environnementaliste iranCSDHI - La veuve d’un universitaire irano-canadien et environnementaliste, décédé dans la prison d’Evine, à Téhéran dans des circonstances suspectes poursuit un responsable de la justice pour avoir prolongé l’interdiction de voyager qui lui avait été imposée, il y a un an, a appris le Centre pour les droits de l’homme en Iran.

Maryam Mombeini, la veuve de Kavous Seyed-Emami, a engagé la procédure le 6 mars 2019 contre Amir Nasseri, responsable de la sécurité de la justice à la prison Evine de Téhéran, où son mari est décédé alors qu'il était en isolement pour interrogatoire en février 2018.

« À partir de maintenant, nous allons déposer des objections partout où nous pourrons contre cette interdiction de voyager illégale afin que, éventuellement, quelqu'un écoute et nous donne une réponse », a déclaré le 12 mars 2019, Ramin Seyed-Emami, le fils de Madame Mombeini, au CDHI.

« Ce qui est étrange, c'est que les autorités iraniennes ne respectent même pas leurs propres lois », a-t-il ajouté. « L'interdiction de voyager est illégale car ma mère n'a été accusée de rien ».

Madame Mombeini, qui possède également la citoyenneté canadienne, n'a pas pu quitter l'Iran le 7 mars 2018 alors qu'elle attendait de prendre un vol pour le Canada avec ses deux fils. Ramin et son autre fils, Mehran, ont finalement pu embarquer, mais le passeport de Mombeini a été confisqué sans explication.

« Lorsque nous nous sommes renseignés sur la levée de l'interdiction, le bureau de M. Nasseri nous a dit qu'ils donneraient une réponse dans un délai d'une semaine », a déclaré Ramin Seyed-Emami. « Puis quand ma mère s’est rendue là-bas la semaine dernière, elle a réalisé que l'interdiction avait été prolongée ».

L'avocat Payam Derafshan, qui représente la famille, a déclaré à l'Agence de presse officielle, IRNA, le 12 mars 2019, que l'interdiction de voyager était non seulement illégale, mais qu'elle avait été prolongée sans que Mme Mombeini puisse faire appel.

« L'interdiction est toujours valable malgré la fin des enquêtes et l'absence d'accusations contre mon client », a déclaré Derafshan. « Nous avons déposé plusieurs demandes de rencontrer le responsable de la sécurité du pouvoir judiciaire à la prison d'Evine, mais il a refusé ».

Kavous Seyed-Emami, directeur général de la Persian Wildlife Heritage Foundation (PWHF), faisait partie des neuf défenseurs de l’environnement arrêtés par le service du renseignement des pasdarans (IRGC) en Iran, fin janvier 2018, sur la base d’accusations d’espionnage factices.

Sa mort, survenue dans les deux semaines qui ont suivi son incarcération quasi secrète pour interrogatoire à la prison d'Evin, a été signalée à son épouse comme étant un « suicide » le 9 février 2018, après avoir interrogé les agents de la sécurité.

Le rapport final d’autopsie n’a pas été rendu public, mais un rapport préliminaire du médecin légiste officiel montrait bien une injection sur sa peau ainsi que des « ecchymoses sur différentes parties du corps », selon l’un des avocats de la famille, basé à Téhéran.

L’Organisation pénitentiaire iranienne et l’appareil judiciaire auquel elle répond, ainsi que les responsables pénitentiaires, sont responsables de la santé et du bien-être des détenus. Mais un an après la mort de Seyed-Emami, personne n’a été inculpé, poursuivi ou tenu pour responsable.

L’Iran a également ignoré les appels internationaux en faveur d’une enquête indépendante et impartiale sur la mort de Seyed-Emami, afin que son épouse soit autorisée à quitter l’Iran et que ses collègues bénéficient d’un procès équitable.

Au cours des 12 derniers mois, le procureur de Téhéran, Abbas Jafari-Dolatabadi, a travaillé sur un dossier contre les collègues détenus de Seyed-Emami, fondé en partie sur de faux « aveux », alors que trois grandes agences officielles contestaient les accusations d’espionnage.

La famille de Seyed-Emami a également adressé une pétition à la principale télévision officielle iranienne, Islamic Republic Iran Broadcasting, demandant à être autorisée à réagir aux campagnes de discrédit, injustifiées, que l’IRIB a diffusées sous la forme de mini-documentaires et de reportages sur Kavous Seyed-Emami.

Source : Le Centre pour les droits de l’homme en Iran

 

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