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rapport droits humains janvier 2019 iranCSDHI - Le poste Instagram d’un militant syndical alléguant qu’il avait été torturé alors qu’il était sous la garde du ministère du renseignement iranien a déclenché une vague de révélations sur les actes de torture perpétrés contre des prisonniers politiques et des prisonniers d’opinion et suscité un débat entre Iraniens sur les médias sociaux.

Sous le hashtag en farsi de « J'ai aussi été torturé », des militants des droits humains ont publié de nombreuses informations faisant état de tortures infligées à des détenus au cours de leurs interrogatoires. Ils ont également révélé que les détenus étaient soumis à des actes de torture sexuelle, à des amputations, à des décharges électriques et à d'autres formes de torture.

Le régime iranien a toujours nié avoir eu recours à la torture, en dépit de nombreux rapports prouvant qu'il l'utilisait pour extorquer des aveux forcés à des prisonniers ou briser le mental des prisonniers politiques.

Par ailleurs, le procureur général du régime a déploré qu'un certain nombre de « punitions divines » soient mises de côté pour empêcher l'Iran d'être condamné par des instances internationales.

Les commentaires de Mohammad Jafar Montazeri, membre du clergé de rang moyen, sont publiés à un moment où les mollahs ont été critiqués à plusieurs reprises pour avoir mis en œuvre « hudud ».

Le régime des mollahs n'a jamais hésité ou été timide à appliquer des châtiments corporels qui s'apparentaient à de la torture, décrivant ces châtiments comme un don divin et adhérent à l'Islam.

Pendant tout ce temps, ils ne respectent même pas les règles écrites de l’Islam et appliquent des punitions, comme la lapidation, qui est antérieure à l’islam. Selon le Coran, les lois pénales doivent être adaptées à toutes les époques et ne peuvent pas être suivies mot à mot. Le fait est que les mollahs veulent tirer parti du nom d’Islam pour réprimer le peuple et prolonger la vie de sa dictature. Ils utilisent la charia pour intimider le peuple iranien et étouffer la voix des dissidents et des manifestants.

Le mois de janvier a été marqué par de nombreux cas de violation des droits humains.

En voici deux exemples.

La peine de mort


Douze exécutions ont eu lieu dont cinq en public.

Des militants des droits humains ont rapporté qu'un homme innocent avait été pendu dans le nord-ouest de Téhéran.

La mère de Mohsen Rezaie, le prisonnier exécuté, a déclaré que son fils avait été contraint d'avouer son meurtre sous la torture.

Elle a déclaré que les autorités judiciaires lui avaient dit avoir trouvé des preuves de l'innocence de son fils.

« Ils ont transféré Mohsen en isolement cellulaire lundi. J'ai approché toutes les institutions concernées mais elles ne m'ont pas écoutée. Je leur ai dit qu'il était censé être acquitté et qu'ils m'avaient dit eux-mêmes qu'ils avaient trouvé des preuves de l'innocence de mon fils. Je me suis rendue au bureau du procureur et ils ont même refusé de me parler », a déclaré la mère de Mohsen.

Le régime religieux a également exécuté publiquement un homme de 31 ans en janvier pour une violation présumée de la loi contre les homosexuels du pays.

Richard Grenell, ambassadeur américain en Allemagne, a déclaré : « Je me suis engagé à une coordination plus agressive avec nos alliés européens afin d'indiquer clairement que la criminalisation de l'homosexualité ou la pendaison publique d’une personne homosexuelle est incompatible avec la Déclaration universelle des droits de l'homme des Nations Unies ».

Une femme identifiée uniquement grâce à ses initiales, M.A, fait partie des personnes exécutées. Elle est la 87ème femme exécutée sous la présidence de Hassan Rohani.

 

Torture, peine inhumaine ou dégradante

Au moins 23 peines de flagellation ont été prononcées, tandis que sept autres ont été exécutées, dont une en public.

L’Iran ne considère pas le fouet comme une torture ou une punition inhumaine et l’utilise pour « donner l’exemple ».

Le président de la commission des industries et des mines du Parlement européen a récemment encouragé l’utilisation de la flagellation et de l’exécution pour les « délinquants économiques ».

« Si deux personnes sont fouettées soigneusement et si deux personnes sont exécutées en temps opportun pour contrôler le marché, ce sera une leçon pour tous les autres », a déclaré Aziz Akbarian dans une interview accordée à la Radio officielle Alborz Radio, à la fin du mois de décembre 2018.

Un responsable judiciaire a déclaré que cinq personnes avaient été fouettées dans le nord-est de l'Iran. Le responsable judiciaire de la province du Khorasan du Nord a déclaré que les « délinquants » avaient été condamnés au fouet pour négligence et que les peines de flagellation avaient été exécutées. Les cinq hommes étaient administrateurs à l'université des sciences médicales du Khorasan du Nord.

« En ce qui concerne la négligence dans la préservation des biens publics et les problèmes financiers, cinq administrateurs fautifs de l'Université des sciences médicales ont été condamnés au fouet et la peine a été appliquée », a déclaré Asdollah Jafari, le 30 janvier lors d'un point presse, couvert par l’agence de presse officielle, Mehr.

Aucun autre détail de l'affaire n'a été divulgué et on ne sait pas combien de coups de fouet chaque personne a reçus.

Un homme identifié comme Esmail Arbabi a été fouetté en public pour la deuxième fois à Iranshahr pour vol qualifié. Selon des témoins oculaires, les coups de fouet étaient si violents que la victime a perdu connaissance et a été emmenée à l'hôpital inconsciente. Il a également été condamné à deux ans de prison.
Les autorités ont également continué à harceler les prisonniers et les défenseurs des droits humains.

Dans un épisode mettant en lumière les mauvais traitements infligés aux prisonniers par les autorités iraniennes, Hassan Beit Abdullah, incarcéré dans la prison de Masjed Soleyman, dans le sud-ouest de l’Iran, a été attaché à un poteau dans la cour de la prison pendant trois jours.

Pour en savoir davantage : https://iran-hrm.com/index.php/2019/02/04/iran-human-rights-monitor-monthly-report-january-2019/

 

Source : Les Droits de l’homme en Iran