : « Environ 50 % des garçons et presque toutes les filles n'ont pas d'autre choix que de quitter l'école parce qu'il n'y a pas d’écoles secondaires, ici. « Il n’y a actuellement aucun lycée de filles dans la ville de Hoveyzeh. Parmi les 40 villages de cette région, il n’y a pas d’écoles dédiées aux filles, ce qui a contraint la majorité des filles à quitter l’école.

Même les enfants qui sont issues de bonne famille et qui vont à l'école sont victimes de systèmes dangereux et d'une approche irresponsable du personnel éducatif à l'école.

Hossein Ali Shahriari, membre de la commission de la santé du parlement des mollahs, a admis que quelque 500 écoles de la province de Sistan-Baloutchistan étaient construites avec de la boue, des pierres et des abris, rendant l’éducation difficile pour les enfants. (Le réseau officiel jam Jam-e, le 9 octobre 2017)

 

Sans actes de naissance enregistrés

Le gouverneur d'une ville de la province du Sistan-Balouchistan affirme que la majorité des enfants privés d'éducation n'ont pas de pièces d'identité.

Homeira Rigi, le gouverneur de Qasre Qand, qui est la première femme-gouverneur d'Iran, a parlé à ILNA du pourcentage élevé d'enfants et d'adolescents privés d'éducation dans la province.

« Un pourcentage élevé de ceux qui ont été privés d’éducation n’ont pas de certificats de naissance ni de pièces d’identité. Certains d’entre eux sont des iraniens qui n’ont pas été en mesure d’obtenir ces documents en raison de problèmes économiques et de problèmes culturels. Certains sont des ressortissants étrangers qui partagent une frontière avec le Sistan-Baloutchistan et qui y vivent. Leurs enfants sont nés en Iran. Et d'autres épousent des femmes iraniennes et leurs enfants n'ont pas de nationalité », a-t-elle déclaré.

 

Mariages précoces

Dans certaines provinces, les mariages précoces empêchent les filles de poursuivre leurs études et de nombreuses familles ont besoin de leurs filles pour les aider à gagner leur vie.

Abbas Soltanian, député pour l'enseignement de niveau intermédiaire au ministère de l'Education, a annoncé que le taux d'abandon scolaire des filles dépassait le chiffre de 151 000 en 2017-2018. (L'agence de presse officielle ILNA - 25 juin 2018)

Se référant aux données sur les filles en décrochage scolaire dans les écoles à travers le pays, il a noté que « cette année scolaire, d’octobre 2017 à juin 2018, 151 046 filles n’étaient inscrites dans aucune école, leurs noms n’étaient enregistrés nulle part et n’étaient pas considérés comme des étudiantes.

En réponse à une question sur la proportion d'abandons de filles par rapport aux garçons, M. Soltanian a déclaré : « Au total, 4,23 % des élèves ont abandonné l'école au cours de l'année scolaire précédente. Les filles représentent 4,17 %, ce qui signifie qu’il existe une grande différence entre les abandons des filles et ceux des garçons ».

Soltanian a continué en déclarant que la pauvreté dans les zones pauvres est l'une des raisons de l'abandon scolaire des filles. Il a déclaré : « Même dans certaines parties des régions démunies, ils utilisent les enfants comme de la main-d’œuvre. Les filles sont plus vulnérables que les garçons dans ces régions.

 

Les problèmes culturels

Même si de nos jours la majorité des étudiants iraniens sont des femmes, il y a encore des parents en Iran qui ne valorisent pas l'éducation des femmes. Ils sont susceptibles de forcer leurs filles à se marier alors qu’elles sont encore mineures.

Sans plus de détails, M. Bagherzadeh a déclaré qu'environ 35 % des jeunes en décrochage scolaire dans le pays étaient dus à des « problèmes culturels ».

 

Source : Les droits de l’homme en Iran

 

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